Environnement : 155 projets pour la lutte contre le changement climatique

Ph. Louiza M.
Ph. Louiza M.

La ministre de l'Environnement, Dalila Boudjemaâ, a souligné, lundi, l’importance de la mise en place d’un système national de lutte contre les gaz à effet de serre et d'un système national MRV (mesure, reporting et vérification).

S’exprimant, à l’ouverture des travaux de la réunion du comité national climat, au siège du ministère, Mme Boudjemaâ a indiqué que ces systèmes constituent les deux éléments clés des arrangements institutionnels permettant de répondre à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à l'Accord de Paris et à la mise en œuvre de la stratégie nationale des changements climatiques. La ministre a salué les efforts consentis par le Comité National Climat qui est l'organe suprême de toutes les questions liées aux changements climatiques en Algérie. «Je vous remercie pour tous les efforts consentis pour l'élaboration de la contribution déterminée au niveau nationale, du plan national climat et de la troisième communication nationale, ainsi que le premier rapport biennal actualisé de l’Algérie en cours de réalisation en ce moment», a-t-elle dit. L'objectif de la réunion consiste en l'examen des trois dossiers suivis par la direction des changements climatiques : l’examen de la contribution déterminée au niveau national, état des lieux et perspectives, l’analyse du niveau de la mise en œuvre du plan national climat adopté le 21 septembre 2019 et de l'état d'avancement de l'élaboration de la troisième communication nationale et du premier rapport biennal actualisé de l'Algérie. «Les décisions retenues nous permettront de baliser notre parcours, éventuellement de corriger notre trajectoire, tout en identifiant les barrières et les moyens à mettre en œuvre». «Il s’agira d'assurer d'abord l'intégration des changements climatiques à différentes échelles au sein des institutions et de favoriser la coopération intersectorielle». La ministre a précisé que cette réunion coïncide avec de nombreux sursauts du dossier des changements climatiques au niveau mondial, comme les préparatifs de la prochaine COP à Glasgow et l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris en janvier 2021. Elle dit que «le compte à rebours a commencé pour la mise en œuvre des CDN des pays et notre pays aussi», rappelant l’engagement de l’Algérie à réduire d’ici 2030 les émissions nationales de gaz à effet de serre de 7% et jusqu'à 22% dans le cas où elle bénéficie d'un accompagnement financier, technologique et du renforcement de capacités. Mme Boudjemaâ a indiqué que le PNC, qui constitue le premier outil pour la mise en œuvre de la CPDN de l'Algérie, nécessite un suivi et une évaluation régulière pour sa mise à jour et son renforcement. Elle a, à ce propos, mis l’accent sur le rôle crucial que joue le comité national climat composé des représentants de 18 départements ministériels dans la conduite et le suivi de tous chantiers ouverts et compte tenu des futures échéances de l'agenda international. Selon la ministre, les expériences acquises lors des exercices d'élaboration de la CDN et du PNC vont servir à mener à bien ces projets et à tenir les engagements de notre pays au niveau international. De son côté, Nassim Gaouaoui, directeur général chargé des relations multilatérales au ministère des Affaires étrangères, a souligné l’intérêt de la réunion qui vise une meilleure compréhension des obligations incombant à l’Algérie, en vertu de l’accord de Paris sur le climat, et de prendre les mesures qui s’imposent pour les satisfaire. L’accord s’articule autour de deux aspects, à savoir l’action pour le climat et la reddition des comptes. Si l’action pour le climat se résume aux contributions déterminées au niveau national qui repose essentiellement sur l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, la reddition des comptes renvoie quant à elle à la soumission de rapports de transparence. Il s’agit de refléter le degré d’engagement ayant trait à la lutte contre les changements climatiques et leurs impacts négatifs. Rappelant les engagements de l’Algérie de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il dit que le plan national climat vise à faciliter la réalisation de cet objectif.

Mettre en œuvre le plan sur le climat

Il estime que le plan «nécessite une actualisation pour déterminer la part que doit supporter chaque secteur dans la réalisation de l’Objectif national et de mettre en place un dispositif d’évaluation pour chacune des actions envisagées dans ce cadre». Il est indispensable d’estimer les potentialités de chaque secteur en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, afin de permettre de mesurer les possibilités réelles de l’Algérie et de mettre en valeur les actions déjà engagées dans le cadre de certaines plans sectoriels».
Citant, à titre d’exemple, le plan national de reboisement, qui constitue une niche d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre appréciable, il met en exergue d’autres actions menées par les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture faisant la promotion des énergies renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique. Pour sa part, Fazia Dahlab, directrice des changements climatiques au ministère de l'Environnement, dit que le plan national climat, adopté en septembre 2019, comporte 155 projets proposés par 18 départements ministériels. «Parmi les 155 projets proposés, 76 projets concernent l’atténuation des gaz à effet de serre, 63 autres l’augmentation de la résilience du pays face au changement climatique et 16 projets relatifs à des propositions en matière de renforcement des capacités techniques des secteurs concernés par ces changements climatiques».
L’intervenante a indiqué que la lutte contre le changement climatique ne concerne pas uniquement le ministère de l’Environnement.
Kamelia Hadjib

Sur le même thème

Multimedia