Non-exercice de plus de deux mandats : Faire émerger de nouveaux profils

Parmi les nouvelles conditions exigées pour les candidats aux législatives figure notamment celle liée au non-exercice de deux mandats parlementaires consécutifs ou séparés.
Selon le Pr Fatiha Benabbou, «il s’agit d’une disposition idéale pour le moment et en ce contexte bien précis».
Aussi, il n’y a nul doute que cette mesure permet d’encourager davantage les jeunes à se porter candidats à l’APN pour représenter le peuple et transmettre les préoccupations des électeurs aux autorités concernées et de manière directe aux membres de l’Exécutif.
Le Pr Benabbou fait part aussi d’une certaine appréhension suite à l’application de cette mesure à long terme.
La constitutionaliste, qui insiste sur les avantages de cette disposition dans le contexte actuel, dit «craindre que dans les dix années à venir on aura une classe politique immature».
Et d’ajouter : «Cette mesure est à même de laisser les strapontins libres pour les jeunes qui seront plus nombreux au niveau de l’Assemblée. Ces derniers, âgés de 25 ans, vont faire connaissance avec le monde de la politique et, cinq ans plus tard, ils pourront être réélus, mais arrivés à 35 ans et au moment où ils maîtriseront leur domaine d’activité, ils seront mis à la porte.»
«Cette disposition est certes idéale aujourd’hui, dans ce contexte précis, mais elle ne pourra pas faire long feu», estime-t-elle.
Les jeunes âgés de 25 ans et plus ont, en effet, aujourd’hui plus de chance de se lancer dans la vie politique, s’accordent à dire des experts.
D’un point de vue technique, «on ne peut pas interdire à un candidat de se présenter aux élections législatives», selon Sofiane Sakhri, enseignant à l’université des sciences politiques d’Alger III.
Sofiane Sakhri souligne que cette mesure répond à la volonté de mettre fin au phénomène des membres de l’APN ayant fait de la députation une fonction parlementaire. «On ne peut pas interdire à un candidat de se présenter à des élections. Tout candidat a le droit de se présenter et c’est aux électeurs de trancher», dira-t-il.
Soraya Guemmouri
 

Sur le même thème

Multimedia