Achats en ligne : Pas toujours… nets

Le commerce électronique est un créneau qui connaît un grand boom, notamment en cette période de pandémie.

En effet, les mesures de restriction adoptées par le gouvernement en vue de contrecarrer la propagation du Coronavirus dans le pays ont poussé de nombreux commerçants à se lancer dans la vente en ligne, et ainsi de plus en plus d’Algériens s’orientent vers l’achat sur le net. Ce genre de commerce qui ne cesse de se développer est-il suffisamment réglementé pour assurer une sécurité des transactions électroniques et garantir une protection du consommateur ?
A ce sujet, le président de la Fédération algérienne des consommateurs cite la loi n° 18-05 du 10 mai 2018, fixant les règles générales relatives aux transactions commerciales par voie électronique, qui protège le consommateur. Cependant, les décrets exécutifs n’ont pas encore été promulgués, ce qui pose problème, notamment avec la généralisation du paiement électronique», déclare Zaki Hariz qui juge important d’accélérer la promulgation de ces décrets exécutifs, mettant l’accent sur la nécessité d’un contrôle régulier de cette activité.
«Il faut former des agents spécialisés dans le contrôle et le suivi des sites de vente de produits en ligne pour éviter les arnaques et les problèmes qui peuvent surgir depuis la source». Il met aussi l’accent sur l’élaboration d’une base de données concernant l’ensemble des commerçants qui activent sur le net et l’authentification des sites de vente en ligne au niveau du ministère du Commerce.
Le paiement se faisant actuellement à la livraison de la marchandise, cela permet au client de vérifier son produit.
Le président de la FAC attire, d’autre part, l’attention sur l’importance de vérifier les sites de vente qui doivent être réglementés avec un registre du commerce numéroté, en sus du numéro de la carte fiscale, et ce avant de procéder à toute transaction.
Faisant part de l’existence de sites subordonnés à un registre du commerce électronique et un identifiant fiscal, il indique que son organisation ne peut intervenir que dans le cas des sites réglementés pour effectuer une médiation entre le client et le commerçant ou le recours à la justice en cas d’un problème. «Le citoyen doit vérifier que le commerçant est régulier pour éviter les arnaques.
Plusieurs plaintes nous sont parvenues et nous sommes intervenus pour solutionner des petites affaires d’achats en ligne et des différends entre commerçants et consommateurs», révèle Zaki Hariz.
Par ailleurs, le client fait souvent l’objet de plainte déposée par le commerçant, notamment lorsqu’il commande un produit et y renonce sans motif.
Selon notre interlocuteur, la vente en ligne permet aux citoyens d’effectuer des achats plus facilement et souligne l’importance pour les commerçants de développer les outils d’aide à la décision pour permettre au client de procéder au choix de son produit avec conviction.
«Les commerçants doivent fournir les spécifications exactes des produits de manière à permettre que le consommateur puisse faire son choix en toute confiance, surtout lorsqu’il s’agit de produits qui coûtent cher, tels les articles électroménagers qui doivent présenter toutes les données, particulièrement celles liées à la sécurité du produit».
Le président de la FAC souligne que tous les produits sont concernés par le commerce électronique et la vente en ligne, et l’achat de certains produits doit être effectué dans des magasins spécialisés pour plus de sécurité.
Kamélia Hadjib

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