Journée mondiale pour un tourisme responsable : La dimension écologique, une nécessité

Depuis 2007, la date du 2 juin célèbre la Journée mondiale du tourisme responsable et respectueux, journée devenue, au fil du temps, une véritable référence pour les professionnels et acteurs du tourisme responsable.

Mais que peut bien signifier cette appellation longue et compliquée ? Le tourisme responsable et respectueux, c’est d’abord un tourisme humain. Cette nouvelle manière de voyager est donc destinée à un voyage plus responsable, à un tourisme plus respectueux. Selon les spécialistes concernés, le «tourisme responsable» est l'application du concept de développement durable auprès du secteur du tourisme. Pour tout dire, le tourisme responsable désigne toute forme de développement, d'aménagement ou d’activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales et contribue de manière positive et équitable au développement et à l'épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans ces espaces. Il faut ainsi s’attendre à ce que le développement du tourisme mondial, dans les années à venir, ouvre de nouvelles perspectives de découvertes, d'échanges et de rencontres. Toutefois, si son développement n'est pas maîtrisé, il peut être aussi à l'origine d'impacts importants sur les territoires visités, tant au niveau économique, social qu'environnemental (destruction d'habitat naturel, perturbation des écosystèmes, surexploitation des ressources naturelles...). C'est autour de ces trois axes qu'intervient le concept de «tourisme responsable» pour inciter à des pratiques plus équitables et respectueuses.
Pour développer une prise de conscience des professionnels, des institutions et des voyageurs face à ces enjeux et démontrer l'intérêt et la nécessité d'adopter de nouveaux comportements et de nouvelles règles, la Coalition internationale pour un tourisme responsable organise depuis 2007 un évènement annuel : la Journée mondiale pour un tourisme responsable. Relayée dans plusieurs pays et régions, cette journée s'articule à chaque fois autour d'un thème de réflexion différent.

L’Algérie est, pour l'heure, le pays  le moins saturé dans le bassin  méditerranéen

Cela dit, voilà maintenant une trentaine d’années ou plus que l’Algérie a entrepris de s’ouvrir à la logique du marché. Et, par la même, aux investissements privés nationaux et étrangers. Le tourisme, qui fait figure de pionnier, se trouve parmi les tout premiers secteurs concernés par cette nouvelle dynamique… Après le pétrole et le gaz, c’est, en quelque sorte, le second «or noir» dans le pays, le premier étant avéré pour l’importance et la qualité de ses réserves prouvées, pour son impact socioéconomique évident, pour ses recettes relativement stables. Autrement dit pouvant générer, à l'image du premier «or noir cité», des recettes relativement stables. Mais qui, contrairement à d'autres secteurs, n'a jusque-là que très peu bénéficié de l'attention des pouvoirs publics.
Toujours est-il que, contrairement à l'or noir, celui qui nous intéresse ici, de couleur plutôt bleue-turquoise au Nord, ocre-jaune au Sud, présente des caractéristiques sans commune mesure avec toutes les autres potentialités figurant au registre algérien. On peut, par exemple, citer le nombre incalculable de «gisements» non encore inventoriés, à l’image d’«une terre où l'on retrouve tous les âges de la terre», les réserves naturelles extraordinairement diversifiées et, qui plus est, sont inépuisables, les sites historiques et culturels relativement préservés sous l'angle de la protection environnementale... le tout baigné par un ensoleillement notoirement généreux, permanent toute l'année et dispensé à tous les rythmes : marin, tellien, atlasien, saharien...
En tout cas, l’Algérie est, pour l'heure, le pays le moins saturé dans le bassin méditerranéen. S’il est vrai que c'est une destination insuffisamment exploitée, insuffisamment valorisée, il n’en demeure pas moins que le formidable patrimoine archéologique, historique, culturel et civilisationnel qui y affleure, façonné sans doute depuis l'aube de l'humanité, souvent unique au monde, demeure encore vierge, méconnu, alors qu'il est d'une originalité connue pour être sans pareille, d'une authenticité avérée, troublante.
A bien y regarder, il va sans dire que c’est un pays où le tourisme et l'hôtellerie accusent un retard franchement dommageable : dans l'augmentation et l'amélioration des capacités d'accueil et des compétences managériales, dans la mise en valeur des potentialités y afférentes, dans le marketing et la communication au profit du secteur, pour ne citer que ces trois à quatre grands volets déterminants. Retard enfin dans la mise en valeur et l'exploitation des patrimoines naturel, historique, culturel et civilisationnel, lesquels patrimoines, dans notre pays, constituent pourtant des richesses touristiques non négligeables…Or, c'est précisément sur ces derniers points que nous nous sommes avisés d'en informer les lecteurs afin de contribuer à inverser quelque peu cette tendance actuelle qui jusque-là a consisté à ne considérer le pays que sous l'angle du pétrole et du gaz.
Alors voilà : grâce à l’emplacement privilégié que lui confère sa position géographique centrale, et du fait qu’elle se trouve - histoire de l’humanité aidant- à l’extrême jonction des civilisations occidentale, orientale et africaine, l’Algérie ne peut se présenter, aujourd’hui, que comme un carrefour incontournable, éminemment singulier…Et si tel est son prodigieux «destin» géographique et culturel, c’est encore parce qu’elle se trouve précisément à l’intersection des deux grandes voies de communication qui traversent la planète : Nord-Sud et Est-Ouest.

