Accidents de la route : L’école ABC du permis de conduire

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Comment expliquer la recrudescence des accidents de la route dans un pays où la réglementation routière est réputée pour son aspect répressif ? Selon les statistiques fournies par le CNPSR, la tranche d’âge située entre 18 et 29 ans est fortement impliquée dans ces accidents, sachant que les titulaires de nouveaux permis (moins de 5 ans) sont responsables de la moitié des accidents enregistrés. Le facteur humain est responsable à 80% de ces accidents.
Dans ce débat sur la cause des accidents de la route, les auto-écoles sont souvent accusées de ne pas assez former les conducteurs ou d’accorder les permis de conduire trop facilement.
Or, les auto-écoles s’en lavent les mains. «Ce sont les examinateurs qui délivrent les permis de conduire et non pas les autoécoles», estiment les formateurs qui affirment que les auto-écoles jouent seulement le rôle de la formation. «Le candidat, avant d’avoir l’âge légal pour passer son permis de conduire, doit au préalable recevoir une éducation routière. Un rôle que devaient jouer les établissements scolaires», nous dira ce formateur, proprietaire d’une auto-école .

Plus de 3.000 handicapés chaque année

En matière de statistiques, ne sont comptabilisés actuellement que les personnes décédées ou blessées à l’issue d’accidents de la route. Quant aux personnes devenues handicapées d’une manière définitives, elles sont omises, car nécessitant un travail de suivi. Le chiffre qui est à notre disposition et qui n’est pas du tout fiable fait état de plus de 3000 handicaps chaque année, un chiffre effrayant qui plane sur chacun de nos déplacements. Sur son lit d’hôpital au service traumatologie orthopédique de Douera, Rahim nous raconte : «Je suis resté un mois dans le coma, et je suis aujourd’hui tétraplégique. J'ai récupéré mes bras mais pas totalement mes mains, et j'ai une perte totale de mes deux jambes. J'ai compris que la rééducation ne signifie pas la guérison. En fait, on réapprend à vivre, mais... en fauteuil ! Il nous montre les traces de son accident, un corps traumatisé : «On peut tout perdre en très peu de temps», nous dit-il la gorge nouée. Il n’y a aucune prise en charge psychologique, aucun accompagnement administratif, un manque flagrant d’écoute et d’orientation pour ces victimes de la route.
La vie de ces accidentés ressemble au parcours du combattant ; il est très difficile pour eux de s’en sortir socialement et financièrement, parce qu’ils ne sont pas remboursés juste après l’accident.
Les handicapés des suites d’un accident de la route ne sont indemnisés qu’après des mois de souffrances et de lutte et l’Etat ne leur donne que des sommes très symboliques, qui ne peuvent pas répondre à leurs besoins. «La prise en charge d’un handicapé est très difficile, car il y a un manque de centres de rééducation fonctionnelle», dira Mme Saliha, militante dans une association d’accompagnement des victimes de la route. Par ailleurs, le CNPSR indique que 392 enfants âgés de moins de 14 ans sont décédés et 5.189 autres blessés durant la période allant de septembre 2017 à juin 2018, ajoutant que «la plupart des victimes ont été déplorées sur les chemins des différents établissements éducatifs».
Farida Larbi

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