Les dix derniers jours du ramadhan : «Al Itikaf», la retraite spirituelle

Lorsque la plus grande partie du mois de Ramadhan s’écoule, c’est pour laisser place à ses jours les plus illustres et les plus louables, qui constituent les véritables fruits et la pulpe de ce mois. Il s’agit des dix derniers jours. Le prophète Muhammad a dit : «Augmentez, augmentez les bonnes actions et les retraites spirituelles pendant les 10 dernières nuits du mois de Ramadhan.»

Les 10 derniers jours du mois de Ramadhan représentent pour les musulmans une occasion privilégiée de se consacrer entièrement à l’adoration de Dieu, de se repentir, de se rapprocher de Lui, et de l’implorer afin qu’Il concrétise leurs aspirations les plus chères. La majorité des musulmans observe Al-Itikaf dans les mosquées pendant les dix derniers jours du Ramadhan. Une retraite pieuse, qui consiste à se retirer du monde extérieur pour un temps limité et se livrer, dans un lieu déterminé comme la mosquée, à la méditation et à la lecture du Coran. En Algérie, traditionnellement, au cours des dix derniers jours du Ramadhan et particulièrement leïlat el qadr, sont l’occasion de procéder à la circoncision des jeunes enfants dans l’atmosphère pieuse qui caractérise ces jours bénis parmi les autres. Ces nuits-là, les fidèles se rendent à la mosquée et veillent jusqu’à l’aube pour réciter des versets du Coran et des passages de hadiths. A cette occasion également, des concours de récitation du Coran sont organisés à travers le pays et les meilleurs récitants sont récompensés à l’occasion de cérémonies officielles. Ces dix derniers jours sont aussi l’occasion pour le croyant de ressourcer sa foi et la source divine et de la concrétiser par des actions de charité et de solidarité et le respect de son prochain. Ce sont les 10 meilleures nuits de l'année. Les 10 nuits qui contiennent la nuit du destin. La nuit où l'on aura la chance d'avoir tous nos péchés effacés, tous nos douaâ exaucés. Une nuit à partir de laquelle les feuilles de nos registres redeviennent blanches comme le jour de notre naissance. «C'est un effort sur soi, un effort sur ses passions. Le musulman doit savoir contrôler ses envies. Le Ramadhan est comme une cure, une cure de bonnes actions et de piété, qui, une fois le Ramadhan passé, doit laisser des traces. Le musulman doit parvenir à faire évoluer son comportement dans le bien et garder ses bonnes résolutions après le mois béni. Si on se rendait vraiment compte de la valeur du Ramadhan, on aimerait que ce mois dure toute la vie mais, comme on est faible, on se satisfait quand même d'arriver au bout de cet effort», nous dira Kamel qui prend comme exemple son père. «Mon père passait les nuits des dix derniers jours du Ramadhan à la mosquée. Pour lui, l'effort de ces derniers jours passera surtout par une multiplication des prières surérogatoires, des bonnes actions et de la zakât.» «Avec tout cela, tu deviens meilleur», me disait-il. C'est effectivement le but du Ramadhan, qui doit permettre aux croyants de se dépasser et d'avoir un bon comportement.
Farida Larbi

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