Plantes sauvages de Kabylie : Des propriétés médicinales avérées

Puisée dans les pratiques les plus anciennes, l'utilisation de la plante pour des motifs curatifs représente, en Kabylie, une technique de médication utilisée jusqu’à nos jours.

Les plantes y sont traditionnellement pour soigner certains troubles de la santé. Les bienfaits de ces herbes, que l'on trouve pour la plupart dans nos montagnes, ne sont plus à démontrer. C'est pourquoi leur nom, leur effet curatif et le mode d'utilisation sont transmis de bouche à oreille depuis des générations. Selon les vieilles mémoires, on retrouve par exemple la «Djàda» (germandrée), plante sauvage poussant sur les hauteurs. La Djàda est utilisée dans le traitement des maux d’estomac et les diarrhées. Elle est consommée généralement sous forme de tisane. De préférence sans sucre, est-il conseillé, et ce en dépit de son goût amer. «Mejir» (la mauve) est, quant à elle, utilisée généralement dans le traitement des oreillons. Elle est directement appliquée sur la peau après avoir été moulue. Il y a également «Amagramane» (l’auné). Cette herbe est recommandée dans le soin des plaies, des blessures ouvertes, également contre les maux de tête. Pilée, elle est appliquée à l’endroit de la zone blessée qu’elle désinfecte et soulage à la fois.

Des pratiques traditionnelles puisées dans la nature et transmises de génération en génération

On retrouve aussi «Timerzouga» (la chicorée amère), bien connue des anciens. On lui attribue de nombreuses propriétés thérapeutiques comme la régulation de l’appareil gastro-intestinal. Certains fruits, comme le cognassier commun, appelé «Takthounia», sont également utilisés dans les troubles gastriques et les diarrhées. Le laurier noble, qui agrémente généralement nos plats de cuisine, a quant à lui une propriété médicinale indéniable comme bain de bouche : contre l’angine par exemple. A ces premières citées, s’ajoutent plusieurs plantes et autres herbes connues, comme «naànaà» ((la menthe) utilisée contre la toux, les maux de tête, «azekdhouf» (l’ortie), utilisé autrefois contre la rougeole, «qlilou» (petite centaurée) utilisée contre la dysenterie et les hémorroïdes. Pour tout dire, il y a là tout un savoir faire ancestral et des pratiques traditionnelles puisées dans la nature et transmises de génération en génération, comme les fables et les proverbes.

Kamel Bouslama

///////////////////////////////////////

Le genévrier d'Algérie, une espèce confinée sur les hautes montagnes du Djurdjura et de l’Aurès Le genévrier oxycèdre (juniperus oxycedrus) Il est très répandu en Algérie. Son bois homogène et à grain fin est employé en ébénisterie et pour la fabrication des crayons. Il est assez apprécié par ceux qui s'en servent encore pour le chauffage et donne un charbon de bonne qualité. On en extrait, par distillation, l'huile de cade, produit pharmaceutique. Le genévrier commun (juniperus communis) Le genévrier commun est un arbrisseau dont les feuilles, par trois, terminées en pointe aigüe, ne portent à la face supérieure qu'une seule bande blanchâtre (ou deux presque réunies). Le fruit (5 à 7 millimètres) est noir bleuâtre à maturité. Dans notre pays cette espèce est confinée sur les hautes montagnes du Djurdjura et de l'Aurès. Les infusions de ce fruit (10 à 20 grammes pour 1 litre d'eau) et les décoctions de bois sont utilisées comme diurétiques et toniques.

Multimedia