Elections législatives, ANIE : Renforcer les outils de transparence

  • Dépôt des dossiers  de candidature  : Le délai expire aujourd’hui
  • SIDI Bel-Abbès : 30 listes déposées
  • Partis : Les critères d’élaboration des listes
  • Communication en politique : Une démarche responsable

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Pour l’organisation des législatives du 12 juin, l’Autorité indépendante des élections (Anie) innove, avec l’exploitation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et la création de plateformes numériques pour la gestion des différentes étapes du processus électoral.

C’est le cas pour ce qui est de l’opération d’inscription des encadreurs, dont le nombre à mobiliser le jour du scrutin dans la totalité des bureaux et des centres du vote pourrait atteindre 60.000. À cet effet, l’ensemble des délégations de l’Anie réparties à travers le pays ont mis en place un système d’inscription via le net, lequel est facilement accessible aux citoyens désirant participer à l’encadrement de l’élection. Ils peuvent encore solliciter l’adresse «https://services.ina-elections.dz/hofad_amana», pour accéder notamment aux formulaires d’inscription. Une fois l’opération validée par les services de l’Autorité, ceux qui sont retenus se verront attribuer un code personnel accompagné d’autres précisions concernant leur affectation, pour encadrer l’opération du vote dans le bureau ou centre le plus proche du lieu de résidence. Cette opération sera clôturée le 7 mai, comme le prévoit le calendrier électoral de l’Anie ayant d’ailleurs retenu cette même échéance comme date limite pour la publication des listes des encadreurs sélectionnés à travers le pays. Ce procédé d’inscription en ligne, s’il conforte le principe de transparence et de neutralité, permet aussi un gain de temps et offre de surcroît une meilleure célérité dans la conduite du processus électoral. La maîtrise des technologies a été, pour rappel, certifiée par le président de l’Anie, Mohamed Charfi, à l’occasion de l’opération de révision exceptionnelle des listes électorales en prévision des législatives. «L’inscription de nombreux citoyens en ligne sur les listes électorales lors de la dernière révision exceptionnelle dénote la maîtrise des nouvelles technologies», avait-il en effet soutenu, mettant l’accent sur l’option du vote électronique qui n’est pas à écarter à l’avenir. L’opération de révision des listes électorales avait assaini le fichier électoral à plus de 24 millions d’électeurs qui sont invités à choisir librement en toute transparence leurs représentants à la prochaine Assemblée populaire nationale. La proclamation des résultats du vote dans le respect absolu de la volonté populaire est au cœur des objectifs de l’Anie pour le prochain scrutin. «C’est l’une des conditions élémentaires pour la consolidation du socle de l’État de droit», pour paraphraser la vision de son président Mohamed Charfi. Une vision où il est également question de la promotion de la culture électorale, soit la réconciliation du citoyen avec l’acte de vote dans un esprit de moralisation de la vie politique et de rupture radicale avec les pratiques du passé. L’Anie est dotée, à ce titre, d’un observatoire, où sont centrées les réflexions et les propositions à faire valoir en la matière, dont la gestion est confiée à M. Amara Moussa, un des proches collaborateurs de Mohamed Charfi. Autre structure non moins importante dont dispose l’Autorité, une commission indépendante de contrôle du financement des comptes de la campagne électorale installée fin mars dernier. Qualifiée d’acquis important pour s’assurer de la régularité et de la crédibilité du scrutin, cette commission obéit principalement à l’idée d’accentuer la lutte contre l’influence de l’argent, quelle que soit son origine, sur le processus électoral, et de barrer ainsi la route à toute tentative d’achat de voix. Dans un communiqué rendu public le 30 mars dernier, l’Anie a clairement signifié que seront écartés de la compétition pour les législatives, tous les postulants notoirement connus pour leurs liens avec l’argent douteux où issus des milieux de l’affairisme.
Karim Aoudia

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Dépôt des dossiers  de candidature
Le délai expire aujourd’hui

Le délai de dépôt des dossiers de candidature aux législatives du 12 juin expire aujourd’hui à minuit, conformément à l’ordonnance signée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, modifiant et complétant la loi organique relative au régime électoral. Initialement prévu le jeudi 22 avril, le délai de dépôt des dossiers de candidature a été prorogé de cinq jours, à la demande de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et après consultation du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel et avis du Conseil des ministres.

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SIDI BEL-ABBèS
30 listes déposées

À Sidi Bel-Abbès, l’Anie a enregistré la réception de 30 dossiers de partis et d’indépendants. Des ingénieurs, des médecins, des pharmaciens, des informaticiens et des juristes sont sur ces listes. Le travail de proximité pour la sensibilisation au rendez-vous électoral se poursuit au gré des rencontres avec les citoyens, lors des soirées ramadhanesques. La société civile et les jeunes sont conscients des enjeux du renouvellement de l’APN. Sidi Bel-Abbès dispose désormais de six sièges, au lieu de huit auparavant.
A. B.

