Grand angle : Le test des élections

Les acteurs de la transition au Mali sont conscients de leur responsabilité. «C’est vers nous que tous les regards sont tournés», a souligné, mardi, le président du parlement malien (CNT). Et il ne se trompe pas. A onze mois de la fin de la transition, Maliens, pays voisins et communauté internationale scrutent l’évolution de la situation. Ce qui en dit long sur les attentes des uns et des autres. Qu’ils soient sous la loupe n’est pas ignoré par les gouvernants maliens. Et ils en tiennent compte. «C’est pourquoi, nous devons nous sentir fortement interpellés sur l’avenir et le devenir du Mali», a ainsi affirmé celui qui est à la tête du CNT. D’autant que le risque demeure grand pour ce pays, si jamais les causes de la crise sociopolitique qui ont conduit au 18 août 2020, date de la prise du pouvoir par les militaires et de la démission, dans la foulée, du président élu, n’étaient pas traitées et que les réponses attendues n’étaient pas apportées. Depuis leur prise de fonction, ceux qui ont la charge de cette période cruciale n’ont de cesse d’affirmer leur volonté politique pour mener à bien la transition et revenir, à l’issue des 36 mois de sa durée, à l’ordre constitutionnel. Les efforts déployés dans ce sens sont reconnus. Ainsi pour l’ONU, quand bien même la transition demeure fragile, il n’en reste pas moins que «des signes encourageants ont été enregistrés dans la mise en œuvre du programme des réformes». A leur décharge, les autorités ont relancé le fonctionnement des principales institutions de la transition. Mais c’est loin d’être satisfaisant. Et ni les Maliens ni les partenaires du Mali ne veulent se satisfaire de ces actions. «Dans les semaines et les mois à venir, le succès de la transition dépendra de l’engagement des parties prenantes maliennes à faire en sorte que la transition et les principaux processus de réformes qui la sous-tendent restent inclusifs, transparents et crédibles», indique l’ONU. Ce qui est surtout attendu, c’est que les élections prévues en mars 2022 soient organisées dans les délais fixés. Et pour cause, elles représentent «le test décisif» de la transition actuelle et une étape nécessaire vers le retour du Mali à l’ordre constitutionnel. Or le fait que le calendrier électoral n’ait pas encore été annoncé suscite une certaine suspicion quant aux intentions des autorités. Il est important que «les élections se déroulent à temps», a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies. Car, estime-t-on, «une amélioration durable de la situation sécuritaire au Mali repose, en grande partie, sur le succès de la transition politique actuelle». Mais il ne faut pas tenir ces élections pour simplement satisfaire un engagement pris en direction des Maliens et de la communauté internationale. Cela ne saurait suffire. «La priorité absolue doit être l’organisation et la tenue d’élections libres et équitables (…)», a tenu à souligner la diplomate américaine. En effet, le risque que «ce jalon du processus démocratique ne devienne à nouveau le déclencheur d’une nouvelle instabilité politique au Mali» n’est pas totalement écarté.

Nadia K.

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