Exportation des produits agricoles et troc avec le Sahel, Projets d’investissement : Bénéfiques sur les plans socioéconomique et sécuritaire

- Facturation : Les agriculteurs peuvent utiliser les bons de vente
- Micro-entreprises et industrie : Appui au développement  de l’entrepreneuriat
- Organisations patronales :  Générer des emplois
- L’ambassadeur du Mali, Mahamane Amadou Maiga : «Favoriser les échanges»

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Les ministres participant, mardi à Tamanrasset, à la rencontre nationale sur l’exportation des produits agricoles et le système de troc avec les pays du Sahel ont mis en avant la détermination du gouvernement à prendre en charge les préoccupations des opérateurs économiques, l’objectif étant de lancer des investissements bénéfiques pour les populations des régions du Sud, sur les plans socioéconomique et sécuritaire.

Rehaussée par la participation de plusieurs membres du gouvernement, la rencontre a permis de mettre le doigt sur les problèmes auxquels se heurtent les différents acteurs dans le Sud, à travers des débats ayant porté essentiellement sur les problématiques de la facturation, les points de passage des produits et le transfert de fonds. Les participants ont évoqué les défis auxquels font face les opérateurs économiques, lors de l’exportation, du troc ou de l’investissement dans les wilayas du Sud. Ils plaidant pour des mesures plus audacieuses en vue de la promotion du commerce de troc, du soutien de l’exportation des produits agricoles vers les pays du Sahel et de l’accompagnement des acteurs dans le développement de ce type de commerce, de façon à assurer la sécurité et la stabilité pour les populations de ces régions et à mettre un terme au commerce parallèle sur les frontières. Les intervenants, parmi lesquels des professionnels, des agriculteurs et des éleveurs, ainsi que des commerçants, ont souligné les difficultés et les obstacles qui entravent le développement de cette activité. Ils citent la fermeture des passages frontaliers et l’exigence des autorisations de circulation qui demandent aux opérateurs plus de temps et de déplacements, en sus de la mauvaise situation de certaines routes et de passagers, dont principalement la route nationale No 1, et l’absence des stations ferroviaires capables d’épargner aux opérateurs les coûts de chargement. Ils ont en outre abordé la problématique d’interdiction d’exportation de certains produits très demandés dans les pays voisins du Sahel, appelant à la relance du mode de convois commerciaux en matière d’échange entre ces pays et à la révision des listes des produits autorisés à l’importation. Répondant aux intervenants, les membres du gouvernement ont réitéré la détermination de l’État à accompagner les entreprises et à encourager l’investissement structurant dans les régions Sud, en concrétisation de la stratégie tracée qui vise à diversifier l’économie nationale hors hydrocarbures, et ce en trouvant des solutions aux différents problématiques soulevées à court ou à moyen termes, et qui sont, selon eux, «logiques et objectives». Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdani, a affirmé que son secteur accordait plusieurs facilitations aux investisseurs désirant exercer des activités de production ou de transformation des produits agricoles ou autres connexes dans les wilayas du Sud. Le ministre a évoqué le rôle du portail numérique du secteur et le site électronique de l’Office de développement de l’agriculture saharienne dans l’assouplissement des procédures relatives à la concrétisation de ces investissements. Dans le même contexte, Hemdani a souligné que «la conjoncture économique, politique, sécuritaire et stratégique impose la structuration de l’investissement dans le Sud».

Rien n’empêche l’examen de la décision d’ouverture des passages

Pour sa part, le représentant du ministère de la Défense nationale estime que le traitement de la question des passages, soulevée par les opérateurs, en matière de troc et d’exportation, et les demandes introduites concernant l’ouverture, de manière permanente, des passages frontaliers, relèvent de cas de force majeure, à savoir la crise sanitaire mondiale induite par la propagation de la pandémie Covid-19, ajoutant que cette préoccupation est tributaire de la décision des autorités sanitaires. Selon le même responsable, rien n’empêche l’examen de la décision d’ouverture des passages par la Commission sécuritaire de la wilaya de Tamanrasset et les autorités suprêmes dans le secteur, tout en prenant en considération les effets de la situation sécuritaire dans certains États limitrophes sur cette décision d’ouverture.

Dessertes maritimes avec Nouakchott

De son côté, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé l’organisation, dans les prochains jours, d’une rencontre d’évaluation du commerce de troc, pour rééquilibrer son activité entre l’Algérie et les pays du voisinage. Cela intervient suite à une forte demande sur les dattes à hauteur de 99%, contre 1% pour les 13 produits restants, selon M. Rezig, qui a révélé la préparation d’un arrêté interministériel dans ce sens. «L’objectif de l’interdiction du transport des marchandises introduites dans le pays via les frontières sud vers d’autres régions du pays consiste à faire obligation aux opérateurs de créer des activités économiques dans le sud et à réaliser une valeur ajoutée et de nouveaux postes d’emploi dans la région», a-t-il dit. Dans ce sens, il a révélé le lancement de dessertes maritimes entre Alger et Nouakchott qui permettent de réduire la durée de transport des marchandises (transit time) à cinq jours, et ce à partir du mois d’avril prochain. Il a souligné l’ouverture d’un débat avec le ministère des Finances sur le financement des nouvelles wilayas introduites dans le nouveau découpage administratif.

