Grand angle : L’indispensable réforme

Durant ce mois de janvier, c’est la Tunisie qui préside le Conseil de sécurité des Nations unies. Conformément au règlement intérieur, le pays qui assure la présidence tournante de cet organe a la prérogative de proposer le programme de travail. C’est chose faite. Mais durant ce mois, les l5 membres du Conseil ne dérogeront pas à leurs habitudes. Ils aborderont les sujets «classiques», ceux qui sont au menu du Conseil depuis plusieurs années déjà. Aussi, la situation qui prévaut en Syrie, au Yémen, en Libye, au Sahel, en Afrique de l’Ouest et au Mali sera abordée en séance plénière ou à huis clos. Les derniers développements enregistrés sur ces dossiers seront passés en revue. Une seule nouveauté figure à l’ordre du jour. Un sujet qui n’est pas coutumier de ce conclave sera, à l’initiative de la Tunisie, au programme de la journée du 18 janvier. Il s’agit de la coopération entre les Nations unies et la Ligue des Etats arabes. Liées par un mémorandum d’accord signé en 1989, renouvelé en 2016, les deux organisations s’emploient à coopérer dans tous les domaines. Et parmi les missions communes qu’elles se sont fixées, figure celle qui consiste à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité, en prévenant les conflits et en réglant les différends dans un esprit de solidarité et d’unité. En juin 2019, l’ONU avait ouvert au Caire, qui abrite le siège de la Ligue des Etats arabes, un bureau de liaison auprès de l’organisation panarabe. A cette occasion et alors que la présidence tournante du Conseil de sécurité était assurée par le Koweït, des pistes avaient été proposées par le patron de l’ONU et celui de la Ligue arabe en vue d’approfondir cette coopération. A ce stade de la réflexion, il y a lieu de s’interroger sur le poids réel de la Ligue arabe et, partant, sur sa capacité à influer sur les questions et conflits qui, au demeurant, l’intéressent au premier plan. A titre d’exemple, la Ligue est totalement absente des dossiers syrien et libyen et la recherche d’une solution à ces deux conflits se fait loin d’elle. Parfois à quelques encablures. Pourtant, c’est à peine si la Ligue est informée des développements enregistrés. Au fil des ans, l’organisation est devenue une chambre d’enregistrement et d’exécution des désidératas de quelques pays membres au détriment de l’intérêt général du monde arabe. C’est du reste l’une des raisons qui fait que le fonctionnement actuel de l’organisation panarabe est critiqué. Notre pays ne cesse de souligner, depuis plus de 15 ans au moins, la nécessité de la réformer. Des propositions allant dans ce sens devaient être soumises lors du sommet arabe prévu à Alger en 2020, mais reporté pour cause de pandémie de Covid-19. En 2005, l’Algérie avait proposé «une refonte totale de la charte de la Ligue». Pour notre pays, c’est l’effort à consentir pour transformer l’organisation et la rendre plus efficace. Pour preuve, le temps a démontré la justesse du point de vue défendu par Alger. Aujourd’hui, le monde arabe est en train de subir conflits et terrorisme sans toutefois avoir les moyens d’y mettre un terme et encore moins d’imposer sa position sur ces dossiers.
Nadia K.

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