Programmes scolaires : Quand l'école s'invite dans les foyers

Les parents revisitent l'école. Les enfants leur font découvrir de nouveau les pupitres et l'ambiance des classes, des révisions. Pour la bonne cause, on est prêt à tout, même à remettre la blouse pour replonger dans les années de la persévérance et de l'assiduité. Pour les beaux yeux des chérubins, on se déploie pour réussir le rôle de professeur.

Les temps sont durs. Être parents et veiller à ce que rien n'échappe à l'enfant de toutes ces matières et ces informations, distillées au compte-goutte pour atterrir dans sa petite tête, n'est certainement pas une sinécure. Ceux qui sont passés par ce chemin en savent un bout sur ce périple difficile.  Les programmes de deuxième génération auxquels s'ajoute le rétrécissement des volumes horaires des cours dispensés, en raison du coronavirus, donnent le tournis pas seulement aux enseignants qui se retrouvent en retard dans l'avancement du programme scolaire, mais également aux parents, tenus, en plus de leur statut de tuteurs, de s'occuper de la scolarité de leur progéniture. Il s'agit d'un dossier lourd pour les parents qui s'investissent dans cette mission qui vient en complémentarité avec les cours de soutien, devenus, à leur tour, un passage obligé pour l'assimilation des cours.
Les parents d'élèves sont ainsi tenus de gérer leur temps à travers un planning strict et rigoureux pour réussir la scolarité de leurs enfants.
Aujourd'hui, les parents d'élèves ne savent plus à quel saint se vouer avec tous ces cours qui s'accumulent, jour après jour, à passer et repasser au peigne fin pour évaluer le degré d'assimilation et de suivi des programmes de leurs enfants, partagés entre le temps officiel à l'école, celui des cours de soutien et l'inévitable touche de la mère ou du père dans le cadre du suivi du parcours scolaire de l'enfant.

Les parents, «professeurs»  de leurs enfants

Le programme scolaire est trop chargé et les parents se trouvent dans l'obligation d'opter pour une deuxième «mi-temps» après l'école pour améliorer les performances de leurs enfants. On se rue sur les supports pédagogiques externes pour garantir de bonnes notes et réserver une place  honorable parmi les meilleurs élèves.
Les foyers ont l'odeur de l'école. Dans tous les coins, rigueur, discipline et assiduité sont au rendez-vous. Les enfants, au même titre que leurs parents, se mettent au régime scolaire.  C'est ce que nous dira Karima, ex-enseignante, mère de Katia, élève en 3e  année primaire, actuellement en retraite, qui reprend du «service» avec sa fille pour la bonne cause. «Le programme est trop chargé et compliqué pour les élèves, appelés à redoubler d'efforts pour une meilleure assimilation», soutiendra-elle, avant de poursuivre qu' «en tant que parents d'élèves soucieux de l'avenir de nos petits bouts de chou, nous n'avons pas d'autre choix».
Mériem, mère d'Ayoub qui se prépare pour l'examen de fin du cycle primaire, estimera également que parallèlement aux cours de soutien qu'il prend, elle explique, détaille les cours et collecte les exercices via internet pour qu’il soit fin prêt à l'examen décisif. «On échange les sujets et les leçons sur Facebook parfois, et avec les connaissances pour assurer un bon rendement en fin d'année». Avoir des enfants scolarisés est ainsi pour les parents synonyme de stress journalier dont il faut, bon gré, mal gré, s'accommoder. Qui a dit que le chemin de l'école était facile ?
Samia D.                 

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