Grand angle : L’insécurité tant que…

Devant les membres du Conseil de sécurité, le chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mohamed Ibn Chambas, a indiqué que l’insécurité continue de régner dans cette région du monde. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tenté de l’endiguer. Mais à ce jour, les forces locales et étrangères présentes n’ont pas réussi à éradiquer le terrorisme. Malgré les efforts conjoints de la Force du G5 Sahel avec de multiples partenaires internationaux, dont la force française Barkhane, la force européenne Takuba, la Force multinationale interarmées et les armées nationales des pays du Sahel, l’insécurité «continue de régner et de nuire à des vies innocentes», a affirmé M. Ibn Chambas. Certes, le bilan est loin d’être négatif. L’élimination de plusieurs chefs et éléments des groupes armés en est la preuve. Et nombreux sont ceux qui affirment que sans la présence des forces étrangères au Sahel, les groupes armés régneraient en maîtres absolus dans cette région. Les pays sahéliens ne disposent pas des moyens humains et militaires pour empêcher l’expansion du terrorisme sur leurs territoires et de s’attaquer aux autres défis transfrontaliers de la région que sont les trafics de personnes, de marchandises illicites, d’armes et de drogue. Dès lors, la présence des forces étrangères au Sahel demeure un élément essentiel des réponses sécuritaires pour lutter contre les groupes armés extrémistes dans la région. D’autant que cette insécurité s’est propagée vers des zones relativement épargnées jusqu’à l’heure. Mieux, elles étaient considérées comme «sûres». Le plus grave est que cette insécurité a aggravé la situation humanitaire. Selon l’ONU, elle a poussé en 2020 cinq millions de personnes à fuir les violences, soit 1,4 million de plus qu’en 2019. En fait, cela fait déjà quelque temps que la communauté internationale a pris conscience des conséquences désastreuses de la situation sécuritaire pour le reste de l'Afrique de l'Ouest si la situation au Sahel n'est pas traitée de manière adéquate. C’est-à-dire en apportant une réponse multiforme. En effet, il est admis par tout un chacun que la réponse sécuritaire ne saurait suffire à elle seule pour mettre un terme aux activités expansionnelles des groupes armés. «Nous devons nous attaquer aux causes profondes trop bien connues de l'exclusion, renforcer la gouvernance démocratique et donner une impulsion nouvelle et décisive à la lutte contre l'insécurité», a soutenu le Représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel devant le Conseil de sécurité. Est-ce à dire pour autant que face à la dégradation continue de la situation au Sahel, la communauté internationale continuera, comme cela est souhaité, à «être motivée par une responsabilité partagée d'agir rapidement dans la complémentarité et dans un esprit de solidarité vis-à-vis des populations de la région» ?
Nadia K.

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