Procès du terroriste «Abou Dahdah» : Reporté à la fin de la session pénale

Placé sous mandat de dépôt en mars dernier par la section de lutte antiterroriste et du crime organisé du tribunal de Sidi M’Hamed dans une affaire de terrorisme, il est poursuivi dans une autre affaire de terrorisme avec d’autres membres d’un groupe qui activait au sein d’Aqmi et tentait de rallier Daech. Lors de l’élaboration de l’arrêt de renvoi, il était en fuite, avant d’être capturé en décembre 2020 par un détachement de l’ANP dans la région de Jijel. Il avait rallié les groupes terroristes en 1994. Il a comparu hier menotté avec ses co-accusés, devant le tribunal, vêtu d’un pull sportif gris et d’un pantalon noir et portait des lunettes. Le procès de cette affaire dans laquelle 46 personnes sont poursuivies s’est ouvert à 13h18. Dix-neuf accusés en détention provisoire ont comparu sous l’escorte de la police et de la Gendarmerie nationale.
Ils sont poursuivis pour adhésion à un groupe terroriste armé, détention d’armes de guerre de type 4 sans autorisation, détention de produits explosifs, homicide volontaire avec préméditation et participation à un groupe terroriste armé. Le président de l’audience a appelé les accusés présents, dont certains étaient en fuite lors de l’élaboration de l’arrêt de renvoi à l’issue de l’enquête judiciaire. Ils ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt, dont Sid Ali L. Said Z., Karim Kh., Smail B., Ahmed Ch. qui étaient au box avec d’autres accusés arrêtés en majorité lors du ratissage de l’ANP à Yakouren. Parmi les attentats pour lesquels les accusés sont poursuivis et que certains d’entre eux auraient reconnus, selon l’arrêt de renvoi devant le tribunal criminel, l’assassinat d’un policier sur la route reliant Tigzirt à Tizi Ouzou (filmé et diffusé sur les réseaux sociaux), l’embuscade menée contre un convoi militaire, l’attaque d’un groupe de gardes communaux à Draâ Ben Khedda, l’attentat de Tadmaït contre des gardes communaux et l’embuscade de Timezrit contre des militaires, ainsi que de nombreux autres actes terroristes. À l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense ont demandé le report de l’affaire, en raison de l’absence de deux accusés. Il s’agit de Zakaria B., en détention à Haïzar, dans la wilaya de Bouira, poursuivi dans plusieurs affaires de terrorisme par les chambres criminelles d’Alger, de Blida, d’El-Bordj, et de Sidi Ali L., transféré à Tizi Ouzou. «Nous avons formulé des demandes auprès du parquet, en vain», déclarent leurs avocats.

Assassinats, kidnapping,  attentats à l’explosif…

Le président de l’audience, Ali Haichour, se tourne vers Ahcene Zerkane, qui lui signifie que son avocat est absent.
Après délibération, le tribunal a décidé le report du procès à la fin de la session criminelle en cours, qui sera clôturée le 13 juin prochain. L’un des membres du collectif de défense se présente à la barre. «Nous les avocats, nous sommes fatigués, de même que les accusés, des renvois de ce procès. J’espère qu’il se déroulera à la prochaine audience, car les accusés sont en détention depuis 5 ans.»
Les faits remontent à l’année 2017, suite à une vaste opération militaire dans la daïra d’Azzefoun, à 60 kilomètres de Tizi Ouzou. Les terroristes sont traqués plus de 15 jours par les éléments de l’ANP, et après un accrochage, quatre sont blessés, dont un grièvement, alors que cinq autres, surpris à l’intérieur de leur cache, se sont rendus avec armes et bagages. Parmi eux, Ahcène B. alias Abderraouf, Ahmed Ch. alias Koutada, Sid Ali T., Belkacem N. alias Serraka, Samir L. alias Soheib, Mohamed B. alias Ishak, Brahim A., Salim L. et Abdennour I. Lors de cette opération, des armes, ainsi que des produits explosifs ont été récupérés. D’autres terroristes ont été arrêtés par la suite, dans le cadre de l’enquête préliminaire. Il s’agit d’Abdennour S., Rabah M., Mohamed B., Youcef B., Mohamed Ch., Rachid M. et Oussama R. Les auditions ont révélé qu’ils activaient dans la phalange «Katibat El-Ansar» et «seriat Mizrana» d’AQMI. Ils ont reconnu leur participation dans plusieurs attentats, dont l’enlèvement du frère de l’homme d’affaires Ali Haddad, libéré après avoir versé une rançon, ainsi que l’assassinat de gardiens de prison et plusieurs attentats contre des éléments des services de sécurité. Les investigations poussées ont révélé que les mis en cause ont tenté de rallier l’organisation terroriste Daech en 2014. Certains accusés sont cités dans d’autres procès de terrorisme, à l’instar de Saïd Z., condamné à mort par contumace pour l’attentat kamikaze de 2007 contre le palais du Gouvernement et des proches de chefs terroristes abattus, dont «Moh Jack» qui était chargé du kidnapping des hommes d’affaires et entrepreneurs, avant son élimination en 2008, et Mesrour Mourad alias Akrama, chef de la seriat Mizrana.
Neila Benrahal

Sur le même thème

Multimedia