le Dr Lyes Merabet : «Dédier le Palais des expositions à la prise en charge des malades»

Transformer le Palais des expositions et les grandes salles omnisports en infrastructures de prise en charge sanitaire au profit des personnes atteintes de la Covid-19 et de celles nécessitant un isolement, telle est la proposition émise par le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP). Dans une déclaration à El Moudjahid, il met l’accent sur «l’impérieuse nécessité» de recourir à cette option qui avait d’ailleurs été suggérée par ce même syndicat, dès le début de la pandémie dans notre pays, en mars et avril derniers.
Le président du SNPSP, qui évoque «une pression continuelle et terrible sur les structures de santé, notamment les établissements hospitaliers actuellement très sollicités», fera savoir qu’on est « en train de fermer des services aux fins de les réorienter en espaces dédiés à la prise en charge des malades du Covid-19» et que «les autres malades nécessitant des soins dans ces structures reconverties sont désormais orientés vers d’autres services». Cela étant dit, poursuit-il, le problème est qu’on est à présent submergé, à telle enseigne que même ces structures de traitement vers lesquelles sont orientés les malades souffrant d’autres pathologies finissent, elles aussi, par être rattrapées par le flux incessant de patients, eu égard à l’évolution rapide de la pandémie. Le Dr Merabet affirme que l’on se trouve actuellement dans une phase où «les services Covid affichent complet. Il en est de même pour les services de réanimation du Grand-Alger, Blida, de Tipasa, de Bejaia et Jijel et à un moindre degré Tizi Ouzou».
Face à cette situation jugée inquiétante, le praticien préconise «l’anticipation, en pensant, dès maintenant, à agir rapidement pour mettre à la disposition des professionnels de santé des structures situées de préférence en dehors des établissements de santé pour ne pas impacter la prise en charge et le suivi d’autres pathologies».

«Le pic attendu en décembre»

Il considère que dans la capitale, par exemple, le Palais des expositions est assez spacieux pour accueillir et prendre en charge le flux de plus en plus important de malades de la Covid-19. Par ailleurs et s’agissant d’une «éventuelle estimation par rapport à la date du pic attendu», notre interlocuteur le situe vers la mi-décembre, à condition que la chaîne de contamination puisse être stoppée dès maintenant par l’application stricte de toutes les recommandations sanitaires. «Il faut sévir», soutient-il, arguant qu’on a eu assez de temps pour les campagnes d’information et de sensibilisation sur ce virus et sur les moyens de s’en prémunir.
«A présent, tout contrevenant doit être sanctionné et la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur. Il y va de la santé des Algériens et de leurs vies aussi. Si l’on respecte l’application stricte et rigoureuse des mesures barrières, la situation épidémiologique finira par se stabiliser.
Certes, cela va aller crescendo d’ici à deux semaines (le temps de voir les symptômes des nouvelles contaminations apparaître), mais cela va se stabiliser vers la mi-décembre, date attendue du pic de cette flambée, avant la diminution de la courbe de nouveau».
Soraya Guemmouri

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