L’heure de vérité

Les candidats des partis politiques et les indépendants ont défendu leurs programmes de campagne jusqu’au dernier jour. Ils devront se plier, le jour «J» à la volonté des électeurs pour occuper les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale.
Selon le bilan de l’ANIE, tout s’est déroulé dans le calme et dans un esprit de concurrence, hormis quelques entorses vénielles.
Les candidats ont exhorté les Algériens à aller voter pour élire leurs représentants à la future APN.
Cette dernière inaugurera la 9e législature qui intervient dans des circonstances exceptionnelles avec la décision du président de la République du 18 février 2021, de dissoudre la chambre basse du Parlement et d'organiser des législatives anticipées, soit une année avant la fin du mandat de cette institution.
Il convient de rappeler également que le chef de l’Etat a affirmé que toutes les garanties constitutionnelles, juridiques et réglementaires sont mises en place dans le but de protéger la volonté populaire et la régularité des élections et ce en concrétisation des dispositions des articles 7 et 8 de la Constitution.
Le vote est indéniablement porteur de nouveautés, dont un changement significatif de l’opération électorale avec l’adoption du mode de scrutin de liste ouverte à la représentation proportionnelle.
Avec une telle liste, les choix des électeurs détermineront qui siégera à l’Assemblée.
Le processus de réformes a concerné aussi le nombre de sièges à pourvoir à l'APN, tout en prenant en considération le nouveau découpage administratif qui a porté le nombre de wilayas à 58.
Ces législatives voient une participation importante de postulants, jeunes pour l’écrasante majorité et diplômés universitaires, à savoir 1.483 listes, dont 646 listes de formations politiques et 837 listes d’indépendants.
Les prochains députés auront un défi à relever : gagner la confiance de la population en redonnant vigueur, consistance et raison d’être à une institution appelée à assumer ses missions constitutionnelles. Des missions qui ne peuvent que converger dans le sens des aspirations de la majorité du peuple et non pas succomber aux oukases d’un clan ou d’une région.
Pour cela, il ne faut pas trop d’imagination. Il faut que l’élu se mette à l’écoute des citoyens, qu’il contribue à l’amélioration de leurs conditions de vie, qu’il soit capable de faire bouger les lignes.
Beaucoup d’Algériens ont pu observer que les députés qui ont eu à siéger précédemment à l’Assemblée, avaient trop facilité la tâche à l’Exécutif, faute d’utiliser le contrepoids réel que leur confère la Constitution, qu’ils avaient, par exemple, souvent renoncé à leurs activités de contrôle et de législation avec la rigueur et le suivi exigés.
Pourtant, le député ou le président d’APC est le pare-choc de l’Etat, l’interface entre le citoyen et le gouvernement, tâche non encore accomplie dans les règles de l’art.
Faut-il répéter aussi qu’ils doivent être intègres pour oublier l’intérêt personnel qui a porté des coups sévères au pays ?
Nous sommes à la croisée des chemins entre la transition vers la démocratie et la persistance d’un système tenace de privilèges.

M. B.

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