M. Abderrahmane Benbouzid : "Le nouveau variant n’est pas une source d’inquiétude particulière"

Ph. Louiza M.
Ph. Louiza M.

Le programme de l’UE renforce les professionnels de la santé

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a considéré, vendredi à Alger, que la pandémie de la Covid-19 a mis le monde entier dans un contexte de solidarité internationale, pour contrecarrer son danger et faire face à ses répercussions.

Il relève l’importance de la solidarité entre les pays riches et les pays pauvres, notamment en matière de la vaccination contre le coronavirus. Il mentionne aussi l’acquisition par l’Algérie de matériels de protection, notamment en provenance de Chine, ce qui a permis de stabiliser la situation, a indiqué Benbouzid lors d’une conférence internationale sur le projet «Réponse solidaire européenne à la Covid-19 en Algérie». Il affirme que cette rencontre constitue une opportunité pour mettre en exergue l’expérience locale, notamment après le lancement du projet de coopération avec l’Algérie dans le cadre de la réponse solidaire européenne à la pandémie. Il plaide pour accorder plus d’importance au développement des échanges entre les deux parties et témoigne l’intérêt accordé à la conjugaison de tous les efforts en vue de relever les défis sanitaires à venir. «Le développement de cette coopération permettra des avancées certaines, avec en point de mire, la lutte contre les fléaux qui menacent la santé humaine», a-t-il noté, saluant l’Union européenne pour son appui ce qui démontre l’excellence des relations à renforcer dans le domaine de la santé.
Le ministre rappelle les répercussions de la Covid-19 et précise que le pays a été impacté et continue de l’être même si cela reste en deçà du lourd bilan ayant affecté d’autres nations. «La pandémie a entraîné des conséquences sanitaires, économiques et sociales à des degrés différents dans tous les pays quel que soit leur niveau de développement. Je peux citer la déstabilisation des systèmes de santé y compris des nations les plus avancées, la perturbation des activités des services de santé essentiels de diagnostic, de traitement et de suivi des malades, le risque non négligeable d’une déscolarisation massive, ainsi que la crainte d’une hausse importante de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire», a-t-il énuméré.
«Les leçons à tirer de cette pandémie et les acquis à préserver constitueront certainement un substrat de référence pour toute l’humanité, dont l’objectif sera d’assurer une meilleure organisation et une utilisation rationnelle des moyens dont on dispose, afin que la prise en charge des malades soit optimale et que les retombées sur le vécu des citoyens soient les moins traumatisantes possibles», dit-il. Benbouzid indique que dans le cadre de la Réponse solidaire européenne à cette crise sanitaire mondiale, l’UE a mis en place, dès le mois d’avril 2020, un programme pour financer des actions en réponse à la crise sanitaire de la Covid-19 dont bénéficie l’Algérie. «Ce soutien, s’est-il félicité, vient renforcer les professionnels de la santé en moyens matériels d’investigation ainsi qu’en équipements de protection individuelle. Ces dotations ont été rendues possibles grâce à des acquisitions groupées effectuées par des centrales d’achats proposées par l’Union européenne à travers un partenariat avec le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le Développement qui, par son expertise, a permis l’acquisition des volumes de produits programmés avec les garanties nécessaires», a-t-il expliqué. Soulignant la nécessité de conjuguer les efforts pour faire face à la pandémie au niveau mondial, le ministre insiste sur la solidarité internationale qui constitue un sursaut collectif de l’humanité, permettant un accès équitable des peuples et des nations aux progrès de la science, matérialisé par différentes formes de vaccination. «Nous espérons faire du vaccin contre la Covid-19 un bien public mondial répondant à quatre principes clés, à savoir le partage des données et des résultats de la recherche, la garantie d’un accès équitable pour tous, la garantie d’une production rapide et en masse et enfin la garantie d’un prix juste», a-t-il conclu.

