Histoire de la ville de Boukhara : Un joyau de la civilisation musulmane

Boukhara est l’une des villes de la région géographique qui se trouve au-delà du fleuve, région que l’on désigne aujourd’hui sous le nom d’Asie centrale, et cette ville se trouve plus exactement au sein d’un pays appelé la République d’Ouzbékistan. Elle est considérée comme l’un des plus grands centres économiques de ce pays, de plus elle est un grand centre culturel, religieux et d’études. Par ailleurs, il faut rappeler que la région de Boukhara occupe environ 32 % de la superficie totale de la République d’Ouzbékistan, et 8,2 % de la population ouzbèke y vit.
On pense que le fondateur de la ville de Boukhara est un chef militaire iranien du nom de Siyâwach ibn al-Malik Kîkâwas après avoir abandonné son père qui était alors en colère contre lui, il alla donc se réfugier auprès du roi des Turcs Afrâsiyâb, lequel l’accueillit fort bien et alla même jusqu’à lui donner l’une de ses filles en mariage mais également à lui octroyer un territoire qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Boukhara. C’est ainsi que Siyâwach y bâtit une ville.
Boukhara est l’une des cités les plus importantes du Khorasan ; par ailleurs, al-Nurchakhî (mort en 959), l’auteur du livre Histoire de Boukhara, rappelle que la terre sur laquelle fut édifiée la ville était connue pour être plein de gibiers, laquelle terre se forma suite à diverses sorties du lit du fleuve Syr-Daria qui grossit avec les eaux des glaces fondues émanant des sommets montagneux du pays, ses alluvions rendent la terre fertile. Les gens vinrent dans cette région pour son charme particulier et son air pur, puis ils y construisirent leurs maisons. Les sources arabes donnèrent aux habitants d’origine de la ville de Boukhara le nom de Bukhâr khadâ. Il faut constater hélas que les sources concernant l’histoire de Boukhara avant l’islam sont peu nombreuses ; en fait, l’histoire majestueuse et riche en événements de cette cité prendra indubitablement une autre dimension après que l’islam en fit la conquête. Avant la venue de l’islam, les habitants de Boukhara étaient des idolâtres, et à ce propos il faut rappeler qu’une fois par an se tenait dans la ville une foire, appelée Mâkh, durant laquelle se vendaient des statuts et autres idoles. La plupart des récits s’accordent pour dire que le premier des musulmans à avoir franchi le fleuve qui mène à la montagne de Boukhara est un certain ‘Ubayd Allah ibn Ziyâd qui fut nommé gouverneur du Khorasan par le calife Mu’âwiyya ibn Abî Sufiyân (661-680) en 674, lequel ‘Ubayd Allah n’avait alors que 25 ans ; ainsi, le jeune gouverneur traversa donc le fleuve avec plus de 24.000 hommes. Le jeune chef musulman pénétra dans la ville de Boukhara en vainqueur, puis il conquit les cités de Zâmîn et de Baykand, puis il retourna à Bosra en Syrie avec près de deux mille jeunes combattants de Boukhara qui étaient tous d’excellents archers, il imposa que leur soit versée une solde. Puis, en 675, le calife Mu’âwiyya ibn Abî Sufiyân nomma Sa’îd ibn ‘Uthmân ibn ‘Affân gouverneur du Khorasan, celui-ci traversa le fleuve et conquis Samarkand. La ville de Boukhara jouissait d’immenses richesses ainsi que d’un commerce et d’une industrie florissants, cela se manifestait concrètement par les grands bénéfices que les musulmans arrivaient à y faire, et il faut savoir qu’une partie de l’argent gagné par ces derniers grâce aux activités ou aux impôts était envoyée sous forme de tissus précieux au siège du califat.
Vestiges et monuments de la ville de Boukhara :
Il existe aujourd’hui plus de 140 vestiges architecturaux historiques encore visibles à Boukhara dont les plus importants sont :
-Le dôme des Samanites : lequel a été bâti par Ismâ’îl al-Sâmânî en 892, l’édifice est en fait de forme carrée et est surplombé d’un dôme.
-Les grandes portes sud de l’une des mosquées de Boukhara, lesquelles portes furent édifiées dans les premières années de l’ère de l’Hégire, elles concentrent en quelque sorte tous les arts décoratifs typiques de Boukhara.
-La mosquée de Namazkah qui fut construite dans la première décennie de l’Hégire.
-Le minaret de Kâliyân édifié par Arslân Khân en 1127, lequel est décoré de bas en haut par un parement de briques réalisé avec un grand savoir-faire.
-La mosquée de Baland qui fut bâtie en l’an 16 de l’Hégire, elle se caractérise par un porche extérieur possédant des piliers en bois soutenant un toit également fait de bois.

Les savants et oulémas :
Parmi les savants les plus importants de Boukhara, il y a l’imam Ishâq ibn Râhawîh et bien sûr l’imam al-Bukhârî, qui est cet immense savant qui fit connaître la ville de Boukhara partout car il est notamment l’auteur du livre le plus authentique après le noble Coran, c’est-à-dire le Sahîh.
Parmi les autres grandes personnalités issues de Boukhara on cite également le philosophe et médecin Abû ‘Alî al-Husayn ibn ‘Abdallah ibn Sînâ, plus connu sous le nom d’Ibn Sînâ ou Avicenne dans sa version latinisée, il décéda en 1036. Parmi ses ouvrages les plus connus il y a le Livre des directives et des remarques en philosophie ou le Canon en médecine.

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