Mouvement national : Approfondir la recherche historique

Ph. : Dj. Krache
Ph. : Dj. Krache
  • ORAN : Des infrastructures baptisées  des noms  de chouhada
  • Musée Central de l’Armée  : Manifestations historiques
  • Régions Militaires  : Distribution de 3.098 logements
  • Tizi Ouzou  : Contre l’oubli
  • Guelma  : Des centaines  de citoyens participent  à une marche commémorative

---------------------------------

Le secrétaire général du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebika, a affirmé, samedi depuis Sétif, que les massacres du 8 mai 1945 avaient permis, malgré les souffrances infligées au peuple algérien, de passer du militantisme dans le cadre du mouvement national, à la lutte armée.

Les actes sanglants par lesquels l’occupant français a réprimé une marche populaire pacifique pour l’indépendance et la liberté «avaient balisé la voie à la Glorieuse révolution et cristallisé les espoirs de passer à la lutte armée qui a permis de recouvrer la souveraineté nationale», a déclaré M. Rebika lors d’un séminaire national portant sur «Les Crimes coloniaux dans le monde, les massacres du 8 mai 1945 comme modèle», à l’occasion de la commémoration officielle de la Journée nationale de la Mémoire et du 76e anniversaire des événements du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.
Il a relevé, dans ce sens, que le message du président de la République à l’occasion de cette journée «appelle le peuple algérien à s’inspirer des sacrifices des chouhada et des moudjahidine pour affronter les défis qui nous attendent et attendent notre jeunesse lors des étapes à venir».
Intervenant à cette occasion, le président de la Fondation du 8-Mai-1945, Abdelhamid Slakdji, a mis en avant «l’impérative reconnaissance par la France des crimes perpétrés contre le peuple algérien lors de ces évènements, qualifiés par les historiens de crimes contre l’humanité et de génocide inédit».
«La France doit reconnaître ses crimes et son passé noir et indemniser le peuple algérien pour les préjudices causés, pour avoir des relations privilégiées avec l’Algérie», a poursuivi M. Slakdji, rappelant que c’est là une revendication de son association.
Il a également souligné «l’impérative criminalisation de la période coloniale par l’ensemble des institutions constitutionnelles et les organisations sociales en Algérie».
Intervenant en marge de la rencontre, le conseiller du président de la République, chargé des Archives nationales et du dossier de la Mémoire, Abdelmadjid Chikhi, a indiqué que la consécration d’une journée nationale de la Mémoire était un choix judicieux, en ce sens que l’Algérie a atteint une époque où la conscience de l’Histoire est de plus en plus élevée». Pour ce faire, il faudrait «fusionner le travail des historiens et celui de la mémoire qui explique souvent des faits historiques restés sans détails sur les documents», a-t-il affirmé. Et d’expliquer que «la méthodologie historique est certes exacte, mais la mémoire demeure flexible, car elle se transmet et se renforce davantage, d’ailleurs l’information transmise favorise la compréhension de l’Histoire».
Organisée par la Fondation du 8-Mai- 1945, la rencontre a été rehaussée par l’intervention du Pr Djamel Loucif de l’Université de Sétif, lequel a repris le témoignage du moudjahid Ali Faïdi, originaire d’Aïn Abessa (Est de Sétif), qui est revenu sur ces événements lors desquels l’engin colonial a déployé tous les moyens pour s’en prendre à son père dit «Dahmane Faïdi» après avoir participé à la marche populaire de ce mardi noir.
La manifestation a vu la distinction de nombre de moudjahidine parmi ceux qui s’en étaient sortis vivants des événements du 8 mai, à l’instar de Houria Tobal, sœur de la martyr Meriem Bouattoura, et Amar Sabie.
Les festivités célébrant la Journée nationale de la Mémoire et le 76e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 ont été marquées par l’inauguration de deux groupes scolaires et un collège baptisés des noms respectivement des martyrs Chellal Ahmed, Rezoug Salah et du moudjahid Ferhat Abbes.
La délégation s’est enquise, par la suite, de l’état d’avancement des travaux de l’Observatoire du 8-Mai-1945, dont le taux de réalisation avoisine les 70%.
Ont supervisé ces festivités officielles le SG du ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, M. Rebika, le conseiller du président de la République, M. Chikhi, le SG de l’Organisation nationale des enfants des moudjahidine (ONEM), Khalfa M’barek, et le président de la la Fondation du 8-Mai-1945, M. Slakdji, en présence du représentant du SG par intérim de l’ONEM, Abdelaziz Fouhal.

//////////////////////////////

ORAN
Des infrastructures baptisées  des noms  de chouhada

Deux communes ont abrité les activités officielles commémorant le 76e anniversaire des évènements tragiques du 8 mai 1945. Une maison de jeunes à Aïn Turck a été baptisée du nom de la moudjahida Zitouni Mestoura. Dans la même commune, les autorités locales, civiles et militaires ont pris part à une conférence sur l’histoire des évènements du 8 mai 1945 et ses liens avec la mémoire collective organisée au centre de formation des jeunes cadres où une exposition photos a eu lieu.
A Oued Tlélat et Misserghine, des activités similaires ont été organisées avec la participation de la société civile et les scouts musulmans. A Aïn El Karma, les autorités locales ont procédé à la baptisation de la bibliothèque communale du nom du chahid Imam Lardjem et l’association culturelle El Fath a organisé une réception en l’honneur des fonctionnaires retraités et de l’artiste Assri Benkaâkaâ.
Une délégation de la wilaya, conduite par le wali Messaoud Djari, s’est recueillie à la mémoire des martyrs au carré des Chouhadas au cimetière Sidi Bouameur dans la commune de Bousfer.
A. S.

