Mohamed Yousfi, SG du SNPSSP : «L’expression syndicale est aujourd’hui quasi parfaite»

Le Dr Mohamed Yousfi, SG du syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), créé en 1993, souligne que les acquis sont nombreux et se consolident de jour en jour, et que l’expression syndicale est aujourd’hui presque parfaite.

El Moudjahid : Que représente l’anniversaire du 24 février pour les syndicalistes ?
Dr. Mohamed Yousfi : Nous célébrons le 65e anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens. Il s’agit d’une date historique chère à tous les Algériens, d’une manière générale et au mouvement syndical, d’une manière particulière.
Aussi, il faut bien comprendre et souligner que cette date appartient à tous les travailleurs qu’elle n’est pas le monopole de l’UGTA. Notons l’importance d’observer, chaque année, cette halte aux fins de nous rappeler tout le parcours militant du mouvement syndicaliste algérien. Il est question de mettre en avant les nombreux acquis et réalisations enregistrées et de fixer les objectifs à venir, qu’ils soient à court, moyen ou à long terme, en vue de combler l’ensemble des insuffisances constatées. Ce 65e anniversaire constitue une opportunité pour se remémorer un autre événement important, la promulgation de la loi de 1990, l’acte de naissance du pluralisme syndical et les jeunes doivent savoir qu’il a fallu attendre jusqu’à 1990 pour que des syndicats, autres que l’UGTA, puissent voir le jour.

Quand et comment le SNPSSP a vu le jour ?
Le syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique, que je préside et dont je suis membre fondateur, a été créé en 1993. Nous avions créé avant cela, en 1990, le syndicat national des praticiens de la santé publique, dont je suis également membre fondateur et c’est après la création du SNPSP que le besoin d’avoir un syndicat représentant les médecins spécialistes s’est fait sentir. C’est ainsi que nous avons œuvré avec d’autres collègues pour la création du SNPSSP.

Lors de votre parcours, avez-vous rencontré des difficultés ?
La loi avait alors donné le feu vert pour les syndicats autonomes mais il tout aussi vrai que sur le terrain, il y avait beaucoup de difficultés, d’où le nombre important de grèves menées. La réalité du terrain était semée d’embûches. Ces innombrables difficultés ne nous ont à aucun moment découragés pour maintenir le combat syndical. Parfois, des sanctions sont injustement infligées, d’autres fois, les syndicalistes ne sont pas autorisés à tenir ou à assister aux assemblées générales.
Aujourd’hui et après tant d’années de lutte syndicale, les insuffisances se réduisent de plus en plus, même si certaines persistent. Les syndicats autonomes ne sont pas autorisés à prendre part aux réunions tripartites qui regroupent le gouvernement, l’UGTA et le patronat, alors que nous revendiquons que tous les syndicats autonomes puissent être associés aux décisions importantes intéressant les travailleurs. Il y a l’épineuse question de la reconnaissance systématique du syndicat autonome après dépôt du dossier auprès des autorités compétentes avec la réception, en contrepartie, d’un récépissé d’enregistrement, sans avoir besoin d’un agrément et cette situation a duré jusqu’en 2019, année où les choses ont évolué. Nous espérons voir bientôt, toutes les insuffisances comblées en veillant à la stricte application de la loi de 1990.

Qu’en est-il des acquis ?
Les acquis sont nombreux et se consolident de jour en jour. L’expression syndicale est aujourd’hui presque parfaite et la fonction publique est fortement représentée avec un taux de plus de 80% dans les syndicats autonomes qui dépassent aujourd’hui la soixantaine. De grands pas ont été franchis, d’autres restent à faire.

Le mot de la fin ?
Je réitère mon appel à l’application de la loi dans toute sa rigueur et à la protection et l’optimisation des droits de tous les travailleurs où qu’ils se trouvent à travers le territoire national. J’espère que les employés du secteur économique puissent s’intéresser de plus en plus à l’activité syndicale, étant donné qu’il y a toujours un vide enregistré en matière de représentation des travailleurs, en particulier, ceux exerçant au niveau du secteur privé. La lutte est permanente avec de plus en plus d’acquis et de réalisations.
S. G.

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