Le variant de la Covid-19  n’est pas une source d’inquiétude

Présent dans une dizaine de pays dont deux cas ont été détectés en Algérie, le variant de la Covid-19 ne représente pas, aux yeux du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière une source d’inquiétude particulière. S’exprimant lors d’un point de presse tenu en marge de la Conférence internationale sur l’expérience algérienne dans la gestion de la crise de la Covid-19, le Professeur Abderrahmane Benbouzid a rappelé que seul le séquençage permet de détecter les nouveaux variants. «Ce n’est pas au hasard qu’on trouve des variants. Il faut séquencer et séquencer pour savoir s’il existe. Cependant, on ne pourra pas connaître son extension dans le pays. Ça démontre que nous sommes vigilant et que nous prenons cette épidémie de manière sérieuse», a-t-il expliqué. Selon lui, le virus change de forme pour s’adapter et la multiplication de la vaccination aurait été un facteur favorable du changement ou de la mutation du virus. «Beaucoup de variants sont soumis à la vaccination. Nous avons pu avoir un vaccin contre le Sars Cov2 et on aura, sinon on améliorera le vaccin contre le nouveau variant», a-t-il rassuré. Interrogé de son côté sur les tests PCR effectués en Algérie, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie a révélé que depuis le début de l’épidémie, et en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un nombre restreint en est soumis au séquençage. «Nous mettons à jour des rapports de la situation qui sont adressés au Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie ainsi qu’aux hautes autorités. Nous sommes actuellement en train de finaliser une mise à jour des rapports de séquence que nous avons trouvé», a expliqué le Docteur Faouzi Derrar qui a fait savoir qu’une fois finalisés, ces rapports seront transmis au Comité scientifique et seront rendus public «dans la transparence la plus totale».

Un budget de 43 millions d’euros accordé par l’UE

De son côté, le représentant du ministère des Affaires étrangères assure que la gestion de la pandémie en Algérie a nécessité la conjugaison des efforts de l’Etat et soutient que les pouvoirs publics n’ont ménagé aucun effort pour circonscrire la maladie et lutter contre ses répercussions, notamment économiques et sociales. M. Meziane révèle que le MAE s’est mobilisé pour soutenir l’effort national par le biais du rapatriement et de l’assistance des concitoyens qui ont été bloqués à l’étranger. Il déclare, à propos du programme de coopération entre l’Algérie et l’UE, que les deux parties ont convenu de concrétiser le projet de Réponse solidaire européenne à la Covid-19 en Algérie. Un budget de 43 millions d’euros a été accordé à Algérie pour l’acquisition d’équipement et de matériel médical, la formation du personnel soignant et la sensibilisation du grand public. L’ambassadeur, chef de la Délégation de l'Union européenne, John O'Rourke, salue la collaboration étroite avec l’Algérie pour endiguer la pandémie et rappelle que l’organisation a pris contact, dès le début du coronavirus, avec les autorités algériennes pour déterminer de quelle manière lui prêter main forte. «Nous avons mis en place une opération qui consiste essentiellement dans l’achat de matériel sanitaire, de protection pour le corps soignant et du matériel de dépistage», a expliqué O'Rourke qui souligne la livraison 400.000 tests antigéniques et de matériels de prise en charge de malades gravement atteints. Pour sa part, la Représentante Résidente du PNUD, Mme Blerta Aliko, rend hommage à l’Algérie pour son engagement dans son approche de multilatéralisme pour appréhender les défis auxquels fait face la communauté internationale. Blerta Aliko insiste sur l’importance de la conférence qui constitue une opportunité de présenter le partenariat entre l’Algérie, l’UE et le PNUD à travers la Réponse solidaire européenne à la Covid-19 en Algérie. «C’est un exemple prometteur d’initiative de coopération internationale et de solidarité entre pays et partenaires pour affronter un problème mondial complexe et inédit. Cette réponse vient apporter un appui ponctuel et ciblé au système de santé algérien, en particulier et aux efforts stratégiques des autorités algériennes dans la lutte acharnée contre la pandémie», a-t-elle noté.
Kamélia Hadjib

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Institut Pasteur
Deux cas du variant britannique découverts

Deux cas du variant britannique du coronavirus (Covid-19) ont été détectés en Algérie, a annoncé jeudi dernier l'Institut Pasteur d’Algérie dans un communiqué. «L’Institut Pasteur d’Algérie a détecté sur des PCR positives, datées du 19 février 2021, deux variants britanniques portant les mutations N501Y et D614G avec délétion des positions 69-79, qui sont des signatures génétiques de ce variant (détecté pour la première fois le 20 septembre 2020 dans la ville de Kent en Grande-Bretagne), a souligné l'Institut sur sa page Facebook. Il a précisé que «ces deux souches mutantes ont été détectées chez un membre du personnel de santé de l’EHS de Psychiatrie de Cheraga (isolé actuellement) et chez un immigré venant de France pour l’enterrement de son père». Selon l'Institut Pasteur, «des alertes ont eu lieu auparavant (notamment au CHU Beni Messous et récemment à l’EPH Zmirli) et dont les résultats de la recherche des quatre variants (de Grande-Bretagne, d’Afrique du Sud, du Brésil et du Japon) ont été négatifs (souche classique)». «Sur le plan épidémiologique, l’Algérie a enregistré ces dernières semaines une certaine stabilité du nombre de cas de contamination par le coronavirus Covid-19», a constaté l'Institut, qui a rappelé que «la grande attention portée aux mesures de distanciation sociale et le port de masque de protection dans le cadre du protocole sanitaire sont les meilleurs garants du maintien de la stabilité enregistrée actuellement».

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