64e anniversaire de la mort de Fernand Iveton : L’engagement d’un brave

Le nom de Fernand Iveton revient aujourd’hui pour rappeler que ce plein d’humilité est mort pour l’indépendance de l’Algérie. Né le 12 juin 1926, militant communiste et anticolonialiste, il fut guillotiné à la prison Barberousse (Serkadji), le 11 février 1957 pour avoir épousé la cause nationale, tels Henri Maillot, Maurice Audin et d’autres militants européens qui se sont engagés aux côtés des Algériens. Fernand Iveton issu d’une humble famille, ayant grandi au Clos Salembier, (El Madania) était tourneur à l’usine à gaz d’Alger, faisant partie de ceux qui ont opté pour un total engagement en s’enrôlant au sein des combattants de la libération, une organisation armée du Parti communiste algérien (PCA), aux côtés, notamment, d’Abdelkader Guerroudj, Georges Acampora, Yahia Briki, Félix Colozzi et Mohamed Hachelaf. Il intégra, à la suite de l’accord FLN-PCA du 1er juillet 1956, le FLN à titre individuel avec plusieurs de ses camarades et accepta de poser une bombe dans l’usine à gaz. L’engin fut découvert et Iveton arrêté. Du 14 au 17 novembre 1956, il subit des tortures au commissariat central d’Alger et connut le supplice de l’électricité et de l’eau. En application des pouvoirs spéciaux, il est jugé par le tribunal militaire d’Alger et condamné à mort à l’issue d’un procès expéditif pour tentative de destruction d’édifice à l’aide d’explosifs, le 24 novembre 1956. Le pourvoi devant le tribunal de cassation militaire est rejeté le 3 décembre de la même année. Le jour de son exécution, Iveton est réveillé et conduit à l’aube à la guillotine et avant de mourir il cria : «Tahia El Djazair». La capture d’un «terroriste» d’origine européenne permettait au pouvoir colonial français d’accréditer la thèse fallacieuse d’une insurrection inspirée par Moscou. Albert Smadja, son avocat, témoin du meurtre, pour le moins prémédité, rapporte qu’avant de mourir, il déclara : «La vie d’un homme comme la mienne compte peu, ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir et l’Algérie sera libre demain.» Le soir de l’exécution, Annie Steiner ,incarcérée dans la même prison, compose le poème «Ce matin ils ont osé, ils ont osé vous assassiner». En mars 1958, Jean Paul Sartre, sous le titre «Nous sommes tous des assassins», dénonce son exécution dans sa revue Les Temps Modernes. Emmanuel Roblès écrit en 1959, la pièce «Plaidoyer pour un rebelle» qui sera créée en 1960 où le personnage de Keller est directement inspiré de Fernand Iveton. Le personnage du pied-noir dans le roman de Rachid Boudjedra, paru en 1990, Le Désordre des choses, est une claire évocation de ce militant. L'histoire de Fernand Iveton est également retracée dans le roman de Joseph Andras : «De nos frères blessés», paru en 2016. Une ruelle porte son nom à El Madania, sur les hauteurs d'Alger.

Mohamed B.

Multimedia