Elections législatives, Anie : Séparer l'argent de la politique

De l'examen des dossiers de candidature pour les prochaines législatives par l'Autorité indépendante (Anie), il ressort, selon des sources fiables, une décision de rejet de tous les prétendants à la députation ayant des liens avec l'argent douteux.
«L’Anie veille à consacrer concrètement le principe de la séparation de l'argent de la politique et bannit de la compétition électorale toute influence du milieu des affaires», avait soutenu son président, Mohamed Charfi, lors de sa dernière conférence de presse.
Il a expliqué à ce propos que l'un des paramètres retenu dans l’examen des dossiers de candidatures réceptionnés repose sur la vérification des arrêts et jugements rendus par les cours et tribunaux. Il en résulte d’ores et déjà, indique-t-on, l'élimination de la course pour le prochain rendez-vous électoral de plusieurs entrepreneurs suspectés de lien avec la corruption et dont le nom a été cité lors du traitement des affaires par la justice. Idem pour les hommes d'affaires incriminés pour fraude fiscale ou encore ceux qui ont bénéficié de crédits bancaires non remboursés. Les concernés à qui l'Anie a signifié un rejet de leurs dossiers de candidature sont originaires de plusieurs wilayas, affirme-t-on de même source.
Le rejet de dossiers de candidature par l’Anie s'inscrit en conformité avec les dispositions de l'article 200 de l'ordonnance de mars 2021 relative au régime électoral.
L’article précise clairement que sont exclus de la candidature tous ceux qui sont connus pour avoir eu des liens avec l'argent douteux et pour une influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales.
Condition indispensable pour la moralisation de la vie politique, la séparation de l'argent de la politique a constitué cet engagement phare du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, mis en œuvre dans le cadre du processus de renouveau institutionnel en cours, en vue de garantir l'émergence d'institutions élues reflétant réellement la volonté populaire. L'engagement en question conforte en outre l'objectif de promotion de nouvelles normes électorales transparentes, en rupture radicale avec les mauvaises pratiques du passé. C'est aussi dans cette même optique que le système des quotas a cédé la place au principe d'égalité des chances entre les candidats sur des bases de compétence, d'expérience, de probité. Sur un autre volet, et pendant que l'Anie poursuit son examen des listes de candidatures dont le nombre est de 2.400 après expiration des délais de dépôt des dossiers, l'intégrité de la prochaine échéance électorale a été réaffirmée.
Dans son message du 1er Mai, le chef de l'État a en effet assuré de «la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour permettre aux électeurs d'accomplir leur devoir dans un climat de tranquillité et de confiance en l'avenir». «Les législatives du 12 juin sont un rendez-vous qui se veut un enjeu vital que relèvera le peuple algérien avec sa volonté libre et souveraine en vue de bâtir des institutions fortes et crédibles», a affirmé le Président Abdelmadjid Tebboune.
Karim Aoudia

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