Conseil de la Nation, éducation, habitat, agriculture, industrie : quatre ministres à la tribune

Photos Y. Cheurfi
Photos Y. Cheurfi

Le Conseil de la nation a abrité, jeudi dernier, une séance plénière sous la présidence de Salah Goudjil, consacrée aux questions orales à plusieurs membres du gouvernement concernant leurs secteurs respectifs.

Education nationale 
Retour au concours de recrutement pour les enseignants

Le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a, dans son intervention, annoncé le retour au concours de recrutement sur titre pour l’accès aux différents grades de l’enseignement, notamment pour le cycle primaire.
«Nous avons décidé de revenir aux procédures prévues par la loi en matière de pourvoi des postes budgétaires vacants, d’autant que le concours de recrutement sur titre pour l’accès aux grades de l’enseignement, notamment dans le cycle primaire, sera bientôt adopté». Répondant à une question d’un membre du Conseil de la nation, le ministre dira que son département veillera à la consécration des principes de mérite, de transparence et d’intégrité dans l’organisation de ces concours et ce, en recourant à un système informatique, tout en prenant en considération les textes juridiques régissant ces concours. «Ces textes devront consacrer le principe d’égalité dans l’accès aux postes de la fonction publique, assurer la valorisation de l’expérience des enseignants contractuels et désigner ces derniers en qualité de fonctionnaires et ce, dans la limite des postes vacants qui seront annoncés», a-t-il fait savoir avant de mettre en exergue le fait que cette décision intervient suite à la suspension en 2020 de l’application de l’autorisation exceptionnelle relative à l’exploitation des listes de réserve des deux concours organisés en 2017 et 2018.
Cela permettra de recruter un nombre important de candidats figurant sur les listes dites de réserve.
Concernant le recrutement des diplômés des écoles supérieures d’enseignement, l’intervenant précisera que son département a recruté, au titre de l’année scolaire 2020-2021, des diplômés de ces écoles de la promotion 2020 en ce sens qu’ils sont prioritaires. Sur un autre registre, il a révélé que le taux de déperdition scolaire a atteint 2% pour le cycle moyen et 0,11% pour le cycle primaire lors des années scolaires 2019-2020 et 2020-2021.
Le ministre a expliqué ce phénomène par le mariage précoce des filles, la séparation des parents ou pour cause de maladie chronique, rappelant l’impérieuse nécessité d’adopter une approche sociale intégrant l’ensemble des intervenants en vue de réduire les taux de déperdition scolaire des enfants de moins de 16 ans. Enfin, il a annoncé que son département envisage de prendre une série de mesures, dont la révision des modalités d’évaluation pédagogique et des examens de rattrapage.

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Écoles coraniques et zaouïas
Un grand nombre d’apprenants

Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Ouadjaout, a salué le rôle des écoles coraniques dans l’encouragement aux études et à la socialisation, les qualifiant de «principaux piliers» des établissements éducatifs.
Dans un communiqué portant sur les propos relayés sur les réseaux sociaux et journaux électroniques concernant la déclaration du ministre du secteur sur la déperdition scolaire lors d’une séance, jeudi, du Conseil de la nation, le ministère tient à préciser que la réponse du ministre «portait essentiellement sur les statistiques et les données relatives aux taux de la déperdition scolaire».
Sur le concept de la déperdition scolaire dans le système éducatif d’un point de vue technique, il s’agit «pour l’élève d’abandonner les bancs de l’école avant l’âge de 16 ans, étant donné que l’enseignement est obligatoire jusqu’à cet âge-là», a expliqué le ministère, ajoutant que le ministre, dans sa réponse, «ne voulait aucunement dire que la déperdition scolaire est due aux écoles coraniques et zaouïas, comme cela a été mal interprété, ou minimiser le rôle des écoles coraniques et des zaouïas ou du niveau éducatif des élèves qui préfèrent les rejoindre».
Les écoles coraniques et les zaouïas, «ayant souvent contribué à intégrer un grand nombre d’apprenants, jouent un rôle prépondérant dans l’encouragement aux études et à la socialisation, étant parmi les principaux piliers des établissements éducatifs», a souligné le ministre.
Après avoir salué le rôle de ces écoles et zaouïas dans l’éducation des générations au passé comme au présent, le ministre de l’Éducation nationale a affirmé que les services de son département ministériel œuvrent actuellement, en coordination avec ceux du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, «à trouver des mécanismes permettant aux étudiants des écoles coraniques et des zaouïas de poursuivre leur cursus éducatif et leur permettre de passer les examens scolaires nationaux».

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Agriculture
Plus d’un milliard  de dollars d’exportations en 2020

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hamdani, a révélé, quant à lui, que les exportations de produits agricoles durant les dix premiers mois de 2020 s’élevaient à 1 milliard de dollars.
En réponse à une question sur la facilitation de l’exportation des produits agricoles et l’ouverture de l’espace aérien aux opérateurs privés en vue de l’exportation, le ministre a affirmé que son secteur a enregistré un excédent ayant permis d’exporter d’importantes quantités de produits maraîchers vers plusieurs pays européens, africains et arabes.
Il s’agit de 53.000 tonnes de fruits et de dattes et de 6.955 tonnes de légumes. Il a, par ailleurs, mis en évidence le fait que le programme 2020-2024 adopté par le secteur vise le développement de la production agricole, toutes filières confondues, afin de satisfaire les besoins du marché, d’une part, et de promouvoir l’exportation d’autre part, dans l’objectif de contribuer à la diversification de l’économie nationale et de générer des revenus en devises.
Dans ce même ordre d’idée, l’orateur a salué les dispositions prises pour la facilitation de l’exportation et l’aplanissement des obstacles bureaucratiques tout en consacrant la décentralisation. Parmi ces mesures, le contrôle des produits agricoles destinés à l’exportation, la réduction des délais de traitement des dossiers relatifs aux produits agricoles périssables par les instances de contrôle sanitaire et la création de plateformes logistiques.
Hamdani a enfin souligné que quatre produits agricoles sont labellisés, tandis que 140 autres sont labellisables.

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Habitat
Distribution de 5.000 logements après  le Ramadhan

Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi a, pour sa part et en réponse à une question, indiqué qu’une grande opération de distribution de logements aura lieu après le mois sacré de Ramadhan.
«Cette opération verra la distribution de plus de 5.000 logements, entre autres, notamment à Alger, Bejaia et dans les wilayas du Sud. Le ministre a, par ailleurs, rappelé que la numérisation du secteur est un des objectifs phares de son département.
Il s’agit d’une stratégie visant à réduire les démarches administratives et à combattre la bureaucratie. «Nous travaillons actuellement sur la numérisation du permis de construire numérique avec e-payement, ce qui permettra de ne plus se déplacer vers l’administration».

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Industrie
Réhabilitation des zones industrielles

Le ministre de l’Industrie, Mohamed Bacha, a expliqué dans son intervention que le parc national des zones industrielles compte 113 sites, dont 63 anciens et 50 nouveaux qui s’étendent sur une superficie globale de 26.763 ha, dont 19.749 sont aménagés.
Partant de ce constat, il a indiqué que 30 zones industrielles seront réhabilitées à travers le territoire national avec des moyens exclusivement nationaux en vue d’améliorer le rendement des entreprises implantées dans ces zones stratégiques.
«Les travaux nécessiteront une enveloppe de près de 10 milliards de dinars sur une année», a-t-il affirmé avant de préciser que 15 zones industrielles réparties sur 39 wilayas seront réhabilitées en premier compte tenu de plusieurs facteurs, comme l’importance de la zone industrielle et le nombre d’opérateurs économiques qui y sont implantés.
«Les travaux seront confiés à deux entreprises nationales leaders dans le domaine des travaux publics, à savoir Gica et Cosider», a-t-il poursuivi, avant de mettre en exergue que 15 autres zones industrielles délabrées seront réhabilitées, un troisième ensemble de zones ne nécessitant pas beaucoup de travaux sera programmé par la suite.
Le ministre a, d’autre part, relevé que les ressources du foncier industriel accordées à certains projets d’investissement ne sont pas exploitées de manière optimale, imputant cela, dans certains cas, aux obstacles liés au non-aménagement de certaines zones industrielles.
Dans ce cadre, son département a élaboré une approche globale pour la relance de l’industrie. «Nous avons proposé, au niveau de notre département ministériel, un projet de décret exécutif pour la création d’un organisme unique à caractère national qui prendra en charge la problématique du foncier industriel, tous aspects confondus, appelé Office national du foncier industriel (ONFI) », a-t-il assuré , cet organe constituera l’outil principal de mise en œuvre de la politique nationale relative au foncier industriel et sera doté de structures au niveau local.
«Des superficies considérables restent inexploitées, d’où la proposition d’un projet pour la récupération de ces terres et leur octroi aux investisseurs sérieux qui peuvent réaliser des projets à valeur ajoutée et assurer des postes d’emplois».
Sami Kaidi

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