Recyclage des déchets urbains : Repenser la stratégie

Chaque jour, ils interpellent par leur existence, devenue de plus en plus envahissante,  de plus en plus visible sur les trottoirs de la capitale et même à l’intérieur du pays.

À telle enseigne, d’ailleurs, que l’indifférence des passants aidant, on en a fini par se demander si ce n’est pas la fatalité qui frappe notre environnement urbain. Pourtant, il fut un temps où il a été question d’une industrie du recyclage qui viendrait couronner la démarche consistant en l’amélioration de la gestion des déchets urbains. Il s’agissait, au-delà de cette démarche idoine, de passer sans plus attendre à d'autres étapes plus concrètes, plus efficientes, d'une authentique reprise en main de notre environnement ; et, par la même, de la manière dont nous gérerons, à l’avenir, les déchets urbains.
De la même manière, l’idée consistant en une réhabilitation des fondamentaux de l'instruction civique à l'école et, pourquoi pas, en une préparation des futurs citoyens des années 2020-2030-2040 en leur enseignant d'ores et déjà, ne serait-ce que les quelques rudiments de base que tout(e) enseignant(e) se doit de dispenser en la matière, cette idée-là avait même effleuré bon nombre d’esprits et ce n’est pas sans raison. Car le bon sens qui prévalait alors avait pu donner lieu, à défaut de débat public, tout au moins à d’opportuns questionnements : ne devait-on pas, en l’occurrence, compter en premier lieu la thématique de la gestion, par les écoliers et lycéens, des déchets produits d'abord et avant tout par les établissements concernés ? Toujours est-il qu’il y avait bon espoir que les choses allaient enfin bouger sérieusement. Mais entre-temps, il a fallu, hélas, se rendre à cette triste évidence : nous nous sommes payés de mots. Sans plus. Aujourd’hui, les déchets urbains, dont les ordures ménagères, continuent d’être déversés à tout moment de la journée et à ciel ouvert dans les rues, quelques fois à partir des étages d'immeuble et jusque dans quelques rares places publiques où ont été installées des vasques à plantes et à fleurs, transformées aussitôt, du moins pour certaines d'entre elles, en poubelles par défaut.

À quand une industrie
performante du recyclage
des déchets ?

A leur décharge donc, ce sont, sans contredit, les mêmes faux citoyens qui, après avoir déposé leurs ordures à même les trottoirs, autrement dit sans daigner se déplacer jusqu’aux bacs à ordures, traversent la rue juste à côté du passage protégé, mais sans jamais l’emprunter, le tout dans un environnement où, en certains endroits, des trottoirs défoncés ressemblent plutôt, dans le meilleur des cas, à des parcours du combattant, de surcroit dans un décor naguère urbain, mais entre-temps ruralisé à l'extrême, voire clochardisé. Cette réalité-là, ces faux citoyens ne la voient pas. Elle ne les intéresse pas !
Questionnement qui taraude l’esprit avisé depuis belle lurette tant les enjeux en matière de gestion des déchets urbains et, par la même, d’existence salutaire d’une industrie du recyclage sont de taille : quand passerons-nous, enfin, à d'autres étapes plus concrètes, plus efficientes, d'une authentique reprise en main de notre environnement, et, par la même, de la manière dont nous gérons les déchets urbains. En attendant de voir le bout du tunnel qui consiste, en matière de recyclage des déchets, à s’engager dans le développement d’une véritable industrie du recyclage, il ne serait pas irréaliste d’envisager une solution intermédiaire certes, mais néanmoins urgente pour ce qui est du ramassage de ces déchets.
Ou plutôt des solutions, car il en a au moins une, après tout : c’est, pour l’heure, sensibiliser certes, sévir au besoin. Mais c’est surtout, surtout, apprendre d’ores et déjà à nos enfants, en de très courtes séances quotidiennes, les premiers rudiments de ce qu’on appelle communément la discipline, la rigueur, l’intérêt général bien compris dans tout ce qu’ils vont entreprendre quand ils seront adultes. Cet apprentissage-là, seule une école normée, car réhabilitée dans ses fondements modernes, universels, peut l’assurer.
Pour peu, bien entendu, que les charlatans de tous poils, embusqués H/24, car c’est là leur seul fond de commerce, ne viennent pas entre-temps saborder tout ce que cette noble institution entreprendrait dans ce bon sens.
Kamel Bouslama

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