Autisme : Un centre régional de référence à Sétif

Le nouveau centre d’accueil de pédopsychiatrie de Sétif constitue, sans nul doute, l’un des acquis les plus importants pour cette frange d’enfants et de leurs parents qui n’ont pas manqué d’exprimer leur profonde satisfaction.

Cloitrés dans une attente qui aura duré plusieurs années en dépit de l’énorme travail fourni au niveau de l’hôpital psychiatrique de Ain Abessa, à 20 km au nord du chef-lieu de la wilaya, et des actions entreprises par l’EPSP de Sétif, ces malades souffrant de troubles de neuro-développement et leurs mamans, souvent angoissées et sans formation pouvant leur permettre d’atténuer la douleur de leur enfant et de contribuer à leur prise en charge, ont ainsi vécu cette journée mondiale de l’autisme dans la joie et l’espoir retrouvés. Un espoir animé par les pouvoirs publics locaux, le wali à leur tête, et des bienfaiteurs et chefs d’entreprise qui ont mis les bouchées doubles pour abonder dans le sens de la formidable dimension de solidarité ancrée dans les traditions de cette wilaya.
Comment sinon ne pas apprécier à sa juste valeur le geste fort du groupe IRIS pour la réalisation d’une aussi belle infrastructure de trois niveaux sur le site d’une ancienne école désaffectée et dont le président-directeur général, Yacine Guidoum, présent à la cérémonie d’ouverture, était sans doute plus heureux que tous ces enfants autistes : «Nous n’avons fait que notre devoir à l’endroit de notre peuple et notre pays, et nous sommes prêts à faire davantage pour contribuer à l’effort national et servir des causes aussi sensibles.»
A ses côtés, Khaber Laid, président-directeur général de la société des ciments de Ain El Kebira, filiale du Groupe GICA, dira : «Nous sommes une entreprise citoyenne et nous veillons à entretenir ces valeurs.» Des différents espaces de cette nouvelle structure d’accueil, qui reste un centre de référence au niveau national, émergeaient déjà bien des moments forts, au paroxysme de l’émotion de ces enfants dont certains s’en sont donnés à cœur joie aux activités dans la salle de motricité et d’autres ont pleuré du fait de se retrouver dans ce nouveau monde de l’espoir, jusqu’à faire suivre dans leurs larmes toutes ces mamans, visiblement heureuses malgré tout de pouvoir atténuer leur douleur et de recevoir une formation pour contribuer à leur prise en charge. Le centre d’accueil a vu le jour, et d’autres suivront sans nul doute, pour traduire la volonté politique de l’Etat et répondre aux attentes de ces patients dans une dynamique de dépistage précoce et de prise en charge adaptée. Le Pr Ould Taleb Mahmoud avait souligné, en janvier 2020, à l’université Mohamed-Lamine-Debaghine Sétif 2 : «On ne soigne pas un autiste avec une ordonnance. »
F. Zoghbi

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