Grand angle : Simple report (?)

Le Président de l’Autorité palestinienne a annoncé le report des élections législatives prévues le 22 mai courant. Les premières depuis 15 ans. La raison invoquée pour justifier cette décision est que la tenue du scrutin n’était pas garantie à El Qods occupée, annexée par Israël. A-t-il convaincu ? Pas sûr. D’autant qu’il est permis de croire que le scrutin présidentiel, qui devait se tenir le 31 juillet prochai sera aussi reporté à une date ultérieure, et ce, même si, pour l’heure, l’annonce du Président palestinien n’a concerné que les législatives qui devaient se tenir dans moins de trois semaines. Réagissant à cette décision, l’ONU a appelé Mahmoud Abbas à fixer une nouvelle date. Pour l’envoyé onusien au Moyen-Orient, cela serait «une étape importante pour rassurer le peuple palestinien que sa voix sera entendue». Le Coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient pense aussi que «donner aux gens la chance de voter renouvellerait la légitimité et la crédibilité des institutions palestiniennes et aiderait à rétablir l’unité nationale palestinienne». Et pour cause, pour de nombreux analystes, l’enjeu de ces élections était hautement politique. Outre qu’elles portaient en elles un espoir de réconciliation inter-palestinienne, elles constituaient une étape cruciale vers le rétablissement de la légitimité politique mise à mal ces dernières années. Du reste, les divisions internes et le non-renouvellement des institutions sont considérées comme responsables, sur la scène internationale, de l’incapacité des dirigeants palestiniens à imposer leur plan de règlement du conflit. L’envoyé de l’ONU au Moyen- Orient avait indiqué il y a quelques jours que «les élections à venir en Palestine pouvaient être une opportunité à saisir pour le peuple palestinien et raviver la solution à deux Etats». Doit-on croire que cette opportunité est gâchée ? Ce qu’il est permis de croire, c’est qu’il est difficile de croire que le Président palestinien et les autres dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) n’aient pas tenu compte des conséquences que leur décision aura sur le front intérieur et extérieur. De même qu’il semble aussi difficile de croire qu’ils aient voulu saborder l’espoir d’une réunification des rangs que laissait entrevoir la tenue de ces élections auxquelles devait participer la majorité des factions palestiniennes. Pour Hamas, «le Fatah et Président Abbas portent l’entière responsabilité de la décision et de ses conséquences qui représentent, selon lui, rien de moins qu’un coup d’Etat contre l’accord de réconciliation» conclu au Caire. La hache de guerre est- elle déterrée pour autant ? Un regain de tension n’est pas exclu. C’est pour cette raison certainement que le coordinateur spécial a appelé toutes les parties palestiniennes à garder leur calme, à faire preuve de retenue,à s’abstenir de toute violence, et a encouragé les dirigeants à créer les conditions d’une reprise du processus électoral.
Nadia K.

Sur le même thème

Multimedia