Préparatifs pour l'Aïd : Les budgets secoués par la cherté

Le Ramadhan tire à sa fin. C'est la dernière décade. On se projette dans l'Aïd el Fitr, son ambiance et surtout ses préparatifs. Les espaces commerciaux, les marchés et les familles se mettent à l'heure de la fête. La folie des achats se concentre, cette fois-ci, sur d'autres produits compatibles avec la fête bouclant le mois de piété. Pour certains, c'est carrément la course pour être au grand rendez-vous. On ne lésine certainement pas sur les moyens, ni sur l'effort pour accueillir, dans la tradition, le jour «J» attendu par tout le monde, grands et petits à la fois. Les familles ont, ces jours-ci, des soucis d'un autre genre. On se concentre moins sur le prix du poulet ou des fruits et légumes. Les produits phares pour cette période ce sont bien entendu les vêtements des enfants et les ingrédients des pâtisseries. Les dix derniers jours du Ramadhan seront par excellence dédiés à ce type de produits. Les magasins et centres commerciaux connaissent une affluence record. Les familles déambulent d'un espace à l'autre pour faire leurs emplettes. Pour certains, il est impératif de s'y prendre tôt pour éviter la foule et faire de bonnes affaires. Les retardataires auront toujours tort. La devise «premier arrivé, premier servi» anime les parents, lancés dans un marathon pour «habiller» leurs enfants ou encore préparer les gâteaux de l'Aïd. Faire les courses n'a pas d'heure. Les familles profitent des soirées du Ramadhan pour terminer leurs courses. En dépit de la flambée des prix, laquelle déstabilise les budgets, les Algériens ne sont pas prêts à renoncer à la fête, y compris avec la crise sanitaire. Se plier ou plutôt honorer le rituel de cette fête fait partie de ces devoirs, lesquels résistent même à la Covid-19. Pour preuve, ces familles qui sortent après la rupture du jeûne dans le cadre des préparatifs de la grande fête de l'Aïd. En fait, on ne déroge pas à la tradition pour confectionner des gâteaux ou encore être sur son trente-et-un pour accueillir le grand jour. Les enfants, bien-sûr, seront gâtés, les parents écorchés. Les commerçants, quant à eux, font exploser leurs chiffres d'affaires. Le malheur des uns fait bien le bonheur des autres. Les vendeurs se frottent les mains à l'approche de l'Aïd, chaque année. Ce n'est pas étonnant que les prix s'emballent en pareille occasion. Ce ne sont pas seulement les vêtements pour enfants qui ont vu leurs prix monter en flèche, mais également les ingrédients des gâteaux et des pâtisseries à l'instar des amandes et autres soumis à l'inévitable hausse. Il faut dire que la fermeture des frontières et le recul du commerce international se sont répercutés sur les prix de nombreux produits importés. Cette année, le Ramadhan a été coûteux et les prémices de l'Aïd vont aussi dans ce sens pour déplumer, une fois de plus, le consommateur qui ne sait plus à quel saint se vouer. Aujourd'hui, faire plaisir à ses enfants ou à sa famille,  tout comme ne pas renoncer aux traditions, est à même de ruiner les budgets. Pourtant, on n’est pas en mesure de sauter l'étape des préparatifs de la fête. C'est dire que l'allégresse a un coût qu'il faut pourtant payer.                            

Samia D.

Multimedia