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Facturation
Les agriculteurs peuvent utiliser les bons de vente

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rurale, Abdelhamid Hamdani, a affirmé que son secteur accordait plusieurs facilitations aux investisseurs désirant exercer des activités de production ou de transformation des produits agricoles ou autres connexes dans les wilayas du Sud. Lors d’une conférence de presse, à l’issue des travaux de la rencontre, M. Hamdani a appelé les opérateurs économiques à exploiter les avantages dont dispose l’État pour investir dans les domaines de la transformation, le refroidissement et le stockage. «Il n’existe aucun empêchement ni une barrière pour ceux qui désirent investir dans le domaine de la production agricole ou la transformation des produits agricoles, étant donné que toutes les facilitations existent, et la rareté du foncier industriel au Sud ne peut être invoquée», a déclaré le ministre. Le ministre a évoqué le rôle du portail numérique du secteur et le site électronique de l’Office de développement de l’agriculture saharienne dans l’assouplissement des procédures relatives à la concrétisation de ces investissements.
Concernant la liste des produits concernés par l’opération de troc, M. Hamdani a précisé que l’arrêté interministériel relatif au commerce de troc du 2 juillet 2020, a fixé un total de 36 produits autorisés à les introduire du Mali et du Niger, mais sans interdire l’entrée d’autres produits. «Il n’y a aucune décision officielle qui interdit l’entrée des produits autres que ceux fixés dans l’arrêté, hormis les dattes», a-t-il dit. Pour des précautions sanitaires, il est impossible de laisser le transfert des produits introduits dans les régions Sud, dans le cadre du troc direct, vers les autres régions du pays, ce qui nécessite la création d’unités de transformation dans les wilayas du Sud, pour valoriser ces produits et créer de nouveaux postes d’emploi, a ajouté le ministre.
À propos de la facturation, le ministre a rappelé que les agriculteurs peuvent utiliser un bon de vente avec remise du reçu et enregistrement du numéro de la carte octroyée par la Chambre nationale d’agriculture.
Pour ce qui est de la distribution de viande rouge à partir des wilayas du sud vers le nord du pays, le ministre de l’Agriculture a indiqué que les autorités ont pris récemment une décision qui autorise cette opération, mais elle nécessite des investissements pour la création des abattoirs et des chambres froides, et le transport avec l’Association des éleveurs.

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Micro-entreprises et industrie
Appui au développement  de l’entrepreneuriat

Le ministre de l’Industrie, Mohamed Bacha, a affirmé que le soutien aux activités d’exportation et de troc avec les pays du Sahel exigeait le renforcement des capacités des sociétés productives activant dans le Sud. «Le secteur de l’Industrie a tracé une nouvelle stratégie à cet effet, en vue d’une exploitation optimale des ressources locales», a indiqué le ministre, dans une allocution à l’occasion de la rencontre.
Le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Micro-entreprises, Nassim Diafat, a annoncé le lancement, samedi prochain, d’une plateforme numérique au profit des micro-entreprises exportatrices.
Cette plateforme numérique vise à soutenir et à accompagner les micro-entreprises désirant exporter, a précisé le ministre, appelant les jeunes entrepreneurs à l’exploiter dans le développement de leurs activités à l’échelle mondial.
Diafat a plaidé pour «la valorisation des efforts de l’État qui a misé, en premier lieu, sur les start-up et les micro-entreprises, en assurant le soutien et l’accompagnement nécessaires».
Le ministre délégué a évoqué la stratégie nationale élaborée dans le cadre de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat, comportant l’orientation du financement, avant tout, aux activités de transformation et des industries alimentaires à 80% de l’ensemble des opérateurs.

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Organisations patronales
Générer des emplois

La présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes, Saïda Neghza, a affirmé que cette rencontre traduit la détermination des pouvoirs publics, sur orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à œuvrer au développement des régions du Sud. Cette approche permettra d’offrir aux jeunes, de multiples perspectives d’emplois, à travers le soutien à l’activité économique hors hydrocarbures, a-t-elle estimé. Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen, Mohamed Sami Agli, a affirmé que le développement du commerce de troc et de l’exportation n’est qu’un retour de l’Algérie dans sa sphère naturelle. L’ouverture d’usines dans le Sud et la création d’une chaîne d’opérateurs économiques sont à même de donner une impulsion à la dynamique économique et de générer de nombreux emplois, a-t-il ajouté. Le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens, Abdelwahab Ziani, a mis en avant la nécessité de l’orientation des entreprises pour consolider le partenariat et organiser la production industrielle destinée à l’exportation. Les échanges peuvent dépasser le volume annuel de 5 milliards de dollars d’exportations, a estimé Ziani.

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L’ambassadeur du Mali, Mahamane Amadou Maiga
«Favoriser les échanges»

L’ambassadeur du Mali en Algérie, Mahamane Amadou Maiga, a affirmé que les pays du Sahel étaient unis par un contexte géographique et historique commun qui les oblige à s’orienter vers le renforcement de la coopération et des échanges. L’ambassadeur a invité les ministres à renforcer les efforts de coordination avec le reste des pays de la région, pour accompagner les opérateurs économiques, en imposant leurs produits sur les différents marchés de la région. L’ambassadeur a qualifié cette rencontre de prolongement des efforts de coopération bilatérale entre l’Algérie et le Mali, qui s’est également concrétisée par la mise en place d’un conseil d’affaires algéro-malien, le 25 mars.

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