Constantine by night pendant la pandémie : Très peu éclairée

Constantine by night pendant la pandémie : Très peu éclairée
Constantine by night pendant la pandémie : Très peu éclairée

L’utilisation des données sur l’éclairage nocturne pour suivre les variations de l’activité économique lors de la pandémie du coronavirus est appliquée par la Banque mondiale dans la ville de Constantine.
Une étude observe qu’après une augmentation en février, l’intensité lumineuse connaît une nette diminution de 25% en mars, moment où son indice de rigueur est à son maximum. Avril voit cette baisse se poursuivre dans une mesure plus modérée.
L’intensité lumineuse se renforce quelque peu en mai, mais l’éclairage de la ville demeure inférieur d’environ 15% à celui de décembre, après correction des variations mensuelles «normales», mentionne l’étude menée par Mark Roberts, économiste urbain senior, Pui Shen Yoong, économist et jeune professionnel et Jaâfar Sadok Friaa, spécialiste principal du développement urbain.
Les données montrent les variations mensuelles par rapport à décembre 2019, date de référence correspondant à la tendance pré-pandémie estimée pour chaque ville.
Ainsi, lorsque les lumières s’éteignent, il est plus facile de cerner l’impact de la crise Covid-19 dans plusieurs autres villes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, car la pandémie de coronavirus les a frappées de plein fouet. Du jour au lendemain, des centres urbains bourdonnant d’animation sont devenus l’ombre d’eux-mêmes, pour cause de confinement et autres mesures restrictives. Si ces mesures de santé publique ont freiné la propagation du virus, elles ont aussi provoqué une profonde récession dans de nombreuses agglomérations, indique l’étude publiée sur le site de la banque mondiale. Il est expliqué que l’équipe de chercheurs de l’institut Opportunity Insights a mis au point un indicateur de suivi économique qui permet de mettre en évidence les villes, comtés ou quartiers qui ont le plus de mal à surmonter la crise. Un tel suivi en temps quasi réel est précieux pour évaluer l’ampleur des pertes subies et comprendre les effets des mesures d’atténuation des risques de propagation du virus sur les économies urbaines. Il permet, en outre, d’adopter de meilleures stratégies de lutte contre la pandémie.
L’étude a été en mesure d’expérimenter une démarche reposant sur des relevés quotidiens de l’éclairage nocturne obtenus par imagerie satellite. Développée pour la première fois en 2012, l’utilisation des données sur l’éclairage nocturne pour suivre les variations de l’activité économique est aujourd’hui largement admise.
«Sur un échantillon de 50 villes situées dans 18 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, nous avons, à l’aide de composites mensuels d’images satellite obtenues par temps clair, utilisé les variations de l’éclairage nocturne comme indicateur indirect de l’évolution de l’activité économique. Puis, pour estimer le rôle des mesures de confinement et autres restrictions dans ces changements, nous avons construit pour chaque ville un indice de rigueur établi, au jour le jour, à partir des données de l’outil de suivi des mesures gouvernementales de lutte contre le coronavirus conçu par l’université d’Oxford», souligne l’étude publiée le 26 août dernier. Avant la pandémie, les données mensuelles d’éclairage des villes s’inscrivaient dans une tendance de croissance proche de celle observée sur le temps long depuis avril 2012. Puis, il est constaté une forte baisse de l’intensité lumineuse en mars 2020, commune à l’ensemble des villes de la région MENA et coïncidant avec la mise en application de strictes mesures de confinement et de restriction.
Corrigé des variations mensuelles normales par ville, l’éclairage médian s’avère inférieur d’environ 12% en mars 2020 par rapport à décembre 2019. Avec l’allègement des mesures de confinement, l’intensité lumineuse repart à la hausse de façon modérée en avril, puis plus marquée en mai, précise l’étude.
R. N.

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