Lutte contre la covid-19, Hôpitaux : Le personnel sous pression

La recrudescence de l’épidémie de coronavirus a provoqué une situation extrêmement éprouvante chez le personnel soignant, qui se trouve actuellement confronté à un flux important de malades atteints par la Covid-19, d’une part, et à une saturation des capacités, d’autre part.

Une situation qui, selon le Pr Tahar Rayane, chef de service néphrologie au CHU d'Hussein-Dey, s’aggrave au vu du nombre important de contaminations enregistré parmi les professionnels de santé.
Le Pr Rayane fait état d’une dizaine de contaminations parmi ses effectifs depuis le début de la pandémie.
Selon le spécialiste, les médecins et les paramédicaux qui reçoivent des malades sont exposés au risque de contamination par le virus.
«Le milieu le plus propice pour la contamination est l’hôpital où il y a un nombre important de personnes atteintes par le coronavirus», a expliqué le néphrologue, précisant que les malades asymptomatiques posent également problème.
Il a relevé l’importance de doter les professionnels de santé de moyens de protection nécessaires pour faire face à une nouvelle vague de l’épidémie marquée par une hausse du nombre de nouveaux cas.
«Le recours aux moyens de protection et leur utilisation va croissant ces derniers temps», a noté le praticien, tout en soulignant la grande charge de travail à laquelle est soumis le personnel soignant depuis plusieurs mois. Ceci a provoqué, dit-il, une baisse de vigilance et le nombre de contaminations augmente de jour en jour, d’où l’importance de multiplier les mesures de protection.
Le Pr Rayane soutient que la nouvelle vague semble plus dangereuse que la première. «Le climat actuellement est différent car il fait froid et les températures sont basses, ce qui favorise la propagation du virus», explique le chef de service de néphrologie au CHU d'Hussein-Dey, ajoutant que les gestes barrières et les mesures de protection ne sont pas convenablement appliqués.
Il précise que la fréquence des atteintes parmi les malades hémodialysés et les transplantés a augmenté, un indicateur qui souligne que la situation est grave.
Le néphrologue précise que le nombre de malades hemodialysés à Alger ne dépasse pas 3000 personnes. Il indique que ce sont des immunodéprimés et que ce genre d’infections pourrait être fatal à ces personnes qui doivent être protégées davantage contre le risque de contamination par le virus.
«Nous avons demandé l’arrêt de la transplantation rénale, car elle n’est pas une urgence vitale et qu’on peut la différer, en attendant que la situation s’améliore», note le spécialiste qui précise que le risque potentiel de contamination chez ces malades est multiplié par 10. Le Pr Rayane relève la nécessité d’effectuer des examens PCR pour l’ensemble du personnel soignant ainsi que les malades dialysés et transplantés qui, selon ses termes, figurent parmi la population à risque.
Il met l’accent sur le respect des mesures de protection et de prévention qui constituent actuellement les seuls moyens de lutte contre la propagation de l’épidémie. «Les citoyens doivent être conscients du danger et doivent ainsi appliquer avec rigueur les consignes sanitaires pour l’intérêt de tout le monde», insiste le praticien. De son côté, le Dr Elias Akhamouk, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie Covid-19 affirme que le nombre de contaminations en milieu hospitalier suit la courbe de contamination générale.
«Le personnel soignant peut être contaminé à l’intérieur de l’hôpital comme il peut être contaminé à l’extérieur, et il est confronté à une pression énorme qui dure depuis 8 mois, d’où la fatigue et la lassitude qui peuvent provoquer une baisse de vigilance», explique le Pr Akhamouk.
Sur la disponibilité des moyens de protection, il fait part de quantités suffisantes aussi bien pour le personnel soignant que pour la population.
«C’est vrai qu’au début de l’épidémie on a été un petit peu bousculé, surtout quand il y a eu beaucoup de cas, mais la situation s’est progressivement améliorée, nous avons acquis beaucoup d’expérience et nous sommes passés par une période d’accalmie où nous avons effectué les réserves permettant de répondre aux besoins exprimés en matière de moyens de protection», souligne le Dr Akhamouk.
Kamelia Hadjib

Sur le même thème

Multimedia