Révision du système des subventions : Atteindre les objectifs de la politique économique

Une concertation nationale sur la refonte du système national des subventions aura lieu après les élections législatives et locales. Cette réflexion englobera les syndicats, le CNESE, ainsi que les élus, a précisé le chef de l’Etat dans l’interview accordé à l’hebdomadaire français Le Point. Le Président de la République a également assuré que l’Etat maintiendra «son caractère social», un principe d’ailleurs consacré par la Constitution du pays. Une démarche qui, faut-il le souligner, a été différée à maintes reprises du fait, à la fois, de la sensibilité et de la complexité de la question.
A ce propos, le ministre des Finances avait déclaré, en janvier 2021 que son département avait «défini les critères ouvrant droit à ce soutien». Et c’est sur cette base que sera lancée la réflexion qui engagera certainement d’autres acteurs pour une démarche sereine et réfléchie. Si, pour des raisons évidentes, l’Etat avait préféré tempérer son engagement sur cette voie délicate, évoquée avec insistance, au début des années deux mille, les conditions actuelles, au contraire, plaident fortement pour cette option.
«L’Algérie comme beaucoup d’autres pays exportateurs de pétrole, s’est fortement appuyée sur les subventions comme outil de protection sociale et de partage des ressources naturelles. Toutefois, les inefficiences économiques découlant de ces subventions se révèlent potentiellement importantes », soulignent dans ce sens, le professeur en économie, Kherbachi Hamid et le Dr. Belhocine Halima, de l’université de Béjaïa.
L’argument est bien fondé car «Bien qu'une partie de l'argent dépensée pour les subventions en Algérie soit bénéfique pour les pauvres, le système dans son ensemble est fortement régressif, profitant principalement aux plus aisés», soutiennent-ils. Et, à l’évidence, indiquent-ils, «pour remédier à ces défaillances, il s’avère nécessaire de mettre en œuvre une réforme de subventions permettant d’atteindre les objectifs de la politique économique». Aujourd’hui, cette démarche se confirme et «Les autorités algériennes envisagent de réformer le système de subventions afin d’éliminer le déficit budgétaire» en passant d’un système de subventions généralisées à des aides ciblées.
Mais, selon leur analyse, l’option des pouvoirs publics pour «un programme de transferts monétaires ciblés doit être évaluée avant que la politique ne soit mise en place».
Autrement dit, il s’agira «d’évaluer quelle serait la réponse de l’économie» à une telle démarche.
Les points de vue du Pr. Kherbachi Hamid, et du Dr. Belhocine Halima s’accordent sur le fait que «La réforme des subventions et la réforme fiscale doivent aller de pair» car «Elles constituent les deux pans d’un nouveau contrat social entre l’Etat et les citoyens». Dans un souci d’équité, insistent-ils, «La charge de l’ajustement budgétaire doit être équitablement répartie entre les entreprises, les citoyens, les plus riches et le reste de la population».
Ils expliquent que «d’une part, le programme des transferts monétaires proposé devra trouver de nouvelles sources de financement soutenables.
D’autre part, les exemptions fiscales en plus de leur coût budgétaire, accaparent un poids important dans le PIB». En conséquence, il est clair que «La réduction de ces subventions procurera au budget de l’Etat de nouvelles ressources qui peuvent même financer partiellement ou intégralement le programme des transferts monétaires ciblés». Une telle réforme exige, au préalable, «d’évaluer son impact sur l’économie nationale» tout comme la révision des subventions.
D. Akila

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