Elections législatives, Candidats indépendants : Consolider la notion de représentativité

  • Elections législatives, Candidats indépendants :  Consolider la notion de représentativité
  • Mouvement El-Islah  : Prôner un discours responsable
  • TAJ  : Un programme réaliste
  • FJD  : En lice dans 51 circonscriptions

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Elections législatives, Candidats indépendants :
Consolider la notion de représentativité

Le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a fait état de 837 listes indépendantes et de 646 listes de partis politiques engagées dans les prochaines législatives sur un total de 1.483 listes validées sans réserve. Quelle sera la composition de la prochaine APN ? Telle est la question qui surgit, eu égard au nombre élevé de listes indépendantes.

Pour le chercheur Yacine Goutal, l'engouement pour des candidatures non affiliées aux partis politiques s'explique plus ou moins par l’impact produit par une certaine culture et pratique centraliste qui a «perverti la notion de représentativité» depuis l'ouverture démocratique. «La démocratie implique la participation des citoyens au choix de leurs représentants, à l’implication dans la conception des programmes et politiques publiques, ainsi qu'à leur mise en œuvre et à leur évaluation. Or, les représentants, qui par le passé se recrutaient au sein des formations politiques, avaient tendance à saper ce fondement on ne peut plus inhérent à la culture participative et à ne pas respecter cette obligation de rendre compte à leurs électeurs ; le changement démocratique est un long processus qui met en jeu une pluralité d'acteurs, différents contextes et différents orientations», dit-il.
Le politologue souligne que parmi les changements qui commencent à être visibles, figure la réémergence de la société civile longtemps confinée à la marge de la politique, sous prétexte que ses acteurs n'avaient pas les aptitudes nécessaires pour faire leur entrée dans le champ des luttes politiques.
Sans vouloir verser dans le «psychologisme politique», il observe que les citoyens et les candidats indépendants ont été motivés par une certaine attitude marquée, notamment par le sentiment de défiance envers les représentants des partis politiques, qu'ils considèrent comme «irresponsables» par rapport à leurs engagements vis-à-vis de leurs électeurs. «Plusieurs élus, à l'image de leurs partis, ont changé de cap, d'une responsabilité représentative à une position politique à la périphérie du pouvoir et à l'allégeance et la soumission», regrette Goutal, qui précise que «dans le choix de leurs représentants, les électeurs privilégient l’intérêt de leur communauté à celui des intérêts individuels. C'est dans ce sillage que les élus doivent rendre compte à la communauté qu'ils représentent, car souvent les blocages politiques et le manque de confiance ou la rupture entre les gouvernants et gouvernés naissent de l'insouciance des élus et du sentiment de trahison qu'ont les électeurs de l'autre». Le chercheur exprime son souhait de voir la société civile et les indépendants se hisser au rang d'acteurs politiques «capables de se constituer en force de proposition», dans l'objectif de «rétablir la confiance» des Algériens avec leurs gouvernants et aider les institutions à nouer avec eux des relations fructueuses, pour la stabilité du pays. «La stabilité politique est considérée comme facteur déterminant pour rehausser la qualité de l'activisme, des discours politiques et des modes de gestion des affaires publiques».
Tahar Kaidi

Mouvement El-Islah
Prôner un discours responsable

Le président du mouvement El-Islah, Filali Ghouini, a indiqué, hier à Alger, que sa formation politique adoptera, lors de la campagne électorale des législatives du 12 juin prochain, un discours «réaliste et responsable», pour expliquer son programme qui prévoit des propositions «applicables sur le terrain». «Le mouvement El-Islah mènera la campagne électorale, qui débutera lundi prochain à travers le territoire national, sous le slogan «L'Algérie nouvelle, ensemble nous la bâtissons et tous nous la protégeons», en adoptant un discours réaliste et responsable afin d'expliquer le programme électoral qui prévoit des propositions socioéconomiques applicables sur le terrain», a précisé M. Ghouini, lors d'une conférence de presse. À ce propos, il a précisé que la campagne électorale de son parti sera lancée depuis la wilaya d'Aïn Defla, le premier jour et clôturée dans les wilayas du Centre (Blida, Tipasa et Alger). Soulignant que le mouvement El-Islah «entrera en lice avec 43 listes de wilaya comptant 470 candidats et une seule liste à l'étranger», M. Ghouini a exhorté la classe politique à prôner, lors de cette campagne, «un discours politique unificateur valorisant les réalisations et traitant les insuffisances en vue de l'édification d'un État de droit et des institutions légitimes». Pour le président d’El-Islah, l'intérêt populaire pour les prochaines législatives «augmente de plus en plus, depuis la collecte des signatures», voulant pour preuve «la hausse du nombre des partis politiques et listes indépendantes en lice».
«Les appels à une période de transition ne sont pas les bienvenus, et c'est là, la position de la majorité de la classe politique, attachée au processus constitutionnel», a-t-il affirmé, estimant que les prochaines législatives «donneront lieu à un Parlement représentatif qui se réfère à la volonté populaire». Par ailleurs, le président du mouvement El-Islah a appelé l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) à «veiller à la mise en place de tous les mécanismes à même de permettre au citoyen de faire un choix libre et régulier», révélant que son parti «est ouvert à des alliances avec les partis qui partagent sa conviction en vue d'opérer le changement et de parachever les chantiers de l'Algérie nouvelle».
S'agissant de l'actualité internationale, le mouvement El-Islah a réaffirmé, par la voix de son président, «sa condamnation de la campagne sauvage de l'occupant sioniste à l'encontre du peuple palestinien», saluant «la position officielle de l'Algérie en faveur des causes justes de par le monde, en tête desquelles la question palestinienne, une position maintes fois réaffirmée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune», a-t-il conclu.

