Grand angle : Place au langage de la paix

«Les Libyens méritent, sinon le soutien, au moins la non-ingérence des principaux acteurs internationaux alors qu’ils cherchent à forger une voie politique souveraine pour les futures générations libyennes», a déclaré la représentante spéciale par intérim du Secrétaire général de l’ONU, cheffe de la Mission des Nations unies en Libye devant le Conseil de sécurité, à l’occasion d’un exposé présenté aux quinze membres sur les derniers développements enregistrés dans ce dossier. Des propos qui en disent long sur les difficultés rencontrées par Stéphanie Williams dans l’accomplissement de sa mission. Car même si elle a évité, comme de coutume, de citer un pays , il n’en reste pas moins qu’elle a voulu, par ces propos, mettre certains membres du Conseil, impliqués dans le conflit du fait de leur parrainage d’un des deux camp libyens, face à leurs responsabilités.
Ils sont ainsi tenus pour responsables d’un éventuel échec du processus militaire et politique en cours. Et pour cause les progrès «substantiels» enregistrés sur la voie de la paix ne sont pas à l’abri d’un revirement de position. Dès lors, le processus demeure fragile. Et cela, la représentante spéciale par intérim du SG de l’ONU ne l’ignore pas. Elle en est même très consciente, en dépit de l’optimisme dont elle fait preuve.
«Dix ans de guerre ne peuvent être résolus en une semaine de pourparlers politiques, mais maintenant nous entendons davantage le langage de la paix que le langage de la guerre», a-t-elle admis. Mieux elle a émis un avertissement qui, espère-t-elle, ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. De plusieurs sourds en fait.
«Il n’y a pas de temps pour la complaisance», car la situation en Libye reste instable,
a-t-elle souligné. Elle sait aussi que le premier vrai test auquel elle sera confrontée et qui lui permettra de jauger la réelle volonté des acteurs internationaux et, partant, celle des belligérants libyens est la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu signé le 23 octobre dernier à Genève. Et pour cause, il prévoit, entre autres, le retrait de toutes les unités militaires et les groupes armés des lignes de front, ainsi que le départ des mercenaires et des combattants étrangers de la Libye, dans les 90 jours. «Ce Conseil a des outils à sa disposition, notamment pour empêcher les obstructionnistes de mettre en péril cette rare opportunité de rétablir la paix en Libye. Je vous demande de les utiliser», a -t-elle dit aux quinze membres du Conseil.
Sera-t-elle écoutée ?
Nadia K.

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