//////////////////////////////

Musée Central de l’Armée
Manifestations historiques

Dans le cadre de la célébration de la Journée de la Mémoire nationale, coïncidant avec la commémoration des massacres du 8 mai 1945, la Direction de la communication, de l’information et de l’orientation de l’état-major de l’Armée nationale populaire a organisé, samedi, des manifestations historiques et culturelles commémorant la journée, au niveau du Musée central de l’Armée, a annoncé le ministère de la Défense nationale.
Lors de son allocution d’ouverture, le général-major, directeur de la communication, de l’information et de l’orientation, a souligné l’importance de célébrer ces étapes marquantes de notre glorieuse histoire afin de préserver notre mémoire nationale. Par la suite, un film documentaire intitulé : Notre mémoire nationale, le repère de notre appartenance et la garantie de notre unité, a été projeté, suivi de plusieurs conférences ainsi qu’une exposition de photographies historiques. A la fin, une pièce théâtrale a mis en évidence les événements et les étapes les plus importants que l’Algérie a connus pendant la période coloniale française jusqu’à l’indépendance.
Cette manifestation a vu la présence des cadres de différentes structures de l’ANP, des moudjahidine, des professeurs d’université ainsi que des élèves des écoles.

//////////////////////////////

Régions Militaires
Distribution de 3.098 logements

Un total de 3.098 logements de la formule location-vente AADL ont été distribués samedi au profit des retraités de l’Armée nationale populaire (ANP) ainsi qu’aux personnels en activité à travers les six Régions militaires, a annoncé dimanche le ministère de la Défense nationale (MDN).
«Au nom de monsieur le général de corps d’Armée, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, les commandants des Régions militaires ont supervisé le samedi 8 mai 2021, les cérémonies de distribution de 3.098 logements de formule location-vente AADL au profit des retraités de l’ANP ainsi qu’aux personnels en activité à travers les six Régions militaires, et ce, en présence de représentants du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville», a indiqué le MDN dans un communiqué.
Les cérémonies de distribution qui se sont déroulées à l’occasion de la célébration de la Journée de la Mémoire nationale, et de la commémoration des massacres du 8 mai 1945 s’inscrivent «dans la dynamique des efforts entrepris par le Haut Commandement de l’ANP pour l’amélioration des conditions sociales de ses personnels», a souligné le MDN. Selon la même source, «les opérations de distribution de logements au profit des personnels en activité et retraités de l’ANP, à l’instar de leurs concitoyens, se poursuivent à travers les différentes Régions militaires, jusqu’à satisfaction des demandes enregistrées auprès de la direction du service social du ministère de la Défense nationale».

//////////////////////////////

Tizi Ouzou
Contre l’oubli

Une délégation conduite par le premier responsable de l’exécutif de la wilaya Mahmoud Djamaa, et composée du représentant du P/APW, des membres de la commission sécuritaire de la wilaya, des directeurs de l’exécutif ainsi que des représentants des organisations de la famille révolutionnaire, s’est déplacée dans la matinée de dimanche au sanctuaire des martyrs de M’douha où il a été procédé à la levée des couleurs nationales, la lecture de la Fatiha et le dépôt de gerbes de fleurs.
La commémoration de cette date a été également marquée par une cérémonie en l’honneur du moudjahid Arezki Krim, frère de l’un des chefs historiques de la glorieuse révolution de Novembre 1954 et signataire des accords d’Evian, Belkacem Krim.
Coïncidant avec la célébration de Leïlat El Qadr, la commémoration de la Journée nationale de la mémoire a été aussi mise à profit par la direction locale des Affaires religieuses pour honorer et distribuer des cadeaux aux apprenants du saint Coran. Des expositions d’archives ayant trait à cette date, la projection de films documentaires, des conférences et d’autres activités commémoratives sont organisées à Tizi-Ouzou par la direction locale de la Culture, en collaboration avec la direction locale des Moudjahidine et le musée régional du Moudjahid.
Bel. Adrar

//////////////////////////////

Guelma
Des centaines  de citoyens participent  à une marche commémorative

Plusieurs citoyens ont participé samedi à Guelma à la marche commémorative de la Journée nationale de la mémoire et du 76e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 à Guelma, Kherrata et Sétif. La marche s’est ébranlée d’El Karmat sur les hauteurs de la ville de Guelma à 16H00, soit dans le même lieu et le même moment où s’étaient regroupés les militants du mouvement nationaliste le mardi 8 mai 1945.
Une foule nombreuse de citoyens, les autorités civiles et militaires de la wilaya, de jeunes scouts et les adhérents des établissements de jeunes ont pris part à cette marche commémorative scandant des chants patriotiques dont «Min djibalina» (De nos montagnes).
Le cortège, comptant également parmi ses rangs des femmes couvertes de pied en cape de «Melayate» noire pour montrer l’horreur des massacres perpétrés par le colonialisme français contre un peuple désarmé, a emprunté le parcours historique suivi par les militants nationalistes et les manifestants venus des mechtas et douars de Guelma réclamer la liberté.
Les marcheurs ont traversé l’avenue Anouna où les femmes les ont accueillis par les you-you fusant des balcons des immeubles, puis les avenues Abdelhamid-Benbadis et Abdelkarim jusqu’à la place 8-Mai-1945 où la police française dirigée par le sous-préfet André Achiary avaient stoppé les manifestants abattant Abdallah Boumaâza dit Hamed, le premier chahid de l’effroyable répression sanguinaire qui allait être engagée. Auparavant, les autorités locales, des moudjahidine et des citoyens se sont rendus au cimetière des chouhada de la ville pour se recueillir à la mémoire des martyrs, puis aux monuments historiques commémorant ces évènements à la gare ferroviaire, à l’école El Fateh et au CEM Mohamed-Abdou.

Multimedia