TAJ
Un programme réaliste

La présidente du parti Tajamou’e Amal Jazaïr (TAJ), Fatma-Zohra Zerouati, a affirmé, hier à Alger, que sa formation politique se lancera dans la campagne électorale des législatives du 12 juin prochain, avec un programme «réaliste» qui répond aux exigences de la conjoncture. En prévision de la campagne électorale qui débutera lundi prochain, le parti TAJ sera en lice dans 55 wilayas et quatre circonscriptions pour la communauté algérienne à l'étranger, avec un programme «réaliste répondant aux aspirations actuelles», a déclaré Mme Zerouati, lors d'une rencontre d'orientation avec les candidats des wilayas du Centre.
Appelant les citoyens à la participation à ces élections «en rupture avec l'abstentionisme», la présidente de TAJ a exhorté les formations politiques à «bannir les surenchères et les pratiques du passé», soulignant «l'impérative implication de tout un chacun à la cristallisation d'une véritable solution à l'Algérie par les moyens démocratiques». «La classe politique est face à un défi historique, à la lumière des tractations et du Hirak que vit le pays», a-t-elle estimé, rappelant que l'objectif principal était d'opérer un changement, «à travers la restauration de l'autorité des institutions et le respect de l'éthique politique en adéquation avec les ambitions des jeunes, de l'élite et des autres catégories». Évoquant «la charte d'engagement du candidat» élaborée par le parti, Mme Zerouati a fait savoir que «le candidat signe un engagement de respect des 10 dispositions qu'elle prévoit, affirmant qu'il s'agit de règles «engageant non seulement le candidat, mais tout le parti vis-à-vis du citoyen». Sur le plan international, la présidente de TAJ a condamné «la barbarie» dont fait objet le peuple palestinien, la qualifiant de «crime» au su et au vu des institutions internationales, notamment le Conseil de sécurité, les organisations des droits de l'homme, ainsi que la Ligue arabe qui observe le silence, appelant cette dernière à mettre de côté les différends afin de constituer «un fort appui à cette cause fondamentale». Dans ce sillage, elle a salué les positions officielles de l'Algérie en faveur des causes justes de par le monde, en tête desquelles la cause palestinienne, «une position inaliénable pour une question imprescriptible», a-t-elle ajouté.

FJD
En lice dans 51 circonscriptions

Le Front de la Justice et du Développement (FJD) sera, lors des prochaines législatives, en lice dans 51 circonscriptions électorales, dont deux à l'étranger, a indiqué, hier à Alger, son président Abdallah Djaballah.
Lors d'une rencontre nationale avec les candidats de sa formation politique, M. Djaballah a fait savoir que «le FJD participera aux prochaines législatives au niveau de 51 circonscriptions, dont deux à l'étranger». Dans le cadre de ses orientations aux candidats du partis, le président du FJD a focalisé sur «l'impératif de gagner la confiance du citoyen et d'œuvrer à la représentation réelle du peuple, à la connaissance de ses problèmes et à la transmission de ses préoccupations, afin de parvenir, autant que possible, à la concrétisation de ses ambitions légitimes». À ce propos, il a mis en avant l'importance de «s'acquitter des missions parlementaires en conformité avec les fondamentaux du parti», notamment en ce qui concerne «le contrôle de l'action du gouvernement, le débat des projets proposés et le recours au principe de la Choura pour la prise de décision relative au vote des projets de loi».
Affirmant que le FJD œuvrait pour le changement à travers l'action politique officielle et publique, M. Djaballah a mis en avant l'ambition d'accéder au pouvoir par la voie des urnes et la confiance du citoyen, afin de mettre en œuvre les principes du parti visant à «protéger les composantes de la Oumma et engager une réforme politique globale».
S'agissant de la composante des candidats de sa formation politique, le président du FJD a fait savoir que «65% sont des jeunes et plus de 80% ont un niveau universitaire».
Au volet international, M. Djaballah a réaffirmé le principe de soutien au peuple palestinien frère, qualifiant ce soutien de «devoir sacré, partant du principe que la cause palestinienne est, d'abord, une question islamique et arabe».

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