Solidarité avec le peuple sahraoui : Stopper le pillage des richesses

Ph. : Nacéra I.
Ph. : Nacéra I.

«Notre travail est d'informer des nouveautés sur ce dossier de décolonisation et sur le noble combat du peuple sahraoui pour son indépendance», a affirmé, mercredi au forum du Courrier d'Algérie, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Ayachi.

Ce dernier est revenu sur les derniers développements de la situation au Sahara occidental, indiquant que le 12 novembre 2020, à la veille de la rupture du cessez-le-feu par le Maroc, les Sahraouis avaient enregistré, chaque année depuis 12 ans, plusieurs résolutions onusiennes reconnaissant leur droit à s'exprimer par voie référendaire pour l'autodétermination. Or, ces résolutions n’ont jamais été concrétisées sur le terrain. «Le Maroc viole de façon délibérée l'ensemble des résolutions onusiennes, ce n'est pas l'ouverture de consulats qui va donner une légitimité à la colonisation.» La reconnaissance de l'entité sioniste par le régime marocain en échange d'une pseudo-reconnaissance des États-Unis par le régime marocain a été un échec pur.
L'intervenant a appelé à la vigilance de l'ensemble des Algériens. «L'arrivée de l'entité sioniste à nos portes oblige d'être plus prudents. Un réel danger se dessine contre notre pays.» Toutefois, la classe politique américaine s'est opposée à la décision de l'ancien président américain Donald Trump en dénonçant une attaque en règle contre le droit international et un changement de position infondé.
Saïd Ayachi estime que «le régime de Rabat pille, quotidiennement, les richesses naturelles du Sahara occidental, et tente même d'organiser illégalement des événements internationaux», précisant qu'«en 1991, la RASD avait gagné la guerre sur le terrain. Les Sahraouis ont accepté de signer le cessez-le-feu en échange de l'organisation d'un référendum d'autodétermination ; or, 30 ans après, il n'a pas eu lieu et tout est fait par le makhzen pour empêcher sa tenue. La MINURSO s'est avérée inefficace, voire complice. Elle n'a pas su stopper plusieurs provocations marocaines. Pire, le Maroc a expulsé la partie civile de cette mission onusienne. Outre la violation systématique des droits de l'homme rapportée par plusieurs organisations, il n'y a pas d'envoyé personnel du SG des Nations unies depuis plusieurs années».
Saïd Ayachi précise que les anciens envoyés personnels ont vu leurs efforts sabotés par le régime de Rabat : «Il y a une nouvelle génération dans les camps de réfugiés qui estime qu'il n'y a d'autre solution que de libérer leur pays par les armes. Le 13 novembre 2020, l'armée marocaine a agressé des civils à Guerguarat, et l'Armée de libération sahraouie a repris les armes. Au plan diplomatique, l'Algérie a été le premier pays à avoir interpellé l'Union africaine, avec l'Afrique du Sud, laquelle a appelé le Maroc à respecter la Charte constitutive de l'Union qui interdit l'agression d’un État membre.»
L'orateur a, par ailleurs, rappelé que l'Union africaine s'est réappropriée le dossier en complémentarité avec l'ONU. Abordant la position de la nouvelle administration américaine, le conférencier a affirmé que John Biden prend ses distances avec la décision de Trump, en appelant à la nomination d'un envoyé personnel des Nations unies dans les plus brefs délais.
Revenant sur les dernières positions de l'Allemagne et de l'Espagne en faveur du droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même, le président du CNASPS a salué la position courageuse de ces deux pays qui ne se sont pas soumis au chantage.
«L'Allemagne a refusé les intimidations, ainsi que le chantage des Marocains, ce qui a encouragé l'Espagne à prendre la même position ferme, le chantage à l'immigration contre l'Espagne a même profondément choqué l'ensemble des Européens.» Saïd Ayachi a conclu en déclarant que «la maladie du président de la RASD Brahim Ghali a permis de sensibiliser l'opinion internationale au combat du peuple sahraoui et aux manipulations et mensonges du makhzen. D'ailleurs, la justice espagnole a totalement blanchi le Président Ghali des affabulations portées à son égard par des relais propagandistes».
Sami Kaidi

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