Iran, UE et Israël : Sanctions et cris de vengeance

Entre Téhéran et l’Union Européenne rien ne va plus. Après la décision des 27 de proroger jusqu'au 13 avril 2022, les mesures restrictives imposées depuis 2011, en réponse aux graves violations des droits de l'homme en Iran, et incluant récemment huit personnes et trois entités à la liste de sanctions en raison de leur rôle dans la «répression des manifestations de novembre 2019» en Iran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a vivement condamné cette attitude. En guise de réaction, la République islamique a décidé de suspendre le dialogue élargi avec les Européens, notamment sur les droits de l'homme et toute coopération sur le terrorisme, la lutte contre le trafic de drogue et les réfugiés. De plus, l'Iran allait décider des sanctions réciproques contre des responsables européens. Ces sanctions interviennent à un moment sensible. En effet, la diplomatie européenne tente de jouer les médiateurs entre l'Iran et les États-Unis pour faire revivre l'accord nucléaire de 2015. Ces pourparlers, qui ont commencé à Vienne pour trouver une solution qui permettra la levée des sanctions américaines et le retour des États-Unis dans l'accord nucléaire, risquent fort d’être compromis après les derniers incidents survenus dans le site nucléaire de Natanz. A ce sujet, en pointant du doigt l’état hébreu, les dirigeants iraniens ont crié vengeance et promis de répliquer le moment voulu. Cet «acte de sabotage» a entraîné une coupure de courant et endommagé plusieurs centrifugeuses servant à enrichir l'uranium. Le porte-parole iranien des affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a lors d’une conférence de presse tenue lundi à Téhéran affirmé que «la réponse de l'Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l'endroit opportun». L'incident intervient alors que l'Iran venait de mettre en service de nouvelles machines plus puissantes. La Russie et l'Union européenne exhortent à ne pas saper les négociations en cours pour le sauvetage de l'accord sur le nucléaire iranien. Un accord auquel le gouvernement israélien s'est toujours opposé. L'incident intervient justement alors que le secrétaire d'état américain à la défense, Lloyd Austin, est en visite officielle dans l'état hébreu pour discuter de ce dossier hautement sensible.

R. I.

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