Agriculture : Création d’une ferme pédagogique

Ph. Wafa
Ph. Wafa


Une convention de partenariat pour le lancement d’une ferme agricole-pédagogique au niveau du barrage de Douéra a été signée jeudi dernier entre l’Agence nationale des barrages et transferts, l’Office national de l’irrigation et du drainage et l’association Torba, spécialisée dans agriculture biologique. L’objectif étant de promouvoir l’agriculture en milieu urbain.

La convention a été signée par les DG de l’ONID et de l’ANBT, respectivement Taha Derbal et Messaoud Maatar, ainsi que le président de l’association Torba, Karim Rahal, en présence d’Arezki Berraki, ministre des Ressources en eau et du conseiller du président de la République chargé du Mouvement associatif, Nazih Berramdane.
«Cet accord vient concrétiser les dispositions intégrées dans la nouvelle Constitution qui insiste sur le renforcement de la coopération et du rôle de la société civile dans la gestion participative des affaires de l'État», se félicite Arezki Berraki qui salue le travail accompli par l’association.
Elle va assurer l’encadrement et la formation des jeunes dans le domaine de la protection de l'environnement. «Il s’agit d’inculquer aux générations futures la culture de la protection de l'environnement et la préservation de l'eau et de consommer sain», ajoute-t-il.
Le ministre confie que les dernières pluies ont permis un apport de 600 million de mètres cubes supplémentaire et révèle que le taux de remplissage des barrages passe de 38% à 43 %. «Les barrages sont alimentés principalement par les pluies qui s'abattent habituellement entre les mois de février et avril. C’est après cette période que le secteur procédera à une évolution de la situation», précise-t-il en annonçant le lancement d’un projet d’urgence dans le cas où il y aura un manque de pluviosité.
De son côté, Nazih Berramdane déclare que 2021 sera l’année de la réalisation du programme du président de la République lié à l'environnement et au secteur de l'eau. «Cette convention recèle une importance cruciale dans la mesure où elle concrétise le partenariat entre les institutions de l'État et le mouvement associatif», souligne le conseiller du président de la République. Il affirme que 2020 a été l'année de tous les défis avec notamment la mobilisation des institutions de l'État, de la société civile et des citoyens pour lutter contre le coronavirus.
Il considère que la convention vise à optimiser les actions de préservation de l'environnement et des ressources en eau. «L’expérience doit être généralisée à travers l'ensemble du territoire national et au niveau de chaque commune», dit Berramdane qui relève l'apport de la communauté algériennes établie à l'étranger pour transmettre son savoir-faire dans ce domaine.
Pour sa part, le président de Torba, Karim Rahal, met l’accent sur l’importance accordée par l’association à la formation et à la sensibilisation du citoyen dans le domaine de la protection de l'environnement. La ferme pédagogique de 2 hectares est aussi un lieu de détente et de loisirs pour les familles qui seront sensibilisées sur la préservation de la biodiversité.
L’association utilisera l’eau du barrage ce qui permettra de rentabiliser à la fois les ressources hydriques et développer une agriculture durable dans un contexte environnemental marqué par le stress hydrique. Une superficie importante sera consacrée à la culture des produits maraîchers et des arbres fruitiers. Le projet porte également sur la création d’un centre de formation et d’hébergement pour les stagiaires. L’association engage, depuis sa création en 2014, des actions pour promouvoir une agriculture traditionnelle, saine et sans produits chimiques, ni pesticides afin de préserver la santé et l’environnement. Des jardins partagés sont créés au niveau des centres urbains et suburbains afin de reconnecter les citadins à la nature et leur faire goûter les saveurs des fruits et des légumes naturels, selon Rahal. Il a cité notamment les communes de Zéralda, Bouchaoui et El Harrach.
«Nous encourageons les citoyens à cultiver des plantes aromatiques et des potagers même au niveau de leurs balcons ou au niveau des petites parcelles de leurs maisons», a-t-il recommandé. L’association encourage les agriculteurs à renouer avec l’agriculture saine en évitant l’utilisation des engrais chimiques et des pesticides à travers un travail pédagogique qui passe par la création de ce genre de fermes écologiques.
La mission de l’association consiste également à prodiguer des formations de recyclage des déchets pour la production de compostes afin de les substituer aux engrais chimiques.
Pour sa part, le trésorier de l’association, M. Arffa Abdelmadjid, a mis en avant l’intérêt des pratiques agro-écologiques pour les zones urbaines en ces temps où le béton a englouti les espaces verts. «Outre l’aspect écologique, l’agriculture urbaine contribue également à l’autonomie alimentaire des populations, a-t-il conclu.
Kamélia Hadjib

Sur le même thème

Multimedia