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Partis
Les critères d’élaboration des listes

Les critères fixés par les formations politiques pour se présenter sur les listes électorales des législatives du 12 juin prochain sont, entre autres, la compétence, l’intégrité, la crédibilité, mais surtout le fait d'être loin de tout soupçon de corruption.
Les partis, qui assurent avoir été sollicités par des prétendants qui ne sont pas militants, soulignent la nécessité pour ces derniers d'être fermes dans leurs positions, de respecter les règles de l'action politique et d'éviter les dépassements dans l'exercice de leurs missions au sein de l'institution parlementaire.
Contacté à ce sujet, le chargé de l'information du FLN réitère la détermination du parti à présenter des listes qui répondent aux aspirations des militants et qui suscitent la satisfaction du peuple algérien. «Les conditions que nous avons fixées sont énumérées dans une instruction élaborée par le bureau politique et adressée à la base.
«Il y a un aspect lié à la moralité publique, où le candidat doit être connu pour son intégrité, sa crédibilité, avoir une bonne réputation, loin de tout soupçon de corruption, outre les critères de militantisme, d'être imprégné des valeurs du parti et être inébranlable dans ses positions», explique Mohamed Amari, qui relève également que le FLN a connu une forte affluence de candidats. «De nombreuses compétences, notamment parmi les jeunes, sont présentes sur nos listes, y compris celles ne militant pas au sein du parti. Ils ont constaté un nouveau discours politique plus proche du peuple», se félicite-t-il.
De son côté, l'ancien parlementaire et cadre du Front pour la justice et le développement (FJD), Lakhdar Benkhellaf, insiste sur l'intégrité et la droiture des candidats, qui demeurent les plus importants critères fixés par sa formation.
«C'est également une obligation légale, celui qui veut se présenter ne doit pas avoir de lien avec l'argent et les personnes corrompues. Nous sommes ouverts à toutes les franges de la société et à tous ceux qui apportent un plus au parti et remplissent les conditions légales, ainsi que celles que nous avons fixées pour la candidature», déclare-t-il à El Moudjahid, affirmant que le FJD a insisté sur la composante féminine et les universitaires.
Pour sa part, Ahmed Sadouk, cadre au Mouvement de la société pour la paix (MSP), révèle que les conditions fixées par sa formation portent essentiellement sur la nécessité de jouir d’une crédibilité reconnue et d’une bonne réputation au sein de son entourage.
«Ils ne doivent pas avoir un lien avec la corruption, sans oublier le fait d’être compétents et d’avoir une certaine expérience et le niveau d'instruction requis», dit-il.
Le MSP aspire également à ouvrir les portes à tous ceux qui remplissent les conditions du parti, notamment le respect de la ligne du mouvement, en signant la charte des élus dans laquelle ils s'engagent à ouvrir une permanence dans sa wilaya afin d'être proche des citoyens et à présenter un rapport annuel sur l’activité à l’APN.
Salima Ettouahria

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Communication en politique
Une démarche responsable

Les responsables de partis politiques évoquent l’objectif stratégique de la consécration de la volonté du peuple et la satisfaction de toutes ses revendications. Les présidents des partis soulignent aussi que l’édification des institutions d’un État démocratique et de droit nécessitent la participation du peuple. Les discours des formations en lice pour les législatives de 12 juin prochain insistent sur une bonne préparation de la campagne électorale. Selami Saidani, enseignant à l’université de M’sila, et chercheur spécialisé dans la communication publique, estime que «l’Algérie est actuellement en plein chantier constitutionnel, pour la refondation de ses institutions, et doit impérativement pouvoir ouvrir un autre chantier de réflexion sur les discours électoraux, les stratégies de campagne, ainsi que la performance médiatiques des acteurs de la vie politique».
Pour le chercheur, «la communication politique des candidats est défaillante, car les messages proposés ne passent pas ou sont mal compris, à cause de l’effet de plusieurs facteurs, dont l’élocution», pour certains acteurs politiques. Selami Saidani attribue l’éloignement des citoyens de la chose politique à l’absence de stratégie de communication qui fait que certains leaders politiques ou chefs de parti ou candidats «n’ont pas su prendre la meilleure voie, l’outil communicationnel approprié pour faire passer leurs messages».
Estimant que tous les citoyens ne disposent pas de la même grille d’interprétation des discours politiques et de l’actualité elle-même, le spécialiste note que certains hommes politiques n’approfondissent pas le traitement des sujets traités. Pour lui, certains d’entre eux ont troqué le combat épineux des idées et des projets de société contre celui de la visibilité sur les réseaux sociaux. Même s’il reste prudent par rapport à tout jugement, le chercheur fait savoir que des signes avant-coureurs indiquent que la prochaine campagne électorale se révèlera moins une bataille de discours politiques qu’une bataille d’ethos et d’image de soi.
Observant que les pages officielles des partis politiques et candidats pour les prochaines échéances sont devenus des «scènes pour accroître la visibilité virtuelle», le chercheur n’y voit aucun effort pour «élever le niveau de débat public et l’échange des idées», d’autant plus que «les réseaux sociaux ont facilité la prolifération de tous types de discours de haine et de racisme». L’universitaire souhaite voir, avant le début de la campagne pour les législatives, un minimum de consensus entre les partis et candidats en lice, pour éviter les dérives verbales, insultes et autres dépassements, et ainsi de sortir «des pièges d’une propagande politique stérile pour une communication sociale politiquement responsable».
Tahar Kaidi

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