Palestine : Des élections législatives et présidentielle

Des élections, législatives et présidentielle, doivent se tenir en mai et juillet prochains, a annoncé vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas. Les premières en quinze ans, dans un contexte de rapprochement entre le Fatah et ses rivaux du mouvement Hamas. Il n’y en avait pas eu depuis 2006. Le mouvement de résistance Hamas s'est félicité de cette annonce et a estimé que «le peuple palestinien a le droit absolu de choisir ses propres dirigeants et représentants».
La dernière présidentielle palestinienne a eu lieu en janvier 2005 et les dernières législatives en janvier 2006, avant que les divisions intestines entre le Hamas et le Fatah ne figent la vie politique palestinienne.
Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité palestinienne basée à Ramallah en Cisjordanie occupée, a publié «un décret présidentiel sur la tenue d'élections générales en trois étapes», selon un communiqué publié en soirée par l'agence de presse officielle palestinienne Wafa. Les législatives sont prévues le 22 mai et la présidentielle le 31 juillet, d'après le texte. L'élection des membres du Conseil national palestinien, le Parlement de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), se tiendra le 31 août.
En septembre 2020, le Fatah et le Hamas s'étaient entendus sur l'organisation d'élections «d'ici six mois», dans le cadre d'un dialogue entre les factions palestiniennes visant à unir leurs forces face aux accords de normalisation conclus, sous l'égide de l'administration américaine de Donald Trump, entre Israël et des pays arabes ces derniers mois.

Des élections «libres» et «transparentes»

«Nous avons œuvré ces derniers mois pour surmonter les obstacles et parvenir» à une telle annonce, a déclaré le Hamas dans un communiqué, appelant à des élections «libres où l'électeur peut s'exprimer sans pressions et sans restrictions, en toute transparence».
Lors d'une rencontre avec le président de la Commission électorale Hanna Nasser à Ramallah, Mahmoud Abbas a demandé à la commission et aux organes gouvernementaux de «lancer une campagne électorale démocratique dans toutes les régions de Palestine, y compris à al Qods-Est», selon Wafa. Il n'était pas clair dans l'immédiat si Israël, qui occupe et a annexé le secteur palestinien de la ville sainte, autorisera les habitants palestiniens à voter. Les Palestiniens ambitionnent de faire de la partie orientale de la ville la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Mais Israël considère al Qods comme sa capitale «unifiée et indivisible». L'annonce de Mahmoud Abbas «était très attendue, c'est une étape très importante pour lancer le processus électoral», a estimé Arif Jaffal, directeur de l'Observatoire de la démocratie et des élections du monde arabe Al-Marsad.

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