Commentaire : Aider les autistes à sortir de leur coquille

Certains les qualifient d'hyperactifs, allant jusqu'à dire qu'ils ont la bougeotte. D'autres, les trouvent retirés et solitaires pour leur âge et leurs frêles épaules pour porter tous ces soucis et cette tristesse, visibles sur leur visage qui racontent, tous les jours, une détresse humaine qui dépasse le nombre d'années vécues. Eux, ce sont les enfants autistes. Des bambins, privés carrément de leur enfance, de leur jovialité. C'est dur d'être autiste, d'être taxé, pas comme les autres, voire même «anormal». Le dysfonctionnement neurobiologique qui affecte les compétences de communications, les interactions sociales, chez ces enfants fait basculer leur vie, hypothéquer également, leur avenir, si ces derniers n'ont pas été bénéficiaires d'une prise en charge convenable. En effet, à défaut de diagnostic précoce, beaucoup d'enfants n'ont pas eu la chance de fréquenter, au même titre que les autres, l'école.
Il s’agit d’un handicap chronique que l’on ne sait pas guérir. Aujourd'hui, certes, il y a une un progrès, ces dernières années en termes de prise en charge qui a permis la scolarisation de nombreux enfants de cette catégorie, mais, le calvaire de ces derniers se poursuit, malgré le Plan autisme adopté en 2016, renforcé par un Comité national intersectoriel de l’autisme (Cnia) pour la prise en charge et l'insertion des enfants touchés par le spectre autistique. Ces dispositifs peinent à assurer l'insertion sociale voulue, avec l'évolution de cette maladie d'une part et faute d'un diagnostic précoce durant les premiers mois qui suivent la naissance, de l'autre. Et les parents se retrouvent désemparés quand ils apprennent après des années que leur enfant a un trouble neurodéveloppemental, alertés par des signes de comportements pour lesquels ils vont consulter. Les parents, en fait, ne savent plus quoi faire lorsque l'enfant atteint l'âge de la scolarité, d'autant plus que le nombre de classes spécialisées restent insuffisant pour accueillir les enfants souffrant de ce handicap qui dépasse les 100.000 en Algérie. Il faut dire aussi qu'il existe également des enfants ayant un spectre autistique sévère qui exclut à ces derniers toute chance d'intégrer ces mêmes classes, seuls espaces d'intégration pour cette catégorie d'enfants.
La spécificité de ce handicap et sa complexité puisqu'elle nécessite l'intervention de plusieurs spécialités ne facilite pas toujours la prise en charge, d'où l'intérêt de la formation de médecins et de psychologues pour aider les autistes à briser le mur du silence.
Samia D.

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