Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme :  Un trouble du développement méconnu en Algérie

La Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme est célébrée chaque année le 2 avril depuis 2007. Ainsi, cette journée est l'occasion de sensibiliser la société à la problématique humaine quotidienne rencontrée par ces familles d'enfants autistes, dans l'objectif de contribuer au changement des mentalités et favoriser l'inclusion des personnes atteintes de troubles du spectre autistique dans la société, sachant que la prise en charge de cette frange reste insuffisante. Au manque de structures hospitalières spécialisées s' ajoute l'absence d'un accompagnement de professionnels, de prise en charge psychologique, alors que les refus d'intégration scolaire sont légion.
Manque d'établissements spécialisés et de formations qualifiantes laissent cette catégorie de la société livrée à elle-même.  Face à ce manque, les parents sont complètement désemparés, surtout lorsque ces enfants arrivent à l'âge de scolarité. Devant ces difficultés, la majorité de ces parents accourent vers les associations pour être orientés. Une grande souffrance endurée par ces autistes et leurs parents. 
Le trouble neuro-développemental, l'autisme qui touche de plus en plus d'enfants en Algérie, au-moins 1%de la population selon les spécialistes, reste souvent mal compris, mais plus précisément mal pris en charge. Ajoutons à cela, le Plan national pour la prise en charge de ces enfants autistes, annoncé depuis une année et qui peine toujours à voir le jour.
Selon le professeur Tabti Madjid, chef de service pédopsychiatrie à l'hôpital de Cheraga, 80% de ces cas ont un aspect anti natale avec un soubassement génétique qui est très important. «La génétique propose et l'environnement dispose», dira-t-il, soulignant que «l'autisme demeure un trouble méconnu en Algérie». 
Pour sa part, Le docteur Mohamed Amine Bouras, pédopsychiatre, est revenu sur les diagnostics précoces de cette maladie, ainsi que les premiers signes de trouble chez l'enfant autiste, précisant que la majorité de ces troubles ne sont pas visibles chez les parents les premiers temps». Pour lui, cela est dû à «la fuite oculaire au refus de contact physique, au trouble du sommeil, au trouble d'alimentation chez le bébé de moins de six mois allant jusqu'à neuf mois. Cela peut aussi aller jusqu'à des crises de pleurs incessantes, des insomnies sévères au cours des premiers mois de vie de cet enfant», explique-t-il. Devant cette situation, les mamans en souffrent et se trouvent dans des situations complexes. «La première chose à faire de la part de ces mamans est d'aller chez le pédiatre. Ce dernier généralement rassure, mais la réalité est autre», explique-t-il. 
Kafia Aït Allouache

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