Elections législatives, édification de nouvelles institutions : Le rôle des citoyens est primordial

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L’analyste politique, Mustapha Haddam, affirme que les prochaines élections législatives constituent un moyen efficace pour aller vers le changement tant réclamé par les Algériens : ce scrutin n’est cependant pas une fin en soi, mais un jalon dans la refondation des institutions du pays.
Il considère que l’un des problèmes fondamentaux dans la gouvernance de notre pays est celui de la crédibilité et de la légitimité des institutions, outre la confiance entre les gouvernants et les citoyens. «Cela pose un sérieux problème. Maintenant, y a-t-il un autre moyen démocratique pour refonder les instituions et apporter un changement dans le mode de gouvernance ? Je ne le crois pas. Toutes les tentatives de changement par la rue faites dans les pays de notre ère démocratique ou de notre ère culturelle ont, malheureusement, abouti à des situations de crise extrêmement graves, menaçant non seulement les institutions mais aussi l’existence même de ces pays». Citant l’exemple de la Libye, il explique que le problème de ce pays a été exposé dans plusieurs capitales du monde pour enfin aboutir à un gouvernement chargé de tenir des élections selon les standards internationaux. «En Algérie, enchaîne-t-il, nous avons la chance de pouvoir faire des élections dans un climat de calme. On ne peut pas prétendre travailler pour la démocratie et opter pour un changement démocratique en refusant en même temps la tenue des élections qui restent pour moi la seule solution et l’unique moyen démocratique pour le changement». Interrogé sur les contours de la prochaine Assemblée populaire nationale, la réponse du politologue est sans équivoque. «Une institution, son efficience et son efficacité dépendent de sa légitimité. Les élections ne sont transparentes que lorsque le peuple le décide et que les citoyens participent massivement au scrutin et, surtout, veillent à ce que leurs voix ne soient pas détournées. L’autre condition est que les électeurs n’acceptent pas de vendre leur voix. Mais tant qu’il y aura des gens prêts à vendre leurs voix, il y aura ceux qui vont les acheter». Selon Mustapha Haddam, la moralisation de la vie politique ne se limite pas uniquement à éloigner l’argent sale des élections. Il affirme que le Parlement légifère, contrôle sur le gouvernement et peut enquêter sur les problèmes sociaux des citoyens. «Il appartient à présent aux électeurs d’assumer leurs rôles. Il faut choisir des personnes capables de porter des projets de société et les aspirations du peuple. Le rôle des citoyens est primordial, dit-il.
Mohamed Mendaci

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