Exportation en Libye : Les industriels demandent l’accompagnement de l’état

Le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), M. Abdelwahab Ziani, a exhorté hier, les pouvoirs publics à mettre rapidement en oeuvre des mesures d’accompagnement au bénéfice des opérateurs nationaux intéressés par l’exportation de biens et services vers la Libye. Lors d’une conférence de presse organisée en son siège à Alger, le président de la CIPA a, d’abord, rendu compte de la mission d'évaluation du parcours d’exportation, mission récemment menée, avec ses partenaires (Banque Extérieure d’Algérie et Logitrans) au niveau du passage frontalier de Debdeb, dans la wilaya d’Illizi.
Une mission «réussie», selon Abdelwahab Ziani, qui affiche son optimisme quant au potentiel important que recèle le marché libyen. «Plus que les 3 milliards de dollars annoncés, précise-t-il, nous estimons le potentiel de ce marché, très proche, à plus de dix milliards de dollars». La CIPA a identifié, d’ores et déjà, quelques 2.000 produits locaux qui peuvent être exportés facilement en terre libyenne. «Exporter vers la Libye, par voie terrestre, c’est possible en à peine 4 jours, et en une semaine ce sont 200 à 300 camions qui peuvent transiter par Deb-Deb», promet le président de la CIPA qui dit avoir procédé à une simulation, sous conditions réelles, de l’acte d’exportation. Le syndicat patronal a appelé les autorités à «hâter» la prise de mesures incitatives pour stimuler les échanges avec le partenaire libyen, et au-delà, avec tous les pays frontaliers. Réouverture des passages frontaliers à la libre circulation des marchandises, accompagnement, in situ, des banques, libérer le troc des produits d’origine, création de zones franches, de zones sous douanes, révision du système de compensation des frais de transport de et vers le Sud par le FSPE (Fonds spécial pour la promotion des exportations), la CIPA dresse l’inventaire des demandes des opérateurs nationaux. Le président de la Cipa présentera une batterie de mesures d’accompagnement et d’adaptation (des lois à l’export) à mettre en oeuvre, à «court, moyen et long terme» pour «sécuriser définitivement les lignes» d’exportation et attirer, par la même, les investisseurs des pays voisins. Abdelwahab Ziani invite à sortir du cercle des «mesures dérogatoires» qui doivent être remplacées par des «mesures définitives». «Savez-vous qu'il faudrait une dérogation de la banque d’Algérie pour qu’un importateur libyen puisse verser de l’argent sur le compte devise d’un fournisseur algérien», fait mine d'interroger, Abdelwahab Ziani. «Notre potentiel d’exportation vers l’Afrique dépasse les 30 milliards de dollars», souligne le conférencier.
L’Algérie dispose aussi bien d’une «géo-position extraordinaire», d’un rapport favorable «qualité/prix» sur ses produits, que des moyens (logistiques) et capacité de productions pour conquérir ce marché et soutenir la «concurrence (des puissances) qui ne nous font pas peur».
M. Aziri

 

 

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