Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement : «Réprimer toute action visant à empêcher les citoyens de voter»

  •  «En tant qu’Exécutif, nous préservons notre neutralité»
  • «90% des demandes d’accréditation pour la presse étrangère ont été accordées»
  • «Le gouvernement est déterminé à recouvrer le moindre centime volé»

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a indiqué, dimanche, qu’il faut réprimer pénalement «avec la manière  la plus sévère toute obstruction et toute action visant à empêcher les citoyens d’exercer un acte aussi fondamental qui est l’acte électoral».

Dans une interview qu’il a accordée au quotidien public francophone Horizons, il a déploré les scènes des urnes saccagées et des bulletins volés lors du référendum constitutionnel. «Tout cela est strictement et gravement condamné par le nouveau dispositif pénal», assure-t-il.
Ceux qui ne croient pas au changement par les urnes ne croient pas au changement par les institutions, ni par le droit ou la Constitution. Ils adoptent un logiciel transitionnel chaotique synonyme d’aventures, de guerres civiles et de chaos.
Interrogé sur l’évaluation du déroulement de la campagne électorale, le ministre a précisé que l’ANIE est le seul maître d’œuvre et que l’acte électoral est du ressort exclusif de cette instance. «Il faut que l’Exécutif soit en retrait de l’acte électoral qui est du seul ressort pour garantir la transparence et l’intégrité du processus. En tant qu’Exécutif, nous préservons notre neutralité», soutient M. Belhimer.
Toutefois, il a assuré que toutes les conditions sont réunies et que «la campagne électorale se tient de manière sereine et apaisée». Il a également relevé qu’il s’agit d’une campagne économiquement proportionnelle aux moyens des candidats se limitant à la seule aide de l’Etat. «On n’est plus dans la logique de la «chkara» et des dépenses excessives comme ce fut le cas dans les rendez-vous électoraux précédents», dit-il.
Dans sa réponse, le ministre a souligné que cette campagne a été marquée par un nouvel élément mettant en avant, le rôle du facteur numérique, notamment les réseaux sociaux et la presse électronique «qui ont notablement participé à la campagne électorale», en plus du volume horaire consacré par la radio et la télévision nationales (radios locales comprises) et l'apport des télévisions privées.
En réponse à une question sur la présence de la presse étrangère et des observateurs internationaux le jour du vote, M. Belhimer a indiqué, que «90% des demandes d'accréditations ont été acceptées». Il a précisé qu’il a eu très peu de cas de rejet. «Trois ou quatre organes exclus parce qu'ils n'ont pas leur place dans notre pays pour avoir soutenu, de manière subversive, certains mouvements interdits». Quant aux observateurs étrangers, il a indiqué que «cette question relève de l'ANIE».

Convocation du corps électoral  en septembre pour les locales

Le ministre a annoncé également «la convocation du corps électoral en septembre prochain pour les locales». Le prochain calendrier est clair. «L’activité législative va reprendre probablement début septembre. Elle va entamer le mandat par les lois organiques qui réorganisent les fondamentaux, notamment la question des libertés. Logiquement, les élections locales constitueront le prochain rendez-vous électoral. La convocation du corps électoral devrait intervenir en septembre prochain», déclare t-il.
A la question des droits de l’homme, M. Belhimer a indiqué, qu’il y a un nouveau chantier de libertés «qui sera engagé et une mise en conformité du régime des libertés et des instruments juridiques de leur mise en œuvre dans le cadre de la nouvelle Constitution. C’est à l’aune de ce chantier qu’on jugera l’état réel des droits de l’homme dans l’Algérie nouvelle», précise-t-il. Concernant la récupération des avoirs mal acquis, le ministre a souligné «la détermination du Gouvernement à aller jusqu’au bout de l’engagement du président de la République, à savoir recouvrer le moindre centime volé au peuple algérien».
Le ministre a défendu son gouvernement : «Nul ne peut dire que dans le gouvernement Djerad il y a eu une évasion fiscale, ou une surfacturation ou des fuites de capitaux. Tout cela relève du passé. Aucun profil d’un membre de ce gouvernement qui soit capable de se prêter à ce genre de pratiques. C’est une équipe de technocrates, des gens compétents et des académiciens et patriotes. Ils ont donné ce qu’ils ont pu et les résultats sont là», estime-t-il.
Par ailleurs, Ammar Belhimer a assuré qu’il n’y a pas eu «une vision tutélaire sur les entreprises publiques d’information». Pour la plupart, ce sont des entreprises publiques économiques. «Elles sont autonomes dans leur gestion et dans leurs lignes éditoriales en dehors du cadre général que constitue le programme du gouvernement. Je préfère personnellement avoir affaire à des partenaires libres qu’avoir affaire à des gens aux ordres», dit-il.
En outre, il a relevé, que «la presse publique est beaucoup plus sensible à un certain nombre de valeurs par rapport à la presse privée. La notion de service public, on l’a retrouvé beaucoup plus dans la presse publique. Les visions des deux presses sont différentes, mais complémentaires». Il a, par ailleurs, estimé que les deux secteurs ont besoin d’organes d’autorégulation. «Pour la presse écrite, il n’y a pas de modèle de régulation. Nous y pensons dans le cadre de la nouvelle loi organique sur la communication», promet-il.

Mémoire, les trois «R» de Belhimer

M. Belhimer a été questionné sur le travail de mémoire avec la France. Il a indiqué que «la question mémorielle est importante et est au centre d'enjeux multiples».
Le ministre a résumé sa réponse à la logique «des trois R», à savoir la responsabilité de la France dans les crimes contre l'humanité commis chez nous, la repentance, qui nécessite des excuses pour les maux commis à l'endroit des populations, la réparation, notamment pour le cas des essais nucléaires dans le Sud, compte tenu du principe du droit international pollueur-payeur et d'un principe de droit français».
Enfin, le ministre de la communication se dit rassuré. «Le peuple algérien est un et indivisible. Ils n’ont aucune chance de toucher à cette unité et à cette intégrité du peuple algérien». A l’occasion, il a rendu hommage à l’ANP. «La particularité de l’Etat algérien consiste dans la cohésion institutionnelle. Il a une armée très forte qui a subi des épreuves récentes, ce qui a forgé l’Etat pour faire face aux menaces qui pèsent sur la région. Ce qui donne d’ailleurs d’autant de responsabilité à l’Etat-nation algérien et à l’Armée nationale populaire».
S’agissant de la pandémie du coronavirus, le ministre a annoncé le lancement à partir d’aujourd’hui, une massification de l’opération de vaccination. «Elle sera opérée dans des stades, dans des écoles et à travers tout le territoire national».
Neila Benrahal

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