L’Algérie est, à elle seule,  un pays sous-continent !

Dès lors, comment ne pas lui envier d’avoir, des siècles durant, servi de transition entre des mondes si divers ? Comment ne pas lui envier d’avoir su, avec un rare bonheur, marier la nature infiniment variée des contreforts méditerranéens et la fascination presque mystique des ineffables espaces cuivrés du Sahara ?
Comment, en des contrastes si frappants, ne pas lui envier cette aptitude à présenter, à travers la légendaire majesté du Djurdjura, des Aurès et de l’Ouarsenis, et l’impressionnante stature mégalithique du Tassili et du Hoggar, des destinations uniques, où l’évasion, l’aventure, l’émerveillement ne sont pas des vains mots ? L’Algérie, somme toute, a bien plus qu’une raison de se prévaloir d’une méditerranéité profonde, inébranlable, doublée d’une africanité effective, inamovible. Elle est, à elle seule, un pays sous-continent !
Pour tout dire, l'Algérie est une destination touristique virtuellement viable, voire incontournable dans un futur proche. Et il y a de bonnes raisons de le croire puisqu’elle est au cœur même du Bassin méditerranéen, lequel, de nos jours, est classé première destination touristique au monde.
Elle est de surcroît la porte nord de l'Afrique, le pivot du Maghreb, le proche voisin du sud de l'Europe. Si elle entend donner sa place - et elle s'y attelle déjà, quoique parfois maladroitement - au tourisme normé, compétitif, c’est parce que sa position géographique centrale, son étendue qui confine à la continentalité, l'importance de ses infrastructures maritimes et aéroportuaires, ainsi que la densité de son réseau routier, tout comme sa main d'œuvre jeune et à bon marché, lui confèrent d'excellents arguments de proximité et de compétitivité.
Avec ses caractères spécifiques, sans commune mesure avec ceux des autres pays du pourtour méditerranéen, l'Algérie peut, en définitive, se prévaloir d'être une terre unique. Une terre où les contrastes sont si frappants qu'il est des périodes dans l'année où on peut, dans la même journée, se baigner le matin dans une station balnéaire sur la Méditerranée, faire du ski l'après-midi dans les montagnes environnantes, et bivouaquer en soirée dans le Grand Sud saharien. Ce sont d’ailleurs ces spécificités là qui ont fait dire à Yann Arthus Bertrand que «l’Algérie est le pays le plus spectaculaire que j’ai photographié».
Notre pays est en effet une destination où les autorités concernées peuvent saisir cette opportunité-là. Mais à la condition sine qua non que le concept de tourisme responsable y soit un engagement quotidien pour les acteurs qui opèrent dans ce secteur. Et, par la même, que son développement soit réellement maîtrisé tant aux niveaux économique, social qu’environnemental.
Kamel Bouslama

Multimedia