La crise sanitaire menace les transporteurs privés : Appel à une indemnisation et à l’allègement des charges

Le secteur des transports est l'un des plus touchés par les répercussions de la pandémie connaissant de grandes difficultés, en dépit de la reprise de l’activité avec des conditions strictes, dans la réduction du taux de remplissage de 50%. Un ensemble de conditions sanitaires a été également mis en place pour assurer la reprise de l'activité de taxi. Cependant, toutes ces mesures n’ont pas empêché une forte baisse des revenus du transport, où des centaines de transporteurs se sont retrouvés au chômage.
En effet, selon le président de la Fédération nationale des chauffeurs de taxi, Mohamed Benzineb, les mesures prises pour faire face à la pandémie ont causé de lourdes pertes. «Notre activité quotidienne a chuté à 3% et nos revenus à 15%, outre la restriction du transport interwilayas et l'absence de liquidités. Tous cela n’a fait qu’accentuer les difficultés de plus de 150.000 chauffeurs de taxi», dit-il. Le représentant des chauffeurs de taxi rappelle que l’activité de ces derniers a été suspendue plus de quatre mois, de mars à juillet, date de reprise du travail à la condition de limiter le nombre de clients à deux personnes, le port obligatoire du masque, la désinfection du véhicule et la délivrance d'un certificat de sécurité chaque semaine, ce que beaucoup n'ont pas pu respecter et, du coup, ont cessé d’exercer. Avec la persistance de la situation épidémiologique, les chauffeurs de taxi ont demandé aux autorités publiques d'effacer leurs dettes, de revoir les impôts à la baisse et d'assurer les chauffeurs qui n’ont pas d’assurance. Les chauffeurs de taxi réclament également la révision de la loi sur les transports, afin de «rétablir leur dignité», ainsi que la généralisation de l’indemnisation à ceux qui se sont acquittés des cotisations de la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés, 77% n'ayant rien reçu. Pour sa part, le président de la Fédération nationale des transporteurs privés estime que la décision de réduire l’activité de 50% a plongé les transporteurs privés dans une crise majeure depuis plus de 8 mois. Contacté à ce sujet, Abdelkader Boucherit a affirmé que les transporteurs privés travaillaient à perte depuis le début de la crise, suite la suspension de l’activité.
Le même problème se pose pour le transport des marchandises qui a fait l'objet de discussions, lors de la dernière réunion avec le ministère des Transports qui a affirmé que les solutions ne sont pas de sa compétence, car elles s'inscrivent dans un cadre de santé et de sécurité publiques. Les propositions soumises au ministère des Transports concernent l’autorisation de travailler avec une capacité de 80% des voyageurs, au lieu de 50%, en fixant les conditions permettant le retour du transport interwilayas, qu'il s'agisse de bus ou de taxis, et d'autres revendications qui attendent l'aval des autorités. Selon Boucherit, la dégradation de la situation sanitaire dans le pays a entraîné la disparition de certaines lignes, notamment vers la capitale et la banlieue est, ce qui a conduit de nombreux transporteurs à cesser l’activité, car avec le maintien des restrictions sur le transport, les pertes sont devenues importantes, ce qui nécessite, selon lui, des solutions rapides pour les aider et les indemniser pour les pertes qu'ils subissent quotidiennement. Il appelle, à ce titre, à relancer le dossier d’aide financière que le gouvernement avait consacrée pour plus de 80.000 transporteurs dont l’activité était réduite. Salima E.

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