Comportements : attention aux accidents de la route !

Jeûner n'est pas seulement cette frénésie des dépenses qui caractérise les Algériens, mais également cette mauvaise humeur ou plutôt ces nerfs en pelote pour un oui ou pour un non, devenus même une seconde nature durant le ramadhan sous prétexte qu'on jeûne. En effet, le ramadhan revient chaque année avec des  comportements incompatibles avec ce grand événement censé prôner avant tout la piété, la patience, la tolérance et la fraternité entre les personnes et les rapprocher les unes des autres plus que les autres jours de l'année. Hélas, chez nous, des comportements négatifs viennent entacher l'ambiance ramadhanesque, tous les jours que Dieu fait, prouvant une fois de plus que sortir de ses gonds est le sport favori de beaucoup avant la rupture du jeûne. Il y a quelques jours, au niveau du bureau de poste de Beaulieu, une grande bagarre a été évitée de justesse. Une gifle a failli transformer l'enceinte de la poste en question en champ de bataille, n'était l'intervention de la foule, des retraités venus percevoir leur pension de retraite, pour la plupart. La demande d'excuses des présents, avant de passer à la «caisse», formulée en bonne et due forme par celui qui a reçu la baffe n'a pas plaidé en sa faveur. Elle est tombée carrément dans l'oreille d'un sourd, lequel a préféré réagir à sa manière.  Le recours au biceps, bien entendu, était au rendez-vous. La violence verbale et physique, à vrai dire, est courante chez nous, allant jusqu'à associer le mois de la rahma à ces sautes d'humeur, voire ces dérapages comportementaux. L'agressivité est banalisée à telle enseigne qu'elle prend l'allure d'un phénomène résistant souvent à la raison et la sagesse.  En fait, ce déchaînement sur l'autre est imprévisible et sans limites. Il s'invite partout, dans les foyers, sur les lieux de travail et bien sûr sur les routes. Conduire durant le ramadhan est loin d'être une sinécure, notamment si on est pris dans un embouteillage en fin de journée. Là, tout est permis pour arriver à bon port sans être en retard.

Le bond macabre des accidents de la route avant l’iftar

Se mettre en mode ramadhan est élargi à chaque geste, chaque pas. Il faut dire qu'en plus de la hausse des prix dans les marchés, devenue «réglementaire», par une surconsommation débordante, l'on assiste aussi à une augmentation significative des accidents de la route. En effet, l'excès de vitesse, les manœuvres dangereuses, sans parler des violences verbales et parfois physiques, font partie du lot quotidien du ramadhan. Les dernières heures précédant l'adhan de la rupture du jeûne se transforment en drame pour les conducteurs, peu soucieux du respect des autres usagers de la route. L'excès de vitesse, le non respect des priorités, du code de la route, ajoutés à l'irritabilité sont à l'origine de dégâts importants, allant jusqu'à des carambolages en série et des victimes nombreuses. Les sinistres routiers, plus particulièrement avant l'iftar, augmentent chaque année avec de véritables courses engagées, sur les routes, sans se soucier des conséquences de ces comportements. Il faut souligner également qu'à cette témérité s'ajoutent la violence verbale et les rixes, accompagnées de coups et de chapelets d'insultes. Le mois de la dévotion, malheureusement chez nous est synonyme de comportements à revoir absolument. La raison est toute simple : ils portent atteinte à l'essence et à la sacralité du ramadhan.                        

Samia D.

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