Palestine : Blinken évoque le scénario à deux états

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré, lundi, à son homologue israélien qu'une solution à deux États du conflit israélo-palestinien était la meilleure pour l'avenir d'Israël.

Antony Blinken, dans un appel avec le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, a souligné «la conviction de l'administration Biden que la solution à deux Etats est la meilleure façon d'assurer l'avenir d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, vivant en paix aux côtés d'un Etat palestinien viable et démocratique», a déclaré le Département d'Etat.
Mais pour bon nombre d’observateurs, l’exposé de cette vision est un retour au «statu quo».
La reconnaissance par l’ancienne administration américaine d’al Qods comme capitale de l’Etat hébreu, le blanc-seing délivré par Trump au Premier ministre israélien Netanyahu pour l’annexion d’une bonne partie de la Cisjordanie, et enfin la normalisation par certains pays arabes de leurs relations avec l’Etat sioniste sont autant de signes qui dénotent que la question palestinienne ne figure plus en haut des priorités de ces pays arabes proches du dossier.
Pour ces observateurs, si les intentions de Joe Biden sont plus que louables, il lui sera, toutefois, très difficile, voire impossible, d’effecteur un retour en arrière, au risque de se mettre à dos le camp adverse et même son propre camp, tous les deux faisant de la question d’Israël une ligne rouge. Donc, l’hypothèse la plus probable reste le retour au statu quo. «Joe Biden était présent à toutes les réunions et discussions d’initiative de paix sous Obama», rappelle Martin Indyk, ancien ambassadeur américain en Israël sous Bill Clinton et envoyé spécial d’Obama pour le Moyen-Orient. Il connaît bien Netanyahu et Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR), et doit penser que ces deux mêmes acteurs ne sont pas plus susceptibles d'accepter les compromis nécessaires à un accord aujourd’hui qu'ils ne l'étaient il y a six ans. On serait donc plus enclins à croire que ce n’est finalement qu’un simple fait d’annonce.
M. T.

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