Campagne de déstabilisation visant l’Algérie : Experts et médias contribuent à la riposte

Ph. Louiza M.
Ph. Louiza M.

L’Institut national d’études de stratégie globale (INESG) organise, depuis samedi à Alger, deux journées d’étude regroupant des universitaires, des experts et des praticiens des médias, pour débattre de l'info-guerre et de la campagne de déstabilisation visant l'Algérie via les réseaux sociaux numériques.

L’enseignant à l’université d’Alger-3, Ahmed Adimi, a signalé «la nécessité de mettre à jour des outils et stratégies, pour renforcer la communication institutionnelle et faire face à la désinformation».
Il a proposé la création d’un institut national de sondages d’opinion et un module universitaire sur la guerre des données, ainsi que l’ouverture des médias aux experts et spécialistes. L’universitaire considère que «nous vivons aujourd’hui une nouvelle forme de confrontation qui vise à leurrer les citoyens et à semer le doute au sein de l’opinion publique», rappelant les exemples des guerres en Irak et au Liban. Il a souligné qu’avec les nouvelles technologies, «les mots et l’image sont plus forts que les fusils», précisant que la guerre électronique se base sur l’internet et les laboratoires d’image, avec des montages vidéo influençant l’opinion publique. Il a mis l’accent sur la diversité des outils et des techniques utilisés dans la guerre d’information, appelant à mettre en place une stratégie de riposte dans le cadre d’une stratégie globale de défense, pour faire face à la guerre de l’information. M. Adimi a indiqué que la guerre de l’information n’est plus l’affaire de militaires ou des services de renseignement uniquement, car elle est devenue aussi le carrefour de tous les chercheurs, les opposants et les hackers. Dr Ahmed Adimi, qui a donné une communication sur «L'info-guerre : caractéristiques, outils et stratégies de riposte (s)», a appelé à «la création d’une chaîne de télévision internationale à même de porter la voix de l’Algérie à l’étranger».
De son côté, l’universitaire à l’université d’Alger-3, Noufeyle Hadid, a précisé que la guerre de quatrième génération et ses conséquences sur la sécurité et la stabilité des États se définit comme la guerre de l’information, impliquant des populations entières dans tous les domaines. Il estime que cette «nouvelle forme de conflit est menée exclusivement à l’aide des technologies de l’information et de la communication, qui détruisent le système organisationnel et mental de l’adversaire». Elle est devenue la principale forme de guerre du XXIe siècle, vu l’accroissement du nombre d’utilisateurs d’internet et des réseaux sociaux, l’augmentation du nombre d’utilisateurs de Smartphones et des plateformes E-commerce et l’évolution des technologies de pointe, notamment celles des objets connectés et du Cloud Computing. Ceci a rendu les systèmes d’information des administrations et des entreprises et les infrastructures industrielles ou de télécommunication plus ouverts que jamais, exposant les équipements informatiques et industriels des États à des risques de sécurité.
Il est à noter que d’autres interventions ont abordé le cyberspace et «l’exportation de la démocratie», les dangers de la cybersécurité en Algérie, les enjeux de la communication institutionnelle dans la gestion de crise et la stratégie de la DGSN en matière de lutte contre la cybercriminalité.
Hichem Hamza

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