Révision de la loi sur l’information : Un grand pas dans la réforme du secteur

La révision de la loi organique sur l’information et la loi audiovisuelle est en cours de finalisation. Le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Amar Belhimer, a annoncé lundi dernier que le secteur «a placé la révision de la loi organique sur l'information et la loi audio-visuelle en tête des priorités, d'autant plus que la commission ministérielle formée à cette effet est sur le point de finaliser l'opération». Le programme d’action du ministère de la Communication repose essentiellement sur la révision des cadres juridiques régissant le secteur, notamment la loi organique de l’information, la loi sur l’audiovisuel et la généralisation de la numérisation du secteur.
A cet effet, l’amendement de la loi organique sur l’information notamment constitue l’un des grands chantiers lancés «pour l’arrimer à la nouvelle Constitution. Il faut prendre en considération que les réformes arrêtées par le ministère dépendent désormais de la révision de la Constitution et de ce qui en découlera comme lois organiques et lois ordinaires».
En effet, s’agissant de la loi audiovisuelle, l’article 54 de la Constitution, qui consacre le principe de liberté de la presse en détaillant les composantes de cette liberté, stipule «le droit à la création de chaînes télévisées, de sites et journaux électroniques, interdit le discours de discrimination et de haine».
Concernant la loi organique sur l’information, cet amendement permettra de créer «enfin» un «Conseil national de la presse écrite au lieu d'une Autorité de régulation, tel que stipulé dans ladite loi et qui n'existe nulle part au monde». La mise en place de ce Conseil est l’une des revendications principales des professionnels des médias afin de réglementer et organiser la presse écrite.
Ces projets figurent parmi les engagements du ministre de la communication. «Nous continuons à travailler pour une amélioration de la situation du secteur qui a été durant longtemps rongé par les intrus et les affairistes», a-t-il assuré, soulignant que «la plus grande réussite est d'avoir établi un «lien direct» avec les médias «sans aucune bureaucratie».
La révision des deux lois «concrètement» a été saluée hier par des professionnels des médias. Le Conseil national des journalistes algériens (CNJA) a estimé qu’il s’agit d’un grand pas dans le processus des réformes lancées par le secteur. «La loi actuelle sur l’information est dépassée et n’est pas adaptée à l’évolution des événements à l’ère du numérique, comme elle n’a pas été accompagnée de décrets d’application. De même pour les dispositions qui n’ont pas été appliquées sur le terrain», relève Aziz Touahar, journaliste et membre du bureau national du CNJA. Des insuffisances ont été constatées dans la loi 2012, notamment l’absence de l’Autorité de régulation. Le CNJA n’a pas été associé à l’élaboration du projet, déplore notre interlocuteur. «On espère que l’amendement répondra aux aspirations des professionnels de la presse et assurera la promotion du métier». De son côté, Zahir Mehdaoui, journaliste et fondateur d’un site électronique, a déclaré que «la loi organique est une sorte de loi fondamentale du secteur de la presse et de la communication. C’est en effet un grand chantier. L'actuel ministre de la Communication est le seul responsable a avoir eu le courage de s’attaquer à ce chantier d'une importance capitale pour toute la corporation. Une fois la loi organique finalisée, je pense que le secteur connaîtra une nouvelle ère puisque les règles seront clairement définies».
Hakima Dehbi, journaliste à la Radio nationale, soutient que l’amendement des deux lois répond aux aspirations et revendications des journalistes. Toutefois, elle plaide pour «une définition précise du statut du journaliste afin de barrer la route aux intrus», insiste-elle. En ce sens, elle a appelé à la poursuite des réformes initiées par le ministre de la Communication.
Neila Benrahal

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