Risque majeur et catastrophes naturelles : Une gestion urgente s’impose

Le professeur Abdelkrim Chelghoum, directeur de recherche à l’université des sciences et de la technique de Bab Ezzouar (USTHB), également, président du Club des risques majeurs, a insisté sur la création d’un observatoire national des risques majeurs déjà proposé en 2004. C’était déjà une nécessité à cette époque du fait que le Bassin méditerranéen est une zone à risque, ce qui aurait permis d’être à l’avant-garde et d’obtenir des aides financières de l’ONU et du conseil de l’Europe. Selon l’expert, la création de l’observatoire s’impose afin de protéger le pays de la désertification, de la sécheresse, des séismes et des risques industriels et même des inondations. S’agissant de ce risque il précise que 32 chefs-lieux de wilaya enregistrent des inondations en moyenne trois fois par an depuis 2012.
Depuis les inondations de Bab El Oued qui ont entraîné d’énormes dégâts humains et matériels, l’intérêt d’agencer les bassins versants et la canalisation des pluies dans les villes permettant une meilleure collecte des eaux de pluie, a été maintes fois souligné, sachant qu’il existe 101 oueds à Alger sur lesquels de nombreux projets sont érigés.
Selon le spécialiste, pour capter une plus grande quantité d’eau de pluie il faut être très prudent en matière de prévention et de protection des sites.
Le Professeur Chelghoum évoque, dans le même contexte, la problématique de l’envasement des barrages. «La plupart des grands barrages en Algérie sont envasés à 70%», a-t-il dit, la vase qui est composée de boue et de gravats provient des bassins versants et terminent au fond du barrage et créant des stratifications de couches, ce qui ne permet pas d’obtenir un taux important de remplissage.
Cela veut dire que même si le barrage est rempli à 100 % il n’y a de l’eau qu’à 40 %, le reste est composé de boue et de vase. Le spécialiste cite à titre d’exemple le cas du barrage de Taksebt à Tizi-Ouzou qui est envasé à 60%.
D’autre part, le problème de la sécheresse et de la désertification pourrait s’amplifier si des mesures préventives en matière de collecte et de stockage des eaux de pluie ne sont pas prises. Il suggère, à cet égard, la multiplication des retenues collinaires permettant de collecter les eaux de pluie pour les exploiter par la suite dans la consommation domestique puisqu’elles s’infiltrent et deviennent potables, elles peuvent ainsi être utilisées dans l’agriculture.
«La réalisation de ces ouvrages ne nécessite pas de grands investissements et permettrait au pays de faire face au stress hydrique quand on sait que l’Algérie ne dispose que d’une centaine de retenues collinaires», souligne-t-il. Insistant sur l’importance de la prévention par la mise en place de stratégies efficaces et efficientes de gestion et de protection des risques majeurs, l’expert a indiqué que l’Algérie a été endeuillée, depuis 2001, par 120 catastrophes de grande ampleur.
«La stratégie préventive repose sur l’anticipation et la gestion de la situation aux catastrophes et en post-catastrophes avec des experts qualifiés», indique M. Chelghoum.
Kamelia Hadjib

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