LA Pr Sabrina Nedjai, cheffe de service de microbiologie au CHU d’Annaba : «Nous avons réalisé plus de 9.207 tests»

Entretien réalisé par Boudjemaâ Guetmi

La Pr Sabrina Nedjai a relevé le manque de vigilance de la population et fait le point sur la situation épidémiologique qui Y prévaut actuellement.

El Moudjahid : Quel est le nombre de tests effectués depuis le début de la pandémie ?
Pr Sabrina Nedjai : Depuis le début de la pandémie, nous avons réalisés plus de 6.207 tests virologiques de réaction en chaine par polymérase (PCR) et 3.000 tests sérologiques. Généralement on reçoit les prélèvements qui se font au niveau de différents services hospitaliers. Les prélèvements proviennent principalement de l’établissement public de santé de proximité où il y a un centre dédié à la consultation Covid-19. Ils sont expédiés au laboratoire de l’hôpital Hakim-Dorban.
S’agissant des autres cycles de prélèvements, nous avons plusieurs services hospitaliers relevant du CHU. Il s’agit du service de la médecine interne implanté à l’hôpital Ibn Sina et celui de médecine de travail situé au niveau de la structure de santé Franz-Fanon consacré spécialement au personnel médical et paramédical du CHU pour les besoins de tests PCR. Chez cette catégorie, on enregistre toujours beaucoup de cas positifs. Pour ce qui est du service de la médecine interne, il est destiné à recevoir uniquement les personnes âgées présentant plusieurs pathologies, le diabète notamment. On reçoit également des prélèvements d’enfants fragiles souffrant de plusieurs maladies de la clinique pédiatrique Sainte-Thérése ainsi que de différentes structures de santé.

Est-ce que le laboratoire de l’hôpital Hakim-Dorban est sous tension ?
Il l’a toujours été dans la mesure où depuis l’inauguration de notre laboratoire en avril dernier, nous n’avons jamais cessé de recevoir les prélèvements dont le nombre varie entre 60 à 120 par jour. Concernant le nombre de cas positifs confirmés, il dépasse les 2.500 cas à l’échelle de la wilaya depuis l’apparition de la pandémie.

Peut-on parler d’une deuxième vague ?
Il y a eu une recrudescence grave de cas positifs ces derniers temps. Auparavant, le pic de contamination a été enregistré entre mai et juin derniers où le bilan quotidien faisait état de 75 à 120 cas. Le chiffre a diminué en août et septembre. Et dès le début d’octobre, on assiste à une augmentation considérable de cas positifs. Donc, on pourra dire qu’il s’agit bien d’une deuxième vague. C’est le résultat d’un relâchement et du non-respect de la distanciation physique. Personne ne portait la bavette durant la saison estivale. Et actuellement tous les respirateurs au niveau du service de réanimation médicale affiche complet et on enregistre beaucoup de décès. La situation épidémiologique est très grave. Je lance un appel à la population pour qu’elle fasse attention et faire preuve de vigilance car le virus revient en force. Il s’agit bien de la deuxième vague qui est plus grave que la première. On assiste à une tendance haussière et il y a eu même des décès enregistrés chez les jeunes et les enfants.

Comment faire à cette recrudescence ?
Pour faire face à cette augmentation de cas, j’ai commandé des tests sérologiques pour diminuer la pression sur la demande sur les tests PCR car nous n’avons pas suffisamment de réactifs. J’ai reçu un écho favorable de la part du directeur général. Je préconise les tests PCR pour les personnes âgées présentant des pathologies graves.
B. G.

Sur le même thème

Multimedia