Présidentielle au Niger : Le choix de la démocratie

Le Niger choisira dimanche Mohamed Bazoum ou Mahamane Ousmane comme nouveau Président, une première démocratique dans ce pays à l'histoire marquée par les coups d'Etat. Jamais le Niger n'a vu deux présidents élus se succéder depuis l'indépendance de la France en 1960.
«Passer le pouvoir en 2021 à un successeur démocratiquement élu (...) sera ma plus belle réalisation», a déclaré le président sortant Mahamadou Issoufou, dont le retrait a été unanimement salué sur la scène internationale. Son successeur sera soit Bazoum, le fidèle lieutenant d'Issoufou, soit Ousmane, le premier président démocratiquement élu du Niger en 1993 qui cherche depuis sa chute trois ans plus tard à redevenir chef d'Etat. Tous deux sont des barons de la politique nigérienne dominée par une petite dizaine d'hommes qui font et défont les alliances depuis trente ans pour tenter de se porter au pouvoir. La plupart des régimes ont néanmoins été emportés par des putschs militaires : depuis l'indépendance, il y a eu six élections et quatre coups d'Etat. Dimanche, l'élection n'échappera pas à cette règle des alliances : Bazoum, 60 ans, arrivé en tête du premier tour avec 39,3% des voix, a négocié contre de futurs postes le soutien de deux autres ténors arrivés en 3e et 4e position du premier tour du 27 décembre, Seïni Oumarou et Albadé Abouba. Mahamane Ousmane, 71 ans, qui a glané presque 17% des voix au premier tour, peut lui compter sur la coalition d'opposants «Cap 20-2», sur le soutien de l'ex-chef de la junte Salou Djibo (près de 3% au premier tour) et surtout sur celui du farouche opposant au pouvoir Hama Amadou, qui n'a pu se présenter. Ce dernier a été écarté par la justice en raison de sa condamnation en 2017 à un an de prison dans une affaire de trafic de bébés, condamnation qu'il a qualifiée de «politique».

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