Le «café Noui» d’Aïn Beida : Un lieu emblématique imprégné de l’histoire amazighe

Le «Café Noui» d’Aïn Beida (26 km à l’est d’ Oum El Bouaghi) est un lieu emblématique imprégné de l’histoire amazighe de l’Algérie et une destination privilégiée pour les habitants de la ville et les visiteurs de la «capitale des Harakta», en référence aux anciennes tribus de la région.

Ce café qui porte le nom du père du propriétaire et gérant des lieux, décédé il y a quelques années, propose à ses visiteurs une immersion dans l’histoire amazighe de l'Algérie en raison des nombreux objets et articles anciens qu’il renferme, exhalant l'identité berbère et le mode de vie des Amazighs, perpétué aujourd'hui encore dans certaines régions du pays, notamment bédouines et montagneuses.
Selon Ahmed Ilihoum, le propriétaire et gérant du Café Noui, fortement passionné par l'histoire amazighe et révolutionnaire de la région en particulier et de l'Algérie en général, l’idée de créer ce café s’apparentant à un musée dont le moindre recoin regorge d’objets divers reflétant la culture amazighe et suscitant l’enthousiasme des visiteurs, a été lancée il y a plus de cinq ans.
S’agissant de la naissance de ce projet, Ahmed a confié que sa concrétisation est l’aboutissement de l’intérêt qu’il porte au patrimoine et aux choses anciennes qui suscitent son attention, en particulier «celles en lien avec les traditions des habitants de la campagne et de la montagne en vue de préserver l'identité amazighe».
Et d’ajouter : «Après avoir consulté les habitants et les jeunes de la ville de Aïn Beida à propos de l'idée de créer un café traditionnel dédié à l'histoire et l'identité ancestrales de la région, les débuts ont été préalablement consacrés, avant l’ouverture du café en 2015, à la collecte d’objets berbères anciens».
Aussi, pour veiller à conjuguer le côté esthétique à la diversité des objets caractérisant l'immensité du patrimoine algérien à ce lieu, Ahmed se rendait, dit-il, dans les régions où il pouvait rapporter «quelque chose susceptible de valoriser son modeste projet», ajoutant qu’il avait sillonné à cet effet la wilaya d’Oum El Bouaghi, la région des Aurès, la Kabylie et le Sahara.
«Des objets ont été achetés, certains ont été offerts par leurs propriétaires, alors que d’autres ont été envoyés par des visiteurs du café ayant apprécié le lieu, le considérant comme un espace approprié pour accueillir d’anciens ustensiles et outils amazighs», a-t-il précisé.

Une réflexion en cours pour en faire un café culturel

Au regard de l’engouement manifesté par les clients et les visiteurs du café, Ahmed envisage de lui conférer un caractère culturel en «aménageant un espace réservé aux ouvrages culturels pour permettre aux visiteurs de découvrir le patrimoine matériel et l’identité amazighs du pays à travers la lecture», appelant dans ce contexte les jeunes de la ville à «pourvoir le café en ouvrages dans diverses disciplines afin de concrétiser prochainement ce projet culturel».
Des ouvrages qui viendront enrichir la décoration du café et ses tapis aux couleurs attrayantes tissés à la main par les femmes des Aurès, ornant les murs et le plafond et donnant l’illusion aux visiteurs de pénétrer à l'intérieur d'une kheima.
Tous les recoins du café sont, en effet, agrémentés par des objets divers, d’ustensiles de cuisine en bois, en pierre et en terre cuite, des paniers en alfa et des tapis berbères (hanbel) utilisés comme couverture en hiver, une charrue en bois, des sacs pour stocker le blé et la graisse et des moulins à grains traditionnels en pierre.
Avant l'épidémie de Covid-19 qui a imposé des mesures et des protocoles sanitaires visant à lutter contre la propagation du virus, les visiteurs du Café Noui venaient nombreux admirer et s’imprégner de l’histoire ancestrale du pays, tout en savourant les mets traditionnels proposés, comme la galette, des œufs cuits dans de l'huile d'olive, un gâteau traditionnel sucré appelé r’fiss ou encore ziraoui, préparé avec de la semoule, du beurre et des dattes écrasées.
Des mets culinaires traditionnels que certains visiteurs, approchés par l’APS, ont confié continuer à consommer en les emportant chez eux à défaut de les déguster